Ava Alice Muriel Astor, née le 7 juillet 1902 et décédée le 19 juillet 1956, était bien plus qu'une simple héritière américaine. Elle était une personnalité de la société, un membre influent de la célèbre famille Astor, et une femme dont la vie a été marquée par les privilèges, les tragédies et les multiples mariages. Cet article explore la vie d'Ava Alice Muriel Astor, de son enfance privilégiée à son héritage durable, en passant par ses mariages, sa vie sociale et ses contributions philanthropiques.
Jeunesse et Famille : Les Racines d'une Héritière
Ava Alice Muriel Astor est née à Manhattan, New York City, dans une famille qui incarnait le sommet de la richesse et du prestige américains. Son père, John Jacob Astor IV, était un homme d'affaires prospère, un magnat de l'immobilier et un descendant d'une lignée de riches familles new-yorkaises. Sa mère, Ava Lowle Willing, était une femme de la haute société, connue pour son élégance et son esprit vif. Le couple s'est marié en 1891, et Ava Alice Muriel Astor était leur seule fille. Elle avait un frère aîné, William Vincent Astor, né le 15 novembre 1891 à New-York, qui hériterait plus tard de la fortune familiale.
Vincent a vécu une enfance difficile, humilié et abandonné par sa mère. C'était un enfant solitaire qui idolâtrait son père et avait peur de sa mère. Il n'était pas sociable, très timide, sensible, intelligent, brusque, capricieux et impatient. Il fit ses études à Harvard.
Ava Alice Muriel Astor a grandi dans un environnement privilégié, fréquentant les meilleures écoles et profitant de tous les avantages que l'argent pouvait offrir. Cependant, sa vie a été marquée par la tragédie dès son jeune âge. En 1912, son père a péri dans le naufrage du Titanic, laissant sa famille endeuillée et orpheline d'un père aimant.
Après le naufrage du Titanic, Vincent se rendit avec un ami aux bureaux de la White Star Line et fut dévasté le lendemain d'apprendre que son père n'avait pas survécu. De ses effets retrouvés sur son corps, il garda sa montre en or jusqu'à la fin de sa vie. La part de la succession de John Jacob Astor VI, son demi-frère s'élèvait à 2 %, Vincent bien sûr ne voyait rien d'inéquitable à ce sujet et n'a donc pas voulu faire de modifications.
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Malgré ce drame, Ava Alice Muriel Astor a continué à vivre une vie pleine de privilèges et d'opportunités, mais sa jeunesse a été façonnée par la perte précoce de son père et l'héritage considérable qu'il lui a laissé. Vincent hérita de la fortune de son père, il quitta l'université et se consacra à l'entreprise familiale mais d'une manière différente, de façon philanthropique. Très soucieux sur le devenir des enfants, il acheta pour un million de dollars un terrain pour y construire une aire de jeu. Il construisit un orphelinat où il a également fait don de son temps en organisant des excursions et des pique-niques. Il a contribué à une bibliothèque qui porte son nom. En 1917, quand les États-Unis sont entrés en guerre, Vincent a donné le yacht de son père, le Nourmahal à l'US Navy et a offert des millions de dollars au gouvernement.
Mariages et Enfants : Une Vie Sentimentale Agitée
Ava Alice Muriel Astor a été mariée quatre fois, ce qui témoigne de sa vie mouvementée et de son goût pour la romance. Ses mariages ont été l'objet de beaucoup d'attention médiatique, étant donné son statut de célébrité et sa fortune considérable.
Elle s'est mariée pour la première fois en 1924 avec le prince Sergei Platonovich Obolensky, un membre de la noblesse russe. Le mariage a été célébré à la chapelle de la Savoie à Londres, et a été considéré comme l'événement de la saison en Angleterre. Le couple a eu deux enfants : le prince Ivan Sergeyevich Obolensky, né en 1926, et la princesse Sylvia Sergeyevna Obolensky, née en 1928. Leurs relations ont été tumultueuses et le couple a divorcé en 1932.
En 1933, Ava Alice Muriel Astor s'est remariée avec Raimund von Hofmannsthal, un écrivain et dramaturge autrichien. Ils ont eu une fille, Romana von Hofmannsthal, née en 1934. Ce mariage a également pris fin par un divorce en 1939.
Son troisième mariage, en 1940, était avec Philip John Ryves Harding, un journaliste anglais. Ils ont eu une fille, Emily Sophia Harding, née en 1941. Ce mariage a également été de courte durée, se terminant en 1945.
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Enfin, en 1946, Ava Alice Muriel Astor a épousé David Pleydell-Bouverie, un architecte anglais. Ce mariage a également pris fin par un divorce en 1952.
Vincent s'est marié 3 fois. Sa première femme est Helen Huntington, en Avril 1913. Lors de la cérémonie, Vincent a attrapé les oreillons, une maladie qui l'a rendu stérile. Au début de la Première Guerre mondiale, Vincent a suivi les conseils de son ami et secrétaire de la Marine, Franklin D. Roosevelt et a rejoint la marine. Il a servi à l'étranger avec son épouse qui s'occupait d'oeuvres de charité avec le YMCA en France. Vincent a été promu Lieutenant pendant la guerre. Ils divorcèrent en 1940. Vincent épousa Helen Minnie Cushing, ils se séparent en 1953 et il se maria à Brooke Russell Marshall.
Vie Sociale et Philanthropie : Au-delà de la Richesse
Ava Alice Muriel Astor était une figure incontournable de la haute société new-yorkaise et londonienne. Son nom était associé à l'élégance, au raffinement et à un certain style de vie extravagant propre à l'élite américaine. Elle fréquentait les cercles les plus exclusifs, assistait aux événements mondains les plus prestigieux et était une habituée des soirées et des bals où la crème de la crème de la société se retrouvait. Sa fortune considérable lui permettait de mener une vie de luxe, et elle était connue pour ses goûts raffinés en matière de mode, de décoration et d'art.
En plus de sa vie sociale intense, Ava Alice Muriel Astor s'est également impliquée dans des œuvres philanthropiques. Elle était une mécène des arts, soutenant notamment les compagnies de ballet de Londres et de New York. Elle a également contribué à des causes sociales et humanitaires, utilisant sa fortune pour améliorer la vie des autres. Sa générosité et son engagement envers les arts et le bien-être social ont contribué à solidifier son image de personnalité engagée et bienveillante, au-delà de son statut de simple héritière.
Le couple créa la Fondation Vincent Astor. Il fumait le cigare et buvait beaucoup, parfois dès 10h30, il était ivre presque tous les après-midi les dernières années de sa vie. Il aimait le sport et les comédies musicales. Il avait une passion pour les voitures tout comme son père Il conduisait trop vite et a été impliqué dans plusieurs accidents.
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Héritage et Mort : La Fin d'une Ère
Ava Alice Muriel Astor est décédée d'une attaque cérébrale dans son appartement de l'East Sixty-First Street à Manhattan, New York, le 19 juillet 1956, à l'âge de 54 ans. Sa mort a été une perte pour la société, où elle était une figure connue et respectée.
Vincent est mort en 1959 en laissant tout son argent à Brooke. Au moment de sa mort, Vincent était le président du conseil d'administration du magazine Newsweek et l'un des hommes les plus riches d'Amérique. Son demi-frère qui n'était pas encore né quand le Titanic a coulé, a contesté le testament de Vincent accusant sa veuve Brooke Astor d'abus d'influence (vu l'état de santé de Vincent) et d'avoir persuadé son mari de modifier son testament. John Jacob a perdu son procès. Il s'est contenté de 250 000$.
Elle a laissé derrière elle un héritage important, tant financier que social. Son testament a été déposé devant le tribunal des successions de Manhattan le 5 novembre 1956. Ses biens, évalués à 5 305 000 dollars (l'équivalent d'environ 47 751 493 dollars en 2017), ont été répartis entre ses quatre enfants.
Malgré sa fortune considérable, Ava Alice Muriel Astor a également laissé un héritage social et culturel. Elle était une mécène des arts, une figure de la société et une femme engagée dans des œuvres philanthropiques. Son nom est associé à une certaine élégance, à un style de vie opulent et à une époque où la haute société américaine était au sommet de son influence. Bien que son héritage soit lié à son statut d'héritière, elle a su s'affirmer en tant que personnalité à part entière, laissant sa marque sur la société et les arts de son temps.
Lieux Associés : Sur les Traces d'Ava Alice Muriel Astor
La vie d'Ava Alice Muriel Astor a été étroitement liée à certains lieux emblématiques qui témoignent de son statut social et de son influence. Parmi les endroits associés à son existence, on peut citer :
- Beechwood : Cette résidence de Newport, dans le Rhode Island, était la demeure de la famille Astor. Ava Alice Muriel Astor y a passé une partie de son enfance et de sa jeunesse, profitant des privilèges et du style de vie propre à la haute société américaine.
- Sutton Place : Cette élégante résidence de Manhattan, à New York, était un lieu de vie important pour Ava Alice Muriel Astor. Elle a occupé un appartement dans ce quartier chic, fréquenté par l'élite new-yorkaise.
- Marienruh : Cette maison de style palladien, située dans l'État de New York, a été offerte à Ava Alice Muriel Astor par son frère, Vincent Astor. Elle y a passé de nombreuses années et a entretenu des liens étroits avec la région.
- Queens Chapel of the Savoy : Ce lieu de culte historique, situé à Londres, est le lieu où Ava Alice Muriel Astor s'est mariée avec le prince Sergei Platonovich Obolensky en 1924. Le mariage a été un événement mondain majeur, qui a attiré l'attention de la presse et des observateurs de la société.
- Rhinebeck Cemetery : Ce cimetière du comté de Dutchess, dans l'État de New York, est le lieu de sépulture d'Ava Alice Muriel Astor.
L'Écho d'un Roman Tragique : Quand la Fiction Dépasse la Réalité
Il est intéressant de noter un parallèle troublant entre la vie d'Ava Alice Muriel Astor et un roman de Frédéric Dard, publié sous le pseudonyme de San-Antonio. Dans ce roman, un écrivain désabusé, vivant en Suisse avec sa femme et sa fille, voit sa belle-fille se faire kidnapper, une situation qui rappelle étrangement l'enlèvement de la fille de Frédéric Dard alors qu'il était en train d'écrire ce roman.
Ce roman, intitulé "Faut-il tuer les petits garçons qui ont les mains sur les hanches ?", explore des thèmes sombres tels que l'innocence enfantine et les traumatismes de l'enfance, à travers l'histoire d'un enfant handicapé. La similitude entre la fiction et la réalité, avec l'enlèvement de la fille de l'auteur, soulève des questions troublantes sur la nature de la création littéraire et la capacité de l'art à anticiper ou à refléter les événements de la vie.
Cette coïncidence tragique ajoute une dimension supplémentaire à l'histoire d'Ava Alice Muriel Astor, en soulignant la fragilité de la vie et la manière dont les événements imprévisibles peuvent bouleverser même les existences les plus privilégiées.
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