Les complications placentaires pendant la grossesse peuvent poser des risques importants pour la mère et le bébé. Il est donc essentiel de connaître ces complications, leurs manifestations possibles et les options de prise en charge, notamment en cas d'allaitement et de placenta percreta.
Complications Placentaires : Un Aperçu
Plusieurs formes de complications placentaires peuvent survenir pendant la grossesse. Parmi celles-ci, on retrouve :
- Placenta Praevia : Le placenta recouvre partiellement ou entièrement le col de l'utérus. Cela peut se manifester par des saignements indolores et rouge vif au cours du troisième trimestre, nécessitant une attention médicale immédiate.
- Placenta Postérieur : Le placenta se fixe à la paroi arrière de l'utérus, pouvant entraîner une augmentation des douleurs dorsales pendant l'accouchement, une condition connue sous le nom de "travail du dos".
- Décollement Placentaire : Le placenta se sépare de la paroi interne de l'utérus avant l'accouchement. Les symptômes peuvent inclure des douleurs abdominales, des douleurs dorsales et des contractions fréquentes. Il s'agit d'une urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide.
- Placenta Antérieur : Le placenta se fixe à la paroi avant de l'utérus. Il peut être plus difficile de sentir les mouvements du bébé pendant les premières phases de la grossesse.
- Placenta Accreta, Increta et Percreta : Ces conditions se caractérisent par une fixation anormale du placenta à la paroi utérine. Dans le cas du placenta accreta, le placenta se fixe trop profondément dans la paroi utérine. Le placenta increta traverse la paroi de l'utérus, et le placenta percreta la dépasse pour atteindre les organes voisins. Ces conditions augmentent considérablement la complexité d'une césarienne et peuvent entraîner des complications supplémentaires.
Placenta Percreta : Une Complication Grave
Le placenta percreta est une affection grave de la grossesse qui se produit lorsque le placenta envahit la paroi utérine et potentiellement les organes environnants. Cette condition peut entraîner des complications importantes lors de l'accouchement, notamment des hémorragies sévères, des lésions aux organes et, dans certains cas, la nécessité d'une hystérectomie.
Césarienne et Placenta Praevia/Accreta/Increta/Percreta
La césarienne est souvent le mode d'accouchement recommandé en cas de placenta praevia, accreta, increta ou percreta. Il s'agit d'une opération chirurgicale au cours de laquelle une incision est pratiquée dans l'abdomen et l'utérus pour mettre au monde le bébé en toute sécurité.
- Procédure : L'équipe médicale planifie généralement l'opération avant le début du travail naturel ou de tout saignement. Lors d'une césarienne classique, le bébé est mis au monde par une incision transversale basse dans l'utérus. Cependant, en raison du placement du placenta dans le cas d'un placenta praevia ou de l'envahissement dans le cas du placenta accreta/increta/percreta, une autre incision peut être nécessaire. Par exemple, si le placenta se trouve à l'avant (position antérieure) et recouvre le col de l'utérus, l'obstétricien peut pratiquer une incision haute (classique) dans la partie supérieure de l'utérus afin de minimiser les saignements.
- Risques et Complications : Le placenta praevia, increta et percreta entraînent un risque accru de complications chirurgicales pendant la césarienne, notamment la transfusion sanguine, l'extension de l'incision utérine, la lésion d'autres organes et l'admission aux soins intensifs. Une perte de sang importante est également possible.
- Suivi Post-Opératoire : Après l'intervention, il est essentiel d'assurer un suivi complet pour gérer les éventuelles complications post-chirurgicales et surveiller le rétablissement.
Allaitement et Complications Placentaires
Le diabète gestationnel ne constitue pas une contre-indication pour l’allaitement maternel. Au contraire, des études indiquent qu’il peut conférer une certaine protection contre le diabète.
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L'allaitement est tout à fait possible après une césarienne, même si sa mise en place peut nécessiter une adaptation et de l’aide. La montée de lait peut être retardée mais ce n’est pas systématique. Un contact peau à peau précoce peut la favoriser.
Pour Nolan, quand on m’a demandé si je voulais l’allaiter, tirer mon lait et lui donner via la sonde gastrique, vu mon état physique de fatigue (et comme j’avais une cicatrice verticale suite à ma césarienne je ne me sentais pas à l’aise d’allaiter), j’ai dit non; j’ai donc pris des médicaments anti montées de lait, mais au bout d’un mois, j’ai eu des regrets : j’en ai informé une auxiliaire de puériculture qui m’a dit que je pouvais essayer d’allaiter, que je devrais tirer mon lait 8 fois par jour. J’ai donc essayé pendant 10 jours, mais cela était très dur car j’avais très peu de lait. Une consultante en lactation m’a expliqué que l’important était d’être reposée pour que l’allaitement fonctionne. Or, je n’avais jamais été aussi fatiguée de ma vie, j’ai donc arrêté l’allaitement ! Mais le fait d’avoir essayé m’a aidée à ne pas avoir de regrets. Je conseille à chaque maman de profiter de son bébé au mieux, de s’écouter soi-même, de discuter avec le conjoint mais de ne pas forcément écouter tous les avis de tout le monde, faire comme on le sent. La grossesse et le fait d’être parent est un cadeau merveilleux et je souhaite que toutes les personnes qui luttent pour avoir un bébé puissent découvrir ce bonheur.
Insuffisance Placentaire
L'insuffisance placentaire, également connue sous le nom de dysfonctionnement placentaire, est une complication grave de la grossesse. Elle survient lorsque le placenta ne parvient pas à fournir des nutriments et de l'oxygène adéquats au fœtus, ce qui entraîne une altération de la croissance.
- Causes : L'insuffisance placentaire peut être causée par divers facteurs, tels que le tabagisme maternel, qui peut restreindre la circulation sanguine vers le placenta.
- Prise en charge : La prise en charge de l'insuffisance placentaire vise à améliorer la santé de la mère et du fœtus, et à prolonger la grossesse jusqu'au terme le plus proche possible en toute sécurité. Le suivi et la surveillance sont des éléments cruciaux. Des suppléments de vitamines peuvent être prescrits en fonction des besoins nutritionnels de la mère. Des médicaments comme l'aspirine ou l'héparine peuvent être recommandés dans certains cas, principalement si la mère souffre d'un trouble de la coagulation sanguine. Dans certains cas graves, un accouchement précoce peut être planifié pour éviter toute autre complication.
Rôle des Sages-Femmes
Les sages-femmes jouent un rôle important dans la gestion des complications placentaires. Elles fournissent des soins pendant le travail et l'accouchement, ainsi que des visites prénatales, de l'évaluation, de l'éducation et du soutien. Leur contribution à la détection précoce, à la création de plans de soins réfléchis et à la facilitation des interventions nécessaires est primordiale pour gérer efficacement les complications placentaires.
- Détection Précoce : Les sages-femmes peuvent détecter le placenta praevia au cours d'une échographie de routine. En revanche, le décollement du placenta se manifeste généralement par des saignements douloureux accompagnés de contractions.
- Plan de Soins Personnalisé : Un plan de soins personnalisé est essentiel dans la gestion des complications placentaires. Des interventions opportunes peuvent réduire considérablement les risques associés aux complications placentaires, améliorant ainsi le pronostic global pour la mère et le bébé.
- Orientation et Transfert : Selon la nature et la gravité de la complication, la patiente pourrait être orientée vers un spécialiste ou transférée vers un hôpital qui dispose des installations et de l'expertise nécessaires pour prendre en charge son état. Par exemple, si l'on a diagnostiqué chez elle un placenta accreta, une affection dans laquelle le placenta se fixe trop profondément dans la paroi utérine, il serait bon de s'adresser à une équipe multidisciplinaire comprenant un obstétricien, un anesthésiste et éventuellement un néonatologiste, entre autres.
- Urgences : Dans le cas d'un décollement placentaire grave, où il y a une séparation prématurée du placenta de l'utérus, une césarienne d'urgence peut être nécessaire pour mettre le bébé au monde rapidement.
Autres Complications Potentielles pendant la Grossesse
Outre les complications placentaires, d'autres problèmes de santé peuvent survenir pendant la grossesse et nécessitent une surveillance et une prise en charge appropriées :
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- Toxoplasmose : Si le bilan sanguin indique que la patiente est immunisée (sérologie positive), il n'y a pas d'inquiétude à avoir, elle ne peut plus attraper la toxoplasmose. Sinon, il est important de prendre des précautions telles que :
- Se laver soigneusement les mains.
- Manger de la viande bien cuite.
- Éviter la charcuterie crue, fumée ou salée, ainsi que le lait cru de fromage ou de chèvre.
- Rincer bien les crudités, enlever toutes traces de terre.
- Éviter les mollusques crus.
- Laver les surfaces et ustensiles de cuisine après chaque utilisation.
- Porter des gants pour jardiner.
- Si la patiente a un chat, sa litière doit être changée tous les jours. Si elle n'a pas la possibilité de déléguer cette tâche, porter des gants.
- Rubéole : Cette maladie infantile due à un virus qui circule dans l'air peut se transmettre au fœtus quand elle est contractée pendant la grossesse. Aujourd'hui, beaucoup de femmes sont immunisées contre la rubéole (contamination ou vaccination). Malgré tout, la sérologie rubéole fait partie du bilan sanguin prescrit sitôt connue la grossesse. Ce contrôle permet de mettre en place une surveillance particulière pour celles qui ne seraient pas immunisées (sérologie négative).
- Varicelle : Attrapée pendant l'enfance, la varicelle est pénible à vivre, mais dans l'immense majorité des cas, elle est sans aucune gravité. Si la contamination survient à proximité de l'accouchement, le risque d'atteinte pulmonaire du nourrisson est très important. La varicelle est alors associée à un risque de mortalité de 20 à 30%. Pour prévenir ce risque, il est aujourd'hui recommandé aux femmes désirant un enfant et n'ayant pas d'antécédent clinique de varicelle de se faire vacciner.
- Listériose : La listeria monocytogène est une bactérie présente au niveau du sol, de la végétation et dans l'eau. Elle peut donc se retrouver dans des aliments d'origine végétale ou animale, y compris s'ils sont réfrigérés. Chez la femme enceinte, la listériose se traduit par une fièvre plus ou moins élevée, accompagnée de maux de tête et parfois de troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).
- Infections Urinaires : La grossesse est une période à risque pour le système urinaire car elle provoque une baisse générale des défenses immunitaires ainsi qu'une dilatation de l'urètre, ce petit canal par lequel est évacuée l'urine. L'urètre étant plus perméable, les germes remontent facilement jusqu'à la vessie. Les infections urinaires sont particulièrement problématiques chez la femme enceinte car si l'infection gagne les reins (pyélonéphrite), elle peut être à l'origine de contractions et donc d'un accouchement prématuré. Attention donc si la patiente a subitement très souvent envie d'uriner, ressent des brûlures au moment de la miction, a mal au ventre et dans le dos.
- Diabète de Grossesse : Le diabète de grossesse est un diabète qui apparaît habituellement pendant le 2e ou le 3e trimestre. Durant les 2e et 3e trimestres de la grossesse, les besoins en insuline de la femme enceinte sont de 2 à 3 fois plus importants qu'en temps normal. Normalement, la résistance à l'insuline stimule le pancréas à produire davantage d'insuline pour compenser. Cependant, chez certaines femmes, le pancréas ne produit pas ce surplus d'insuline. Dans 90 % des cas, le diabète gestationnel disparaît dans les quelques semaines suivant l'accouchement. Toutefois, le diabète gestationnel augmente le risque de diabète chez les femmes par la suite.
- Hypertension Artérielle : L'hypertension artérielle (HTA) est une pression anormalement élevée du sang dans les artères. Il est possible qu'une hypertension apparaisse au cours de la grossesse, appelée hypertension artérielle gravidique ou pré-éclampsie (autour du 3e trimestre), même chez des personnes qui ne souffrent pas habituellement d'hypertension. Généralement, la femme enceinte ne présente aucun symptôme d'hypertension et seul un examen médical permet de la détecter. C'est pourquoi on mesure votre tension et on fait des tests d'urine (albumine dans les urines) tout au long de votre suivi de grossesse. Dans certains cas, la femme enceinte peut ressentir des maux de tête, des troubles de la vue, ou des bourdonnements d'oreille. Il peut se produire également une augmentation subite du poids due à l'œdème généralisé (visage, jambes et mains). La pré-éclampsie peut entraîner un retard de croissance ou un décollement du placenta pouvant être à l'origine d'un accouchement prématuré.
Césarienne : Déroulement et Suites
L’accouchement par césarienne est un acte chirurgical, permettant la naissance d’un bébé lorsque l’accouchement par voies naturelles n’est pas possible. Elle concerne aujourd’hui en France environ 20% des naissances, soit 1 accouchement sur 5.
- Déroulement : Le déroulement peut varier selon que la césarienne soit réalisée en urgence ou programmée. La pose d’une perfusion au niveau de la main ou du bras, d’un tensiomètre (pour surveiller la tension artérielle) et d’électrodes (pour surveiller le cœur). La mise en place de l’anesthésie. Le plus souvent, la césarienne est réalisée sous anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie). C’est-à-dire que seul le bas du corps est anesthésié, ce qui permet d’être consciente au moment de la naissance. L’anesthésie générale n’est qu’exceptionnellement nécessaire. Toutes les femmes enceintes ont une consultation obligatoire avec l’anesthésiste au 8e mois de grossesse, même si l’accouchement n’est pas prévu avec péridurale ou par césarienne. Lorsque l’anesthésie est en place et que tout est prêt, le gynécologue pratique la césarienne proprement dite. Pour ce faire, il pratique une incision, le plus souvent horizontale, juste au-dessus du pubis. L’ouverture de l’utérus se fait sur sa partie inférieure. Une pression exercée sur le haut du ventre permet la sortie de l’enfant. Selon l’équipe médicale et les circonstances de la césarienne (programmée ou réalisée en urgence), le co-parent (ou accompagnant) pourra ou non venir au bloc. Si cela est possible, il sera alors préparé et habillé en tenue adaptée. Après que l’obstétricien a coupé le cordon ombilical, le bébé est confié à la sage-femme ou au pédiatre qui le présente à la mère. Du côté de la maman : le placenta est retiré. Les différentes épaisseurs sont suturées une à une, ce qui est assez long (entre 30 et 45 minutes).
- Risques et Complications : La césarienne est une intervention courante qui est de plus en plus sûre. C’est la complication la plus redoutée lors d’un accouchement. C’est pourquoi les pertes de sang sont surveillées et quantifiées pendant et après l’intervention. Dans le cas exceptionnel d’hémorragie provenant de l’utérus pouvant menacer la vie de la patiente, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être rendue nécessaire. Que ce soit une infection urinaire, suite à la pose de la sonde, ou de la cicatrice qui pourrait entraîner un abcès de celle-ci, la prévention est de rigueur et la surveillance durant le post-partum est là pour les dépister et les traiter si nécessaire. Comme après toute intervention chirurgicale, un faible risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire peut exister dans les jours suivants. Le fait d’avoir eu une césarienne peut entraîner des complications pour les grossesses ultérieures telles qu’une rupture utérine (déchirure de la cicatrice sur l’utérus) ou une anomalie d’insertion du placenta. Celui-ci pourra s’insérer sur ou à proximité du col (placenta prævia) ou s’attacher de façon anormale au muscle de l’utérus (placenta accreta). Une détresse respiratoire légère (et souvent passagère), une température corporelle basse, les salles d’opération étant fraîches, un risque de dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote intestinal, des nausées et/ou vomissements, qui peuvent survenir dans les 24 heures suivant l’opération, des douleurs au niveau de la cicatrice, des contractions utérines, qui sont également présentes lors d’un accouchement par voie basse, mais qui peuvent être plus sensibles après une césarienne.
- Suites de Couches : De retour à la maison, le soutien de votre partenaire et de votre entourage (famille, amis…etc.) est primordial. Une perte ou un changement de sensibilité autour de la cicatrice peut perdurer quelques mois. Toutefois, il est possible de masser la cicatrice pour la rendre plus souple. N’hésitez pas à en parler à votre sage-femme ou gynécologue. L’accouchement par césarienne est une intervention chirurgicale qui nécessite une récupération physique. Certaines femmes peuvent avoir un mauvais vécu de leur césarienne, notamment si elle n’était pas programmée. Il n’existe pas de nombre précis maximum de césarienne, mais 3 césariennes sont déjà beaucoup. L’intervention dure environ une heure. Durant ces 2 heures, il sera parfois possible, selon la structure et l’équipe médicale, de faire du « peau à peau » avec votre bébé et de réaliser une première mise au sein.
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