Le parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA) est une aventure complexe, semée d'espoir et d'épreuves. Cet article explore les témoignages de femmes confrontées à la PMA, les défis émotionnels qu'elles rencontrent, et les conseils pour les proches qui souhaitent les soutenir.
Les montagnes russes émotionnelles de la PMA
Le témoignage d'Olympias met en lumière les difficultés rencontrées lors d'un parcours PMA. Les réflexions maladroites de l'entourage, telles que « tu savais que ce serait long » ou « c'est psychologique, il ne faut pas y penser », peuvent être particulièrement blessantes. Ces phrases, souvent prononcées avec bienveillance, minimisent la réalité des traitements et l'impact émotionnel de l'infertilité.
L'expérience d'Olympias est partagée par de nombreuses femmes en PMA. Après des examens qui ont duré près d’un an, on a découvert qu’elle était atteinte du syndrome d’hyperfertilité et OPK (ovaires polykistiques). Elle a subi une ponction qui a donné 40 follicules, mais seulement 7 embryons, dont seulement 3 étaient viables. Elle a eu un premier transfert ‘’frais’’ qui a débouché sur une fausse couche à 10 jours de grossesse. Un autre traitement qui n’a rien donné, elle était en anovulation. Puis encore un avec un TEC, qui a donné une fausse couche à 1 mois de grossesse. Il ne lui reste qu’un seul embryon au congélateur.
Comme le souligne Olympias, entendre des phrases telles que « au pire tu as encore l’adoption » est particulièrement difficile. L'adoption est une option différente, mais elle ne remplace pas le désir de porter son propre enfant. De plus, le fait d'avoir déjà un enfant ne diminue en rien le désir d'en avoir un autre.
L'annonce de la grossesse : un moment délicat
Une femme témoigne : « Voilà les filles, après 3 ans d'attente je suis enceinte. J'ai une amie qui est également en pma et je n'arrive pas à lui annoncer cette grossesse. Je me sens coupable (je sais c'est nul mais bon…), triste pour elle. Elle a déjà eu plusieurs IAC sans succès, sterilité inexpliquée. Elle a devoir passer en fiv. Je suis tombée enceinte juste avant de devoir faire moi-même une IAC (suite d'une endométriose sévère) et par miracle je suis tombée enceinte à Noël sans traitements. »
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L'annonce d'une grossesse à une amie en parcours PMA peut être un moment délicat. Il est important de faire preuve d'empathie et de sensibilité. Il est conseillé de le dire vite, avec franchise. La réaction de l'amie peut varier, et il est important d'accepter qu'elle ait besoin de temps pour digérer la nouvelle. Évitez de chercher des formules de consolation maladroites et restez dans les faits.
Comment soutenir une amie en parcours PMA ?
L'entourage joue un rôle essentiel dans le soutien des femmes en PMA. Voici quelques conseils pour aider une amie dans ce parcours :
Évitez les phrases toutes faites : Les remarques telles que « ça viendra quand tu n’y penseras pas » ou « t’inquiète, je suis sûre que cette FIV sera la bonne » sont souvent mal perçues.
Soyez une oreille attentive : Laissez votre amie exprimer ses émotions sans jugement. Écoutez ses craintes, ses espoirs et ses déceptions.
Proposez des moments de détente : Organisez des activités qui lui changeront les idées et lui permettront de se détendre.
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Informez-vous sur la PMA : Comprendre les traitements et les enjeux émotionnels de la PMA vous permettra d'être plus à l'écoute et de mieux la soutenir.
Demandez-lui comment vous pouvez l'aider : Chaque femme est différente, et ses besoins peuvent varier. Demandez-lui ce dont elle a besoin et respectez ses choix.
Proposez un soutien concret : Accompagnez-la à ses rendez-vous médicaux, proposez-lui de garder ses enfants si elle en a déjà, ou aidez-la dans ses tâches quotidiennes.
Respectez sa distance : Si elle a besoin de prendre de la distance, respectez son choix et ne la forcez pas à parler si elle n'en a pas envie.
Envoyez des messages de soutien : Pensez à lui envoyer un petit texto de soutien lors des moments importants du protocole, comme un examen médical ou un transfert d'embryon.
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PMA en solo : un choix de plus en plus courant
La PMA n'est plus réservée aux couples hétérosexuels. De plus en plus de femmes célibataires choisissent de faire un enfant seules grâce à la PMA. Helena, 24 ans, témoigne : « On m’a dit plusieurs fois : "Tu es jeune, tu as le temps" mais je n’avais pas envie d’attendre. » Elle a opté pour une banque de sperme danoise pour que le don soit « ouvert » et que son enfant puisse, s’il le souhaite, avoir accès à l’identité du donneur.
Julie, éducatrice dans la protection de l’enfance, se souvient « très bien » de l’instant où elle a décidé d’avoir un enfant seule. Au printemps 2021, à l’anniversaire d’un ami, en compagnie d’une copine enceinte, elle discute de la Procréation médicale assistée (PMA), qui est en passe, à l’époque, d’être étendue en France aux couples de femmes mais aussi aux femmes célibataires.
Comme pour Julie, « faire un enfant seule, ce n’était pas du tout mon projet de vie, confie celle qui s’est lancée dans un parcours PMA à Bordeaux à l’automne dernier, grâce à l’ouverture de la loi. C’est un rendez-vous chez la psy qui va l’aider à sauter le pas : « Je me suis rendu compte que je ne cherchais pas forcément un conjoint mais un géniteur. Je triais inconsciemment entre ceux qui pourraient m’apporter un enfant ou non. Et c’était impossible de faire un enfant dans cet état d’esprit. » Elle précise toutefois : « Je n’ai pas renoncé au fait de tomber amoureuse, mais j’en ai séparé la maternité.
La décision de faire une PMA seule peut être motivée par différents facteurs, tels que l'absence de partenaire, le désir de maternité précoce, ou la volonté de ne pas attendre de rencontrer la personne idéale.
PMA : un parcours parfois rapide
Contrairement à ce que l'on imagine souvent, le parcours PMA n'est pas toujours long et difficile. Une femme témoigne : « Nous avons commencé ce parcours en mars 2022 et le 13 mai 2023, notre bébé est arrivé dans nos bras. Oui, je veux dire qu’un parcours PMA peut aussi être rapide pour certains… et j’aurais aimé le savoir avant ! 15 mois pour nous. »
Cette expérience positive montre qu'il est possible de concevoir rapidement grâce à la PMA. Cependant, il est important de se préparer à toutes les éventualités et de ne pas perdre espoir en cas d'échec.
Apprendre à se préserver des grossesses des autres
Les annonces de grossesse peuvent être difficiles à vivre lorsqu'on est en parcours PMA. Il est important d'apprendre à se préserver et à prendre de la distance si nécessaire. Expliquez à vos proches que la situation vous est difficile à vivre et qu'il ne faut pas vous en vouloir d'avoir besoin de prendre de la distance.
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