L'allaitement est une période unique et privilégiée dans la vie d'une mère et de son enfant. Cependant, de nombreuses questions surgissent quant à l'alimentation de la mère allaitante. Existe-t-il des aliments interdits ? L'asperge en fait-elle partie ? Cet article vise à répondre à ces interrogations et à dissiper les idées reçues, en se basant sur des témoignages et des informations scientifiques actuelles.
Idées Reçues et Réalités de l'Alimentation Pendant l'Allaitement
On entend souvent des informations contradictoires sur ce qu'il est permis ou non de consommer pendant l'allaitement. Heureusement, de moins en moins de mamans allaitantes suivent ces restrictions diététiques et tout se passe bien. Or, à l'exception de l'alcool, il n'existe pas de restrictions médicales actuelles ou d'aliments interdits pendant l'allaitement.
Le goût et les propriétés de certains aliments consommés par la mère se diffusent dans le lait maternel. Pour cette raison, des professionnels de santé indiquent toujours des restrictions, bien qu'elles soient sans fondement scientifiques. Elles ont été élaborées au fil des siècles de façon arbitraire.
Café, Thé et Allaitement : Compatibilité
La caféine contenue dans le café excite le bébé car elle passe dans le lait. Néanmoins, cela n'en fait pas un aliment interdit pendant l'allaitement. Le secret est de ne pas en abuser dans la journée. Vous pouvez également boire du thé le matin lorsque vous allaitez : la théine passe dans le lait maternel mais consommée en petite quantité, elle ne pose aucun problème pour votre bébé. Consommé en petite quantité le matin, le yerba maté ne posera pas de problème non plus.
Asperges et Autres Légumes : Mythes et Réalités
« Je suis quelqu’un d’assez cool. Enceinte, je savais que j’allaiterai. Pas juste parce que ça me semblait bien pour l’enfant mais aussi parce que ça m’avait l’air pratique. Or, pendant la séance de préparation à l’accouchement consacrée à l’allaitement, je découvre qu’il faudrait éviter de consommer tous les choux, les asperges, les oignons, les poireaux, l’ail. J’ai fait la sourde oreille et j’en ai consommé pendant toute la durée de mes deux allaitements. Je pense même que si mes filles aiment aujourd’hui découvrir de nouveaux goûts, c’est grâce à ça. La plupart des médecins indiquent aujourd’hui que ces restrictions ne sont pas fondées scientifiquement ! » souligne Samia.
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Certains légumes, comme le chou ou les asperges, ont la réputation de donner au lait maternel une saveur plus prononcée, voire de favoriser les coliques du nourrisson. N’écartez cependant pas forcément ces aliments, chaque enfant est différent et le votre pourrait apprécier ces saveurs parfumées.
Fruits d'Été et Allaitement : Profiter des Vitamines
La jeune maman explique : « j’apprends aussi ce jour là que nous devrions limiter notre consommation de fruits d’été lorsque l’on allaite pour éviter de donner des diarrhées au nourrisson. On était en mars, je devais accoucher en juin, hors de question de me priver tout l’été de pêches, de pastèque, melon et autres tomates ! Après la séance, je me suis dit que je ferais à ma sauce le moment venu. Une fois ma fille née, nous avons toutes les deux profité des vitamines des beaux fruits de l’été sans restriction. Elle n’a jamais été malade. J’ai donc fait pareil trois ans plus tard pour allaiter la deuxième. Je ne me suis privée de rien et elle n’a eu aucun problème. » précise Samia, maman de Malia 5 ans et June 2 ans.
Soja et Allaitement : Précautions et Traditions
Aurélie nous explique comment les femmes de sa famille lui ont permis de bien mener son post-partum et son allaitement : « Ma famille est d’origine coréenne. Ma mère et ma grand-mère m’ont prise en charge après mon accouchement. Je m’entends très bien avec elle et elles ont beaucoup cuisiné pour moi. Des plats de viande et de poissons riches en épices et même avec un peu de piment, du curry… Tout ça était assez éloigné de ce que j’avais pu lire sur l’allaitement à l’occidentale. En somme j’ai évité l’alcool et, par précaution, le soja (puisqu’il contient des phyto-œstrogènes que certains biologistes considèrent comme des perturbateurs endocriniens qui passent dans le lait) mais pour le reste, je me suis fait plaisir et mon bébé n’a jamais eu de coliques ou d’autres problèmes intestinaux pendant ses sept mois d’allaitement. »
Produits Industriels et Allaitement : Modération et Choix Conscients
L’allaitement, comme la grossesse, sont des périodes propices à la mise en place de meilleures habitudes alimentaires. Trop salés et trop sucrés, les plats préparés et ultra transformés de l’industrie agroalimentaire ne sont pas des aliments interdits pendant l’allaitement. Mais, ils sont à éviter de manière générale et plus encore pendant la durée de l’allaitement. Mieux vaut éviter d’absorber des additifs en tout genre dont certains peuvent être des perturbateurs endocriniens pour votre bébé.
Sushis et Allaitement : Une Option Sûre
Oui ! Le poisson cru bien préparé dans le respect de la chaîne du froid et des règles d’hygiène n’est pas du tout proscrit pendant l’allaitement (même s’il l’était pendant la grossesse à cause des risques de listériose et de parasitose (via la présence d’œufs d’anisakis). Après l’accouchement, vous pourrez manger à nouveau des sushis au poisson cru même en allaitant votre enfant.
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Intoxication Alimentaire et Allaitement : Continuer si Possible
La plupart des maladies de la mère ne sont pas une contre-indication à l’allaitement selon la Leche League. Si la fatigue ne vous en empêche pas, vous pouvez allaiter votre enfant alors que vous avez une intoxication alimentaire dans la zone tempérée européenne. Pensez à bien vous hydrater pour maintenir la production de lait maternel pendant cet épisode d’intoxication.
Aliments Anti-Galactogènes : Effets et Consommation
Le persil, la sauge, la menthe, l’artichaut et l’oseille sont réputés pour freiner la production de lait maternel. Mais consommés en quantité modéré, ces aliments n’auront pas d’effet particulièrement anti-galactogène. Ils risquent de freiner votre production de lait que si vous les consommez au quotidien, sur une longue période et en grande quantité. Ce type de mélange peut-être intéressant à consommer en tisane à la période du sevrage pour aider la production de lait maternel à se tarir.
Miel et Allaitement : Une Douceur Sans Danger
Vous pouvez consommer du miel pendant l’allaitement (sans excès toujours, comme vous le feriez en temps normal) qu’il soit stérilisé ou non. Ce n’est pas un aliment interdit pendant l’allaitement car les spores de clostridium botulinum (qui causent le botulisme) ne passent pas dans le lait maternel.
Plaisirs Sucrés et Allaitement : S'Accorder des Petits Bonheurs
Consommés avec modération, une pâtisserie ou quelques biscuits de temps à autre font partie des petits plaisirs que l’on peut tout à fait s’accorder lorsque l’on allaite. Il ne faut pas en abuser mais c’est bien permis. 😊🍰 Vous pouvez également craquer sur quelques carreaux de chocolat de temps à autre. Il faut savoir rester souple. Si vous avez une alimentation variée et équilibrée, l’allaitement ne vous prive pas d’une gourmandise de temps en temps.
Eau Gazeuse et Allaitement : Hydratation et Sensibilité
Le gaz qui compose les bulles de l’eau pétillante ne passe pas dans le lait maternel et ne peut pas être la raison de coliques du nourrisson. En revanche une eau très fortement minéralisée peut indisposer certains bébés, comme elles indisposeront le système digestif de certains adultes. Si vous en consommez régulièrement et que votre enfant semble gêné, buvez exclusivement de l’eau de source ou du robinet sur une semaine pour voir s’il y a une différence sensible.
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Alimentation Équilibrée Pendant l'Allaitement : Les Bases
Votre alimentation doit être composée d’un quart de protéines (viande, œufs, poisson, etc.), d’un quart de féculent (pâtes, riz, pommes de terre, etc.) et la moitié en fruits et légumes (cuits et crus). Ne renoncez pas à vos petits plaisirs (en quantité modérée) ; le contrôle du poids, ce sera pour plus tard. Ajoutez à votre programme alimentaire, si vous en ressentez le besoin, une petite collation : elle peut être composée d’un produit laitier, d’un fruit et d’un produit céréalier. Les seuls aliments à proscrire sont l’alcool et les boissons énergisantes.
Le Goût du Lait Maternel : Une Aventure Gustative
Votre nourrisson découvre les saveurs en buvant votre lait. C’est le premier pas vers la diversification, avant même toute introduction de solides.
"En fait… bien avant sa naissance", s’exclame Véronique Darmangeat, consultante en lactation, certifiée IBCL, qui explique : "les goûts alimentaires de bébé se décident déjà dans le ventre de la mère". En effet, dès la douzième semaine de gestation, le foetus avale et déglutit le liquide amniotique, dans lequel se trouvent de nombreux nutriments issus de l’alimentation de la mère. D'autres études confirment d'ailleurs, si le foetus se familiarise in utero avec tel ou tel aliment, il sera plus susceptible de le reconnaître et de l’apprécier d’abord pendant l’allaitement puis lorsqu’il passera à la diversification alimentaire (alimentation solide).
Rester en Forme et Éviter les Carences
Allaiter demande énormément d’énergie, la nouvelle maman devra donc être attentive à son alimentation, afin de ne pas développer de carences, mais aussi fournir à bébé tous les apports dont il a besoin.
- Le magnésium : Lorsque vous allaitez, l’apport recommandé en magnésium augmente, il faut donc trouver des sources pour éviter les carences. Pour cela, vous pouvez consommer des céréales complètes, du chocolat, ainsi que des légumes verts comme les haricots, les épinards, ou encore l’artichaut qui est aussi riche en fer.
- Le calcium : Pour avoir des os solides, vous pouvez insister sur les produits laitiers : le lait, le fromage et les yaourts. Cependant, d’autres aliments sont également des sources, souvent méconnues, de calcium : les amandes, le tofu ou encore les légumes verts comme le brocoli, le cresson ou le chou.
- Les vitamines : Parmi les vitamines à privilégier, la vitamine D est nécessaire à la croissance et au bon développement de bébé. Cette vitamine est présente notamment dans de nombreux poissons, le lait, la margarine ou encore le jaune d’œuf. La vitamine C permet de renforcer votre système immunitaire, comme celui de bébé, mais également de lutter contre les infections. Vous pouvez consommer du poivron, kiwi, fraise, litchi ou encore des agrumes comme l’orange ou le citron.
Boire Suffisamment pour une Bonne Lactation
Les femmes qui allaitent ont besoin d’énormément d’eau ou autres boissons. En effet, le lait maternel étant constitué à presque 90% d’eau, il vous faudra donc augmenter votre consommation. N’hésitez pas à boire très régulièrement, y compris quand vous donner le sein, moment où vous aurez le plus soif .
Buvez en abondance, car l'apport hydrique augmente la production de lait : au moins 1,5 à 2,5 litres par jour, sous forme d'eau, de lait, de tisanes, de bouillons de légumes… Vos urines sont un bon point de repère pour savoir si vous avez assez bu : si elles sont claires, elles indiquent que vous bubez suffisamment ; de couleur foncée et produites en faible quantité, elles signifient un apport insuffisant. Les produits laitiers sont à privilégier pour leur apport en calcium : il est conseillé de consommer un litre de lait par jour ou son équivalent en yaourts, fromage, etc.
Aliments Favorisant l'Allaitement
En plus des apports quotidiens recommandés, certains aliments peuvent favoriser l’allaitement et la production de lait. Il est également prouvé que, outre ces aliments « magiques », plus vous donnerez le sein, plus vous produirez du lait. Proposez donc régulièrement le sein à bébé.
Parmi les aliments recommandés, la bière (sans alcool bien sûr) ou levure de bière en paillettes pourront augmenter la quantité de lait produite. De même que certaines plantes comme le fenouil, l’anis, la verveine, ou encore la feuille de framboisier rouge. Les lentilles, amandes, noix de cajou, et dattes ont également une influence positive.
Aliments Déconseillés : Modération et Précautions
De même que pendant une grossesse, certains aliments sont déconseillés durant l’allaitement. Les boissons énergétiques, caféine, thé, boissons gazeuses ou encore l’alcool sont à éviter si vous allaitez. En effet, les stimulants présents dans ces boissons sont véhiculés par votre lait maternel et donc consommées aussi par bébé. Si vous faîtes un écart et consommez de l’alcool, sachez que le taux sera plus fort l’heure suivante, et que l’élimination complète prendra plusieurs heures.
Certains poissons peuvent être nocifs pour votre enfant car ils contiennent des polluants, notamment du mercure. Par exemple le brochet, la truite grise, l’achigan ou encore le caviar et le foie de poisson absorbent en plus grande quantité ces polluants, qui sont de plus en plus présents dans la nature.
Tabac, Alcool et Médicaments : Les Dangers à Connaître
L’idéal est comme pour la grossesse “0 Alcool - 0 Tabac” !
- Tabac : la nicotine passe dans le lait et peut être à l'origine de coliques du nourrisson, cependant le fait de fumer ne contre-indique pas l'allaitement car allaiter et fumer un peu paraît un moindre mal que nourrir son bébé au lait de vache et fumer beaucoup. Si la mère ne peut pas arrêter le tabac, il est préférable de lui conseiller de fumer après les tétées, et bien sûr le moins possible.
- Alcool : les effets de l'alcool sur le bébé allaité sont directement reliés à la consommation d'alcool par la mère. Quand la mère boit occasionnellement et en faible quantité, la dose d’alcool que le bébé reçoit n’a pas été prouvée comme étant nocive pour lui. Si la quantité d’alcool est plus importante, cela aura un effet d’une part sur la lactation (cela diminue le réflexe d’éjection et donc la quantité de lait disponible pour bébé) et d’autre part sur l’enfant : certains effets secondaires comme la somnolence, un sommeil profond, de la faiblesse, une diminution de la croissance linéaire et un gain de poids anormal se remarquent si l’alcool est consommé en grandes quantités. Un abus régulier d’alcool de la part de la mère qui allaite peut amener un gain de poids lent ou un arrêt de croissance chez le bébé. Il est conseillé d’attendre au moins 2 à 3 heures après une prise d’alcool pour allaiter.
- Médicaments : certains médicaments peuvent être prescrits sans danger pendant l’allaitement mais il faudra toujours demander conseil au médecin ou au pharmacien. Pas d’automédication !
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