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Allaitement et Vaccination contre la COVID-19 au Québec : Recommandations et Informations Essentielles

L'allaitement maternel est reconnu comme un pilier de la prévention de nombreuses maladies infantiles. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, la question de la vaccination des femmes allaitantes et de son impact sur le nourrisson est cruciale. Cet article vise à synthétiser les recommandations et les informations disponibles concernant l'allaitement et la vaccination contre la COVID-19 au Québec, en s'appuyant sur des données scientifiques et les avis d'experts.

Vaccination pendant la Grossesse : Bénéfices pour la Mère et l'Enfant

La vaccination pendant la grossesse offre une double protection : elle protège la mère contre les infections et transfère des anticorps protecteurs au fœtus à travers le placenta. Cette stratégie est largement utilisée pour la vaccination contre la grippe, où des essais randomisés ont démontré son efficacité contre les infections maternelles et infantiles. La vaccination antigrippale chez la femme enceinte permet d'éviter des épisodes de fièvre chez le très jeune nourrisson, symptôme qui conduit souvent à une hospitalisation et à des explorations étiologiques.

Depuis 2012, la vaccination contre la grippe est recommandée en France pour toutes les femmes enceintes, quel que soit le terme de la grossesse. Cette recommandation s'appuie sur le fait que les femmes enceintes sont plus susceptibles de développer des complications graves liées à la grippe. La vaccination de la mère permet également de protéger le fœtus contre les infections congénitales ou néonatales et de réduire les effets obstétricaux néfastes de l'infection maternelle.

L'expérience acquise avec la vaccination contre la grippe a ouvert la voie à l'utilisation de vaccins contre d'autres maladies pendant la grossesse, comme la coqueluche.

Vaccination contre la COVID-19 pendant la Grossesse : Données de Sécurité

Peu après l'autorisation conditionnelle des vaccins à ARNm contre la COVID-19, les premières données sur leur sécurité pendant la grossesse ont été publiées. Une étude de cohorte rétrospective menée auprès de plus de 45 000 femmes enceintes n'a révélé aucun lien entre la vaccination maternelle et les effets indésirables graves dans les 42 jours suivant la vaccination.

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Plusieurs études ont confirmé la sécurité de la vaccination contre la COVID-19 pendant la grossesse, notamment en ce qui concerne les vaccins à ARNm. Ces études n'ont pas montré d'augmentation du risque de complications obstétricales, de naissance prématurée ou d'autres événements indésirables chez les femmes vaccinées.

Recommandations pour la Vaccination contre la Coqueluche au Québec

En avril 2022, la HAS (Haute Autorité de Santé) a recommandé que la vaccination contre la coqueluche soit réalisée chez toutes les femmes enceintes à partir du 2e trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée (SA). L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) considère que la vaccination des femmes enceintes est la stratégie la plus efficace pour prévenir la coqueluche chez les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés. Cette stratégie repose sur l'effet "cocooning" (protection de la mère) et le passage transplacentaire des anticorps protecteurs.

De nombreux pays (Royaume-Uni, États-Unis, Australie, Belgique, Suisse, etc.) ont mis en place cette stratégie depuis plus de 10 ans pour protéger les nourrissons. Le profil de sécurité et de tolérance est excellent pour les mères, les fœtus, les nouveau-nés et les nourrissons, et il n'y a pas de signal de sécurité lié à la répétition des doses de dT(P)ca (vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche acellulaire) lors de chaque grossesse. Au Royaume-Uni, par exemple, la réduction de la mortalité par coqueluche chez les nourrissons de moins de 2 mois nés de femmes vaccinées est d'environ 95 %.

Le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) du Québec estime que l'administration du vaccin dès 13 SA est possible sur une base individuelle (par exemple, avant un départ à l'étranger), mais il n'est pas nécessaire de revacciner plus tard pendant cette grossesse. Les données disponibles sur l'efficacité et la sécurité du vaccin sont moins nombreuses pour cette période, ce qui n'en fait pas le moment privilégié pour offrir le vaccin dTPca.

Impact de la Vaccination sur les Anticorps du Nourrisson

La vaccination maternelle contre la coqueluche entraîne une diminution des titres d'anticorps chez le nourrisson 9 à 12 mois après la dose reçue. La vaccination pré-conceptionnelle ne permet pas d'obtenir des taux d'anticorps chez le nouveau-né au-dessus du seuil jugé protecteur, car la concentration des anticorps maternels à partir du 2e trimestre de grossesse n'est probablement plus assez élevée.

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L'allaitement maternel est un pilier de la prévention de nombreuses maladies des nourrissons. La présence chez le nourrisson dont la mère a été vaccinée pendant sa grossesse, d’anticorps contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche peut théoriquement interférer avec sa propre immunité post-vaccinale (effet blunting). Bien qu’un affaiblissement des réponses immunitaires à certains antigènes de la primovaccination ait été en effet documenté chez ces nouveau-nés, l’effet est estompé après le 1er rappel vaccinal et il n’y a pas d’effet négatif apparent sur l’efficacité des vaccins d’après l’expérience des pays qui utilisent les vaccins dTPca ou dTca chez les femmes enceintes.

Allaitement et COVID-19 : Protection Potentielle

Plusieurs études ont montré la présence d'anticorps contre le SARS-CoV-2 dans le lait maternel de femmes vaccinées contre la COVID-19. Ces anticorps pourraient offrir une protection passive au nourrisson allaité, en complément des bénéfices immunologiques déjà bien établis de l'allaitement maternel.

Des études ont également suggéré que l'allaitement maternel pourrait réduire le risque de surpoids pendant l'enfance et par la suite. De plus, la consommation maternelle de lait de vache pendant l'allaitement pourrait diminuer la prévalence des allergies alimentaires infantiles.

Médicaments et Allaitement : Précautions à Prendre

Il est important de prendre en compte les médicaments pris par la mère pendant l'allaitement, car certains peuvent passer dans le lait maternel et affecter le nourrisson. Par exemple, des études ont examiné l'excrétion lactée de divers médicaments, tels que les gabapentinoïdes, le lithium, les anticorps monoclonaux, le védolizumab, le rituximab, le canakinumab, le candésartan, le rivaroxaban et le bélimumab.

Il est recommandé de consulter un professionnel de santé (médecin, pharmacien, consultant en lactation) avant de prendre un médicament pendant l'allaitement, afin d'évaluer les risques et les bénéfices potentiels pour la mère et l'enfant.

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