L'éducation à la sexualité, la contraception et l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) sont des éléments cruciaux de la santé reproductive, en particulier pour les jeunes. Cet article vise à fournir des informations claires et précises sur ces sujets, en tenant compte des aspects médicaux, légaux et sociaux.
La Contraception : Un Droit et un Choix
La contraception permet d'éviter une grossesse non désirée. Le choix d’une méthode contraceptive est une affaire individuelle qui nécessite un dialogue, avec un médecin généraliste ou un gynécologue.
Diversité des Méthodes Contraceptives
Les découvertes médicales des dernières années mettent à la disposition des couples des moyens contraceptifs variés. Il existe plusieurs types de pilules selon la composition chimique et le dosage des hormones. Afin de bien choisir une méthode contraceptive, les couples doivent tenir compte de certains critères :
La fiabilité : le nombre de grossesses non désirées doit être statistiquement le plus proche possible de zéro.
La facilité d'utilisation.
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La réversibilité : à l'arrêt de l'utilisation de la méthode, il doit être possible d'envisager une grossesse dans de bonnes conditions.
L'adaptation à l'âge et au mode de vie.
Tous ces critères sont plus ou moins respectés par les différentes méthodes. Par ailleurs, il est possible d'associer plusieurs d'entre elles. Parmi les méthodes disponibles, on distingue :
Méthodes d'auto-observation : Elles nécessitent une abstinence périodique et une bonne connaissance de soi. Elles comprennent la méthode Ogino, la méthode des températures et la méthode d'observation de la glaire cervicale. Chacune de ces méthodes, qui nécessitent une bonne connaissance de soi et des observations sur plusieurs mois, a une fiabilité extrêmement limitée. On peut donc en conclure qu'aucune de ces méthodes n'est adaptée à la sexualité des adolescents.
Méthodes locales : Elles incluent le préservatif, le diaphragme et les spermicides. Le préservatif (tube en latex fin) déroulé sur la verge en érection, avant le rapport sexuel, empêche que les spermatozoïdes émis ne parviennent au contact de l'ovule : la fécondation est donc impossible. Il ne doit servir qu'une seule fois et ne doit pas être percé. Par ailleurs, il constitue la seule protection contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) et, en particulier, contre le SIDA. Posé à l'intérieur du vagin, le diaphragme constitue une barrière qui empêche la pénétration des spermatozoïdes. Il ne protège pas des MST et doit être adapté à l'anatomie de la femme. C'est une méthode nécessitant une certaine habitude et qui doit être associée à l'utilisation de spermicides. Gel, éponge ou tampon placé dans le vagin, le spermicide assure la destruction des spermatozoïdes.
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Contraception hormonale : Elle comprend les pilules, l'implant sous-cutané, le patch et l'anneau vaginal. La pilule a pour effet de modifier ponctuellement les taux plasmatiques des hormones ovariennes, ce qui a pour conséquences possibles : de perturber le rétrocontrôle de ces hormones sur le complexe hypothalamo-hypophysaire et de bloquer l'ovulation et donc la fécondation ; de s'opposer aux modifications de la paroi interne de l'utérus et d'empêcher la nidation ; de rendre la glaire cervicale imperméable aux spermatozoïdes, de freiner leur progression et d'empêcher la fécondation. Le choix de la pilule est dicté par l'âge, les antécédents médicaux, le tabagisme, l'acceptation psychologique. C'est le moyen de contraception le plus sûr, mais il nécessite une prise régulière et des contrôles fréquents par un spécialiste car il peut y avoir des effets indésirables ou des contre-indications.
Dispositif intra-utérin (DIU) : Le stérilet est placé par le gynécologue, dans l'utérus de la femme. Peu employé avant une première grossesse, il agit en empêchant la nidation de l'œuf dans l'utérus, mais les médicaments anti-inflammatoires (comme l'aspirine) diminuent son efficacité. En général, il est posé pour une durée de 3 à 5 ans, il est toutefois nécessaire de consulter régulièrement afin que le gynécologue s'assure qu'il n'y a pas de problème. C'est un moyen de contraception très sûr.
Focus sur la Contraception d'Urgence
La contraception d'urgence est une méthode de « rattrapage » à la suite d'une situation à risque de grossesse. Elle existe sous deux formes : médicamenteuse (pilule du lendemain) et dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre.
Contraception d'urgence médicamenteuse : Plus la contraception d'urgence médicamenteuse est prise rapidement après le rapport, plus elle est efficace. Ce médicament agit principalement en retardant l'ovulation. Elle est à utiliser en cas de rapport sexuel non protégé ou mal protégé (exemples : rupture ou absence du préservatif, absence de contraception, oubli de pilule, vomissements et diarrhées après la prise du comprimé contraceptif). Il en existe 2 types : Au lévonorgestrel : il doit être pris au plus tard dans les 3 jours (72 heures) après un rapport sexuel non ou mal protégé. À l'ulipristal acétate : il doit être pris au plus tard dans les 5 jours (120 heures) après un rapport sexuel non ou mal protégé. Elle est prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie ou par l'aide médicale d'État (AME). Elle est délivrée gratuitement et anonymement aux personnes mineures : Dans une pharmacie, par une infirmière scolaire, dans les centres de santé sexuelle ou encore dans les Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Au collège, au lycée et à l'université, un médecin ou un infirmier peut vous la délivrer. Les majeures sans couverture sociale peuvent se la procurer gratuitement et sans ordonnance : Dans les centres de santé sexuelle ou encore dans les Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD).
Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre : Il est efficace dans les 5 jours après le rapport à risque (exemples : rupture ou absence de préservatif, oubli de pilule, vomissements et diarrhées après la prise du comprimé contraceptif, absence de contraception). Le DIU est considéré comme la méthode de contraception d'urgence la plus efficace. Il faut au préalable consulter un médecin (généraliste, gynécologue…) ou une sage-femme, et préciser qu'il s'agit d'une urgence.
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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG)
En cas de grossesse non désirée, vous pouvez décider d’interrompre celle-ci en ayant recours à l’interruption volontaire de grossesse IVG ou avortement, que vous soyez majeure ou mineure. L'IVG est autorisée en France jusqu'à 14 semaines de grossesse. Elle peut être réalisée de deux manières :
IVG médicamenteuse : Elle se pratique jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles, qu’elle soit pratiquée en établissement de santé ou en cabinet de ville. La prise de la pilule abortive (RU 486) doit s'effectuer sous surveillance médicale, car elle est associée à un médicament qui provoque des contractions utérines entraînant l'expulsion de l'embryon. Il s'agit donc d'une méthode d'IVG (Interruption volontaire de grossesse).
IVG instrumentale : Elle se pratique jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après les dernières règles. L’intervention dure une dizaine de minutes et se déroule dans un hôpital ou une clinique sous anesthésie locale ou générale. Elle est réalisée par un médecin ou une sage-femme.
Attention : Des sites de désinformation sont présents sur le Web.
Information et Accompagnement
Il est essentiel de s'informer auprès de sources fiables et de professionnels de santé pour faire des choix éclairés en matière de contraception et d'IVG. Plusieurs structures peuvent vous aider :
- Centres de santé sexuelle (anciennement appelés centres de planification ou d'éducation familiale - CPEF) : Ils accueillent gratuitement en consultation les mineures et les majeures non assurées sociales.
- Le Planning familial : Il défend le droit à l’éducation à la sexualité, à la contraception, à l’avortement, et lutte contre les violences et les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle.
- Sidaxxxion : Site d’information sur l’éducation à la sexualité sous forme de vidéos.
- Promeneurs du net : Ce sont des adultes, animateurs, éducateurs, informateurs… qui informent, écoutent, accompagnent, conseillent les jeunes sur internet sur tous les thèmes qui les concernent.
- Sexualités info santé : Site internet très complet qui aborde les sujets liés à la santé (IST, connaissance et troubles du corps, prévention) et les sexualités (pratiques et usages, vie sexuelle, discriminations, violences).
- Parlons règles : Site pour informer et dissiper les angoisses liées à la méconnaissance des règles. Il comporte 3 entrées : pour les jeunes, les parents et les relais éducatifs.
Maîtrise de la Procréation : Contrôle Hormonal et AMP
La dissociation entre sexualité et reproduction s'accompagne de la mise au point de méthodes contraceptives, afin d'éviter que les rapports sexuels n'entraînent une grossesse. Les connaissances acquises sur le contrôle hormonal de la fonction de reproduction permettent la maîtrise de la procréation.
Contrôle Hormonal de la Reproduction
Chez l'homme et la femme, la fonction de reproduction est sous contrôle hormonal. En effet, l'hypothalamus, structure nerveuse située à la base du cerveau, sécrète une molécule, la GnRH. La GnRH stimule une glande proche, l'hypophyse. Sous l'action de la GnRH, l'hypophyse sécrète deux hormones : la FSH et la LH, qui sont transportées par le sang dans l'ensemble de l'organisme, notamment au niveau des gonades.
Chez l'homme : Les hormones hypophysaires, FSH et LH, stimulent le fonctionnement des testicules, qui produisent les spermatozoïdes et sécrètent l'hormone sexuelle masculine, la testostérone. La testostérone est transportée par le sang et agit elle-même au niveau de l'hypothalamus et de l'hypophyse. La testostérone ralentit l'activité de l'hypothalamus et de l'hypophyse, ce qui diminue la sécrétion de GnRH, de FSH et de LH. L'activité de l'appareil reproducteur est maintenue constante au cours du temps grâce à cette régulation.
Chez la femme : Le système de régulation est similaire à celui de l'homme pendant tout le cycle à l'exception de la période comprise entre le 12e jour et le 14e jour du cycle. Entre le 1er et le 12e jour du cycle, les hormones hypophysaires, FSH et LH, stimulent le fonctionnement des ovaires, qui produisent les futurs ovules et sécrètent des hormones sexuelles féminines : les œstrogènes. Tant que la concentration sanguine en œstrogènes reste faible, ceux-ci ralentissent l'activité de l'hypothalamus et de l'hypophyse, ce qui diminue la sécrétion de GnRH, de FSH et de LH. Puis, vers le 12e jour du cycle, la croissance du follicule dans l'ovaire entraîne une augmentation de la sécrétion d'œstrogènes. Lorsque la concentration en œstrogènes devient suffisamment élevée, ces hormones cessent de ralentir l'activité de l'hypothalamus et de l'hypophyse mais au contraire l'active. L'hypothalamus sécrète davantage de GnRH, ce qui active l'hypophyse, qui a son tour sécrète davantage de FSH et de LH. Vers le 14e jour, la sécrétion de LH et de FSH par l'hypophyse devient maximale et le pic de LH déclenche l'ovulation, c'est-à-dire l'expulsion par l'ovaire du futur ovule dans les trompes utérines. Dans l'ovaire, le follicule dépourvu de son futur ovule se transforme en corps jaune. À partir du 14e jour, la concentration sanguine d'œstrogènes a diminué et les œstrogènes ralentissent à nouveau l'activité de l'hypothalamus et de l'hypophyse. Le corps jaune sécrète alors une autre hormone sexuelle, la progestérone.
Les connaissances précises du contrôle hormonal notamment chez la femme ont permis l'élaboration de méthodes contraceptives utilisant ce contrôle : en 1956, le premier contraceptif oral destiné à la femme, la pilule œstro-progestative, est mis au point.
Assistance Médicale à la Procréation (AMP)
Un couple est déclaré infertile au bout de deux années de rapports sexuels réguliers sans grossesse. L'infertilité peut être d'origine masculine ou féminine. Selon les problèmes de stérilité, différentes techniques médicales peuvent être utilisées pour aider à la procréation : il s'agit de l'assistance médicale à la procréation (AMP).
La connaissance de la physiologie de la reproduction, en particulier des contrôles hormonaux, a permis la mise au point de techniques d'aide médicale à la procréation. L'injection d'hormones de synthèse semblables aux hormones naturelles peut permettre une production normale de cellules reproductrices si celle-ci est déficiente chez l'homme ou chez la femme. Chez un couple infertile, une insémination artificielle peut être réalisée. Dans d'autres cas, une FIVETTE (Fécondation In Vitro et Transfert d'Embryons) est proposée.
Protection contre les Infections Sexuellement Transmissibles (IST)
Les rapports sexuels peuvent être le mode de transmission d'infections sexuelles transmissibles (IST). Pour se protéger des IST, plusieurs approches peuvent être employées :
Se faire vacciner quand cela est possible contre les IST : il existe actuellement des vaccins contre l'hépatite B et certaines souches de papillomavirus.
Utiliser un préservatif masculin ou féminin pour éviter la transmission des IST notamment par les sécrétions sexuelles (sperme, sécrétions vaginales).
Pratiquer un dépistage régulier notamment après chaque rapport sexuel à risque, de façon à bénéficier le plus rapidement possible d'un traitement en cas d'infection.
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