L'ancienne maternité de Fougères, témoin d'une époque et d'une vocation dédiée à la naissance, a connu une histoire riche et mouvementée. De sa fonction première d'accueil des futures mères à sa récente transformation, ce bâtiment emblématique a traversé les décennies en marquant le paysage urbain de Fougères.
Un Bâtiment Chargé d'Histoire
L'ancienne maternité de Fougères, située rue de la Forêt, face à l’hôpital, est un bâtiment datant de 1927. Sa façade est ornée de nombreuses frises en mosaïques, ainsi que de deux coqs, faisant référence à la marque de l’entreprise Odorico. Les mosaïques sont également visibles sur le côté du bâtiment, rue des Récollets, ainsi que sur la façade de la salle des machines, rue du Général-Chanzy.
La maternité a fonctionné jusqu'en 1985, laissant derrière elle des souvenirs impérissables pour de nombreuses familles de la région. Après sa fermeture, le bâtiment est resté vacant pendant plusieurs années, suscitant des interrogations quant à son avenir.
Tentatives de Revente et Litiges
Depuis plusieurs années, l’ex-maternité de l’hôpital de Fougères est à vendre, mais sans succès jusqu’à récemment. Fin 2020, Marc Perrigault, un ostéopathe installé à Fougères depuis 2005, a eu un véritable coup de cœur pour ce bâtiment qui donne sur les rues de la Forêt et Beaumanoir. Il y voyait un fort potentiel, avec une surface de 1 464 m2, pour y déménager son cabinet et y réunir des professionnels autour de l’enfance, étant donné l’histoire du lieu.
Le 9 décembre 2020, par l’intermédiaire d’un agent immobilier mandaté par l’hôpital, il a formulé une offre au prix demandé, soit 290 000 € nets vendeurs (+9 000 € de frais d’agence), sans négociation. Cependant, une autre offre, prétendument antérieure et supérieure, a surgi, entraînant une surenchère entre les deux potentiels acquéreurs.
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Marc Perrigault, se sentant lésé et considérant qu’il y a eu trop d’irrégularités et de fautes commises depuis le début, a sommé l’hôpital de valider la vente de l’ex-maternité à son profit. Il a annoncé qu’il entamera une procédure judiciaire si l’établissement choisit de céder le bien à l’autre acquéreur potentiel.
L’agent immobilier mandaté par le centre hospitalier de Fougères pour vendre l’ex-maternité se dit également floué dans cette affaire. Il réclame les 9000 € d’honoraires négociés, arguant qu’il a apporté un acheteur au prix demandé.
Démolition et Reconversion en Résidence
L'ancienne maternité de la rue de Fougères est en cours de démolition. Après les travaux de désamiantage et de traitement du plomb, la démolition a démarré. Cette opération, confiée à une société spécialisée de Rennes, consiste en une « déconstruction », avec un tri des matériaux pour pouvoir être ensuite récupérés.
La société Planchais a acheté la totalité de l'ensemble immobilier, comprenant l'ancienne maternité, une maison bourgeoise et une petite dépendance. Après la démolition de l'ancienne maternité, elle mènera le chantier de construction de la future résidence Bellevue, qui sera ensuite revendue à Habitat 35.
La résidence Bellevue, conçue par le cabinet d'architecte Daniel Louvel, comprendra trois niveaux d'habitations avec ascenseur : rez-de-chaussée et deux étages. Elle comprendra 14 appartements de 48 à 80 m2, exposés plein sud, face au château. Un habitat social, en accession à la propriété (location-accession au prix moyen de 2 050 €/m2 habitable), pour lequel des prestations de qualité sont prévues.
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L'Héritage d'Odorico : Un Art Préservé
L'ancienne maternité de Fougères est un exemple du travail de la famille Odorico, des mosaïstes italiens qui ont marqué l'architecture de l'ouest de la France. Isidore et Vincent Odorico ont fondé leur entreprise de mosaïque à Rennes en 1882, et leurs créations sont devenues prisées, décorant des bâtiments dans toute la région.
Dans le pays de Fougères, les créations d'Odorico sont disséminées sur des façades, des églises et des monuments aux morts. L'ancienne maternité de Fougères, avec ses frises en mosaïques et ses coqs, témoigne de cet héritage artistique.
Fresque de l'ancienne clinique Saint-Joseph
La fresque est présente sur l'ancienne clinique Saint-Joseph depuis 1952. La fresque géante d'un grand peintre Fougerais a-t-elle été sauvée au dernier moment ? Elle était menacée, car le lieu va être rénové pour devenir une résidence pour les seniors (Ouest-France du lundi 29 juin). « Mais sur les maquettes du projet, la fresque n'apparaît plus à son emplacement normal », a noté Alain B. Un habitant de Fougères ? Non, l'homme habite à… Comment s'est-il alors retrouvé à défendre une fresque si loin de ses terres ? « Une de ses oeuvres très connues est intitulée L'enterrement d'un enfant à Séné. Cela m'a fasciné qu'il se soit intéressé à cette ville et j'ai commencé à référencer toutes ses créations. Pour en savoir plus, Alain B. se rapproche alors des responsables du projet Appart'senior, sans obtenir de réponse claire : « Certes, il y a une connotation religieuse (NDLR : la fresque représente Saint-Joseph et Marie, mais on peut aussi y voir le château de Fougères), le terrain est privé et la fresque n'est pas classée, mais elle mérite d'être conservée. J'ai notamment alerté la mairie. Hier, le promoteur rennais Acelia a tenu à le rassurer : « La fresque va être conservée, assure Philippe Bertin, le responsable. Nous sommes en train d'étudier le processus avec les architectes pour qu'elle soit le mieux protégée possible.
Autres exemples de l'art d'Odorico dans le pays de Fougères
- L’usine Morel et Gâté de Fougères, rue des Prés et rue des Récollets.
- Inspiration Odorico sur la pharmacie de Bonabry, à Fougères, bâtiment de 1929.
- L’ancienne usine « Chaussures Avenir » à Fougères, rue Pasteur, bâtiment de 1934.
- L’ancienne usine Barbier de Fougères.
- Tympan ouest de l’église Saint-Martin à Mézières-sur-Couesnon.
- Tympan est de l’église Notre-Dame-de-la-Visitation à Gosné.
- Tympan est de l’église Saint-Georges à Saint-Georges-de-Reintembault.
- Tympan ouest de l’église Saint-Georges à Châtillon-en-Vendelais.
- Le Cercle Antrainais à Val-Couesnon, achevé en 1907.
- L’hôpital de Saint-Brice-en-Coglès à Maen Roch.
- L’ancienne boucherie Sausset à Saint-Hilaire-des-Landes, érigée en 1921.
- Le monument aux morts de Feins.
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