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Développement Embryonnaire et la Poche Marsupiale : Une Merveille de la Nature

La nature regorge de processus biologiques fascinants, et le développement embryonnaire, en particulier chez les animaux, est l'un des plus captivants. Cet article explore le développement embryonnaire chez les animaux, en mettant l'accent sur la poche marsupiale des kangourous et en comparant ce processus avec le développement embryonnaire chez d'autres espèces, notamment les oiseaux et les mammifères placentaires.

Le Développement Embryonnaire : Un Aperçu Général

Le développement embryonnaire est un processus complexe au cours duquel les cellules se multiplient et se différencient pour former les organes. L'œuf d'un oiseau, par exemple, est entouré d'une coquille calcaire qui protège son contenu. Il est composé de différents éléments comme le vitellus ou « jaune » qui contient des substances nutritives, le sac vitellin à la paroi très vascularisée, l’amnios qui sert « d’amortisseur », l’albumen ou « blanc » riche en protéines et en eau, ou l’allantochorion, qui facilite des échanges gazeux.

Prenons l'exemple de la croissance de l'embryon de la Poule domestique (Gallus gallus domesticus), qui a été étudiée en détail. Au moment où l’œuf est pondu, un début de développement embryonnaire s’est déjà produit et il s’arrêtera si certaines conditions environnementales, notamment de chaleur, ne sont pas réunies : c’est le but de l’incubation. Au début, toutes les cellules sont semblables, mais au cours du développement embryonnaire apparaissent des différenciations des cellules. Peu après le début de l’incubation, une couche épaissie de cellules devient bien visible dans la partie caudale de l’embryon. C’est le sillon primitif, l’axe longitudinal de l’embryon. A partir de celui-ci se développent la tête et l’épine dorsale. Un précurseur du système digestif se forme ensuite. Le deuxième jour de l’incubation, les amas sanguins commencent à se lier et à créer un système vasculaire, tandis que le cœur est formé ailleurs. Lors de la 44ème heure de l’incubation, le cœur et les systèmes vasculaires entrent en communication, et le cœur commence à battre. La torsion et la flexion de l’embryon se poursuivent lors du quatrième jour. Le corps entier du poussin tourne de 90 degrés et se retrouve vers le bas avec son côté gauche du côté du jaune de l’œuf. La tête et la queue se rapprochent étroitement et l’embryon prend la forme d’un « C ». La bouche, la langue, et les puits nasaux se développent en tant qu’éléments des systèmes digestifs et respiratoires. Le cœur continue à grandir quoiqu’il n’ait pas encore été placé dans le corps: on peut ainsi le voir battre si l’œuf est ouvert avec précaution! Les autres organes internes continuent à croître. Vers la fin du quatrième jour de l’incubation, l’embryon a déjà tous les organes requis pour lui permettre de vivre après l’éclosion, et la plupart des organes de l’embryon peuvent être identifiés. L’embryon se développe rapidement. D’ici au septième jour, les doigts apparaissent sur les ailes et les pattes, le cœur est complètement enfermé dans la cavité thoracique, et l’embryon ressemble déjà à un oiseau. Après le dixième jour d’incubation, les plumes peuvent être distinguées, et le bec durcit. Le quatorzième jour, les griffes se forment et l’embryon prend sa position pour l’éclosion. Après 21 jours d’incubation, le poussin commence finalement à sortir de la coquille.

La Reproduction et le Développement chez les Kangourous

La reproduction des kangourous est unique dans le règne animal. Après une gestation très courte (de 30 à 38 jours selon les espèces), le petit naît à un stade précoce (2 cm - 0,8 g.). Il rejoint alors la poche et y tète pendant des mois afin d'achever son développement.

Un ou deux jours après la naissance d'un bébé, la femelle s'accouple à nouveau. L'embryon créé est mis « en dormance » dans l'utérus : c'est la diapause embryonnaire. Le développement du fœtus est arrêté jusqu'à ce que le précédent soit sorti de la poche. Une femelle kangourou a fréquemment 3 petits à sa charge : un embryon, un dans la poche accroché à une tétine, un hors de la poche. A noter que cette femelle a 4 tétines qui ont du lait différent. Elles produisent un lait dont la composition varie au fur et à mesure du développement du petit. Riche en sucres au début, il deviendra plus riche en protéines ensuite pour favoriser le développement du cerveau et des membres, puis en graisse ensuite pour favoriser son activité. La diapause est absente chez les individus qui vivent dans des territoires plus riches. Ils sont devenus saisonniers.

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La Poche Marsupiale : Un Incubateur Naturel

La poche du kangourou, également appelée poche marsupiale, marsupium ou mastothèque, est une caractéristique distinctive des marsupiaux. Le terme marsupium est un terme latin qui signifie bourse ou poche. Chez les marsupiaux, cette poche est un repli de peau et de muscles, situé sur l'abdomen, qui est en réalité un incubateur. C’est dans cet espace que les larves auxquelles la femelle kangourou a donné naissance vont se développer. Seules les femelles possèdent cette poche.

L’intérieur de la poche du kangourou est sombre et très serré afin de garder l’embryon au chaud et en sécurité. Adossée à l’abdomen des marsupiaux, l’entrée de cette poche n’est d’ailleurs pas très large, mesurant à peine la largeur de trois doigts de kangourou adulte. Néanmoins, cet espace est suffisant pour permettre au petit d’en sortir quand il est assez grand. Contrairement au reste du corps, la poche du kangourou n’est pas recouverte de poils. La peau est à nu pour permettre au petit de trouver facilement les quatre mamelles qu’elle renferme, mais aussi pour faciliter l’entretien de cette partie du corps.

Faisant office de couveuse, de garde-manger et de cocon de protection pour l’embryon, la poche du kangourou accompagne le développement du petit grâce à un muscle spécifique. S’il permet de garder la poche fermée hors de la période de gestation, le muscle se détend quand les marsupiaux portent un petit dans leur ventre. À la naissance, le petit kangourou d’à peine un gramme rejoint cette poche et commence à téter l’une des quatre mamelles disponibles. Chacune d’entre elles produit un lait différent apportant au petit les nutriments nécessaires à sa croissance. Le jeune kangourou consomme de grandes quantités de lait riches en sucres, en protéines, puis en graisses jusqu’à être assez grand pour se nourrir seul. La femelle kangourou le déloge alors de la poche afin qu’un nouveau petit puisse s’y installer et grandir.

L'Anatomie Reproductive Unique de la Kangourou Femelle

Chez le kangourou, la mère possède trois vagins et deux utérus. Cette anatomie particulière lui permet d'accueillir 3 bébés en même temps, à des stades de développement différents. L’entrée de la poche n’est pas bien large : environ 3 doigts d’adultes. L’intérieur est sans poils ; il n’y a que de la peau, un peu plissée. Elle abrite 4 tétines dont le rôle est de nourrir la larve tout au long de son développement.

Comme le petit se nourrit, il produit des déchets. L’absence de poil à l’intérieur de la poche facilite l’entretien. La peau nue est capable d’en absorber une partie. Mais la femelle doit aussi compléter car une présence trop importante de saletés favorise le développement des bactéries. Le long museau de la mère peut s’y introduire pour un nettoyage à coups de langue. Ce sont d’ailleurs ces coups de langue qui stimulent le démarrage de la miction et des déjections chez le petit, inexistantes pendant les premières semaines passées dans la poche. Compte tenu des petites dimensions du bébé, au début, ce ne sont que quelques gouttes de déchets.

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Comparaison avec d'Autres Modes de Reproduction

Gestation chez les Mammifères Placentaires

Chez les mammifères placentaires, l’embryon (appelé « fœtus » dans un second temps) grandit avant la naissance dans un organe, l’utérus, qui fait partie de l’appareil reproducteur. Le placenta, qui se construit à partir de tissus maternels et fœtaux, est un organe « à usage unique » qui relie le fœtus à l’utérus par le cordon ombilical. Il transporte de l’oxygène et des nutriments de la mère vers le fœtus en cours de développement et élimine vers le sang maternel le dioxyde de carbone et les déchets métaboliques produits.

Prenons l'exemple de la gestation chez la vache. Après 24 h, les premières divisions cellulaires se produisent. A la suite de la fécondation, l’embryon commence son développement dans les trompes, un organe tubulaire qui relie les ovaires à l’utérus. Quatre jours après la fécondation, le petit amas de 16 cellules que l’on pourrait comparer à une petite mûre rejoint l’utérus. Entre le 6e et le 10e jour, il entame sa nidation dans la paroi utérine. Il commence alors à former des tissus qui deviendront le placenta, et le fœtus. A ce stade, l’embryon se compose déjà de plus de 1 000 cellules. A partir du 30e jour, il est possible de visualiser la membrane amniotique qui enveloppe l’embryon. A 42 jours, on peut distinguer le cordon ombilical ainsi que la différenciation des différents organes. 50 jours : Le fœtus de veau commence à prendre forme. 90 jours : Le fœtus a alors la taille d’un rat, et sa tête est aussi grande qu’une balle de ping pong. 120 jours : Le fœtus atteint une longueur de 15 cm : la taille d’un petit chat. 150 jours : Le fœtus pèse alors 2 à 3 kg. Ses yeux s’ouvrent, il peut maintenant voir à l’intérieur de l’utérus. 180 jours : Les poumons gagnent en maturité. 240 jours : Le veau continue de grandir, et mesure entre 70 et 100 cm selon les races. 280 jours : Le vêlage survient en moyenne à 282 jours chez la Prim'Holstein, mais pour la majorité des races, il faudra encore attendre quelques jours.

Incubation chez les Oiseaux

Chez les oiseaux, le développement embryonnaire se produit à l'intérieur d'un œuf. Cet œuf doit être maintenu à une température assez proche de celle du corps de l’oiseau adulte. Comme les plumes sont douées de remarquables propriétés isolantes, des plaques incubatrices se développent sur la face ventrale du corps de la plupart des oiseaux couveurs. Ce sont des zones de peau dénudée qui se gonflent à la suite d’un afflux de sang.

Généralement, les deux sexes se partagent les soins de l’incubation, mais c’est la femelle qui se charge de la majeure partie de cette charge. La durée de l’incubation varient en fonction de celle de l’élevage proprement dit, car toutes deux correspondent à la vitesse de croissance de l’oiseau. Elle varie de 10 jours chez les vachers (Molothrus sp.) à 80 jours chez l’Albatros royal et de 70 à 80 jours chez l’Émeu d’Australie (Dromaius novaehollandiae).

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