La contraception hormonale, notamment la pilule, est un moyen de contraception très répandu. Cependant, son impact sur le cycle menstruel et la vie sexuelle est souvent source de questions. Cet article vise à démystifier les aspects liés à l'amour et au cycle menstruel sous pilule, en s'appuyant sur des informations médicales et des conseils pratiques.
La Consultation Médicale : Une Étape Essentielle
Le choix d'une contraception orale adaptée nécessite impérativement une consultation médicale. Le médecin doit rechercher des antécédents médicaux pertinents, tels que des maladies cardiovasculaires ou gynécologiques, le diabète ou les migraines. L'usage du tabac, la sexualité et la prise d'autres médicaments sont également des éléments importants à considérer.
L'examen médical peut inclure la prise de tension artérielle, un examen des seins et, si nécessaire, un examen gynécologique (toucher vaginal et examen au spéculum). Toutefois, cet examen gynécologique n'est pas indispensable chez les patientes jeunes et sans antécédents médicaux.
La prescription de la contraception peut être établie pour une durée de douze mois (ou de six mois renouvelable). Un suivi annuel est ensuite conseillé pour évaluer la tolérance au mode de contraception choisi. Cette consultation peut également être l'occasion de réaliser un frottis vaginal pour dépister des lésions précancéreuses du col de l'utérus.
Le prix de la contraception hormonale varie considérablement selon le type, et certaines spécialités ne sont pas remboursées. Il est important de noter que dans les centres de planification familiale, la pilule est gratuite pour les mineures et les femmes sans assurance santé.
Lire aussi: Complexités et nuances de l'amour maternel
Débuter la Contraception Estroprogestative
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis des recommandations concernant le démarrage d'un traitement contraceptif associant les estrogènes et la progestérone.
Dans la plupart des cas, la contraception estroprogestative peut être initiée dans les cinq jours suivant le début des règles, sans nécessiter de méthode de contraception supplémentaire. Si les règles sont apparues depuis plus de cinq jours, la contraception estroprogestative peut être démarrée à tout moment, à condition de s'abstenir de rapports sexuels ou d'utiliser une contraception complémentaire (préservatif, diaphragme, etc.) pendant les sept jours suivants.
Des recommandations spécifiques existent également pour les femmes qui allaitent ou qui viennent d'accoucher. Si une femme allaite, aucune contraception n'est généralement nécessaire pendant les six premières semaines après la naissance. Entre six semaines et six mois, l'utilisation d'estroprogestatifs est déconseillée, sauf en l'absence d'autres méthodes acceptables. Après six mois, si les règles sont revenues, les recommandations générales s'appliquent. Si la femme n'allaite pas et que les règles ne sont pas revenues 21 jours ou plus après l'accouchement, la contraception estroprogestative peut être démarrée à tout moment, à condition de s'abstenir de rapports sexuels ou d'utiliser une contraception complémentaire pendant les sept jours suivants.
Chez une femme portant un dispositif intra-utérin (DIU) ou un DIU hormonal, la contraception estroprogestative peut être démarrée dans les cinq jours suivant le début des règles, et le stérilet est retiré à ce moment-là.
La Pilule et la Semaine de Pause : Mythes et Réalités
Une question fréquente concerne le risque de grossesse pendant la semaine de pause entre deux plaquettes de pilules. Il est essentiel de comprendre que même pendant cette semaine d'interruption, les femmes sous pilule restent protégées contre la grossesse.
Lire aussi: Amour maternel : Sélection de citations
Les pilules combinées, qui contiennent des œstrogènes et des progestatifs, bloquent l'ovulation. Les ovocytes présents dans l'ovaire ne se développent donc pas. De plus, les pilules contraceptives rendent la muqueuse de l'utérus moins accueillante pour empêcher la nidation d'un éventuel œuf et modifient la glaire cervicale pour empêcher les spermatozoïdes de franchir le col de l'utérus.
Le seul risque de grossesse imprévue sous pilule est lié à un oubli ou une mauvaise utilisation de cette contraception. Utilisée parfaitement, l'efficacité de la pilule est très élevée, dépassant 99,7 %. Cependant, cette efficacité peut être compromise par des oublis, des effets indésirables (nausées, diarrhées) ou des interactions médicamenteuses.
Il est également important de noter qu'en l'absence de contraception efficace, il est possible de tomber enceinte lors d'un rapport sexuel pendant la période des règles, car les spermatozoïdes peuvent vivre trois à quatre jours dans les voies génitales de la femme.
La Prise de Pilule en Continu
Il est possible de prendre la pilule en continu, soit pour des raisons médicales, soit pour des raisons pratiques. Cette méthode consiste à prendre une plaquette de 28 comprimés (sans placebo) ou à enchaîner les plaquettes de 21 comprimés sans interruption.
La prise de pilule en continu peut être particulièrement bénéfique pour les femmes souffrant de règles difficiles à gérer, voire invivables, comme celles atteintes d'endométriose. Elle permet d'éviter les hémorragies de privation et de réduire la charge mentale associée à la prise de pilule.
Lire aussi: Sexualité et allaitement
Cependant, il est fréquent d'observer de petits saignements, appelés "spotting", lors de la prise de pilule en continu. Ces saignements ne sont pas liés au cycle menstruel, mais à la dose ininterrompue d'hormones que le corps reçoit.
Saignements Anormaux sous Pilule
Des saignements peuvent survenir chez une personne sous pilule en continu pour diverses raisons. Il peut s'agir de petits saignements liés à la prise d'une pilule progestative, qui disparaissent généralement après quelques mois. Des saignements peuvent également être causés par une infection sexuellement transmissible (IST), comme la chlamydia, ou par des problèmes gynécologiques tels qu'un fibrome, un polype utérin ou un kyste ovarien.
Il est important de consulter un médecin ou un gynécologue en cas de saignements anormaux sous pilule, afin d'en déterminer la cause et de recevoir un traitement approprié.
Règles Irrégulières et Pilule
Sous pilule, il ne s'agit pas de vraies règles, puisque la pilule bloque l'ovulation. Il s'agit plutôt de saignements. Ces "règles" peuvent se déclencher un peu en avance en cas d'oubli de pilule. Vous pouvez aussi avoir des saignements pendant votre cycle qui vous font penser à des règles arrivées trop tôt et peu abondantes. Il peut parfois s’agir de règles sombres. C’est un effet secondaire courant de la pilule, notamment des pilules micro progestatives, dû à un léger dérèglement hormonal : on parle de spotting.
Autres Méthodes de Contraception Hormonale
Outre la pilule, il existe d'autres méthodes de contraception hormonale, telles que le patch, l'anneau vaginal, l'injection contraceptive et l'implant.
- Le patch : Un timbre autocollant qui diffuse des hormones oestroprogestatives à travers la peau. Il est collé sur la peau le 1er jour des règles et remplacé chaque semaine pendant trois semaines, suivies d'une semaine sans patch.
- L'anneau vaginal : Un anneau en plastique souple placé dans le vagin qui diffuse des hormones oestroprogestatives en continu. Il est placé dans le vagin le 1er jour des règles et retiré après 21 jours, suivis de 7 jours sans anneau.
- L'injection contraceptive : Une contraception oestroprogestative (combinée) ou progestative administrée par injection intramusculaire entre le 1er et le 5ème jour des règles. Les injections suivantes ont lieu 8 à 12 semaines après, selon le produit.
- L'implant : Un fin bâtonnet cylindrique souple de 4 cm qui diffuse de la progestérone de façon continue. Il est placé sous la peau dans la partie interne du bras grâce à un applicateur spécial, sous anesthésie locale, et est efficace pendant 3 ans.
- Le SIU hormonal (stérilet) : Un système intra-utérin en forme de T qui diffuse de la progestérone dans l'utérus. Il ralentit la formation de l'endomètre et épaissit la glaire cervicale, empêchant ainsi le passage des spermatozoïdes et donc la fécondation.
Cycle Menstruel et Libido
Les changements hormonaux qui surviennent au cours du cycle menstruel peuvent affecter le désir sexuel : l’accroître ou au contraire le minimiser. Plus d'une femme sur deux a envie de faire l'amour pendant ses règles. Lors de la phase d'ovulation et des quelques jours qui la précèdent, autrement dit la phase pré-ovulatoire, la libido est à son maximum ! A contrario de la libido qui explose pendant ses règles, celle-ci a tendance à chuter juste avant leur arrivée. Et pour cause : certaines femmes souffrent du syndrome prémenstruel.
Amour et Règles : Lever les Tabous
Avoir des relations sexuelles pendant ses règles reste encore tabou. Il est important de déconstruire les préjugés liés à l'amour en période de règles. Faire l'amour pendant ses règles n'a rien de sale ni de dangereux, du moment que vous et votre partenaire y consentez.
Il est tout à fait possible de tomber enceinte si l'on a un rapport non protégé pendant ses règles. Les menstruations ne sont pas un contraceptif. De plus, les spermatozoïdes peuvent survivre entre deux et cinq jours dans le vagin.
Pratiquer des rapports sexuels avec pénétration vaginale pendant les règles peut avoir des effets positifs, tels qu'écourter la durée des règles, atténuer le stress et les douleurs menstruelles, et prendre plus de plaisir.
tags: #amour #tous #les #jours #cycle #menstruel