L'allaitement maternel est une expérience merveilleuse et bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant. Cependant, il peut parfois s'accompagner de complications et de douleurs, notamment articulaires. Cet article vise à explorer les causes potentielles de ces douleurs, les symptômes associés et les solutions pour les soulager.
Les défis de l'allaitement
L'allaitement, bien que naturel, peut présenter des défis. Parmi ceux-ci, on retrouve l'inflammation des mamelons, la rétention de lait et la mastite, qui peuvent causer beaucoup de douleur aux nouvelles mamans.
La mastite
La mastite est une inflammation de la glande mammaire qui survient généralement au cours des trois premiers mois d'allaitement. Elle touche habituellement un seul sein et peut être causée par une obstruction de la circulation du lait (non infectieuse) ou par une infection. Dans 95 % des cas infectieux, l'agent pathogène Staphylococcus aureus est responsable.
L'engorgement de lait se manifeste d'abord par une tache douloureuse sur le sein qui ne se ramollit pas même avec l'allaitement et qui est sensible au toucher. En cas de mastite, la zone devient également chaude, rouge et sensible à la douleur. Cela peut s'accompagner de symptômes grippaux tels que l'alternance de sensations de chaud et de froid, de douleurs articulaires ou d'une température corporelle supérieure à 38,4°C. De plus, le goût du lait maternel peut changer, devenant légèrement salé, mais cela ne nuit pas au bébé.
Si elle est reconnue à temps, la stagnation du lait et la mastite peuvent être maîtrisées avec l'aide d'une sage-femme ou d'une conseillère en allaitement. Il est important de consulter ces professionnels si vous remarquez des changements au niveau de vos seins. Le sein affecté doit être donné en premier et le menton du bébé doit être dirigé vers l'inflammation pour une meilleure évacuation. L'application de feuilles de chou blanc refroidies peut également aider à soulager l'inflammation. Dans tous les cas, contactez votre médecin si la situation ne s'améliore pas après 24 à 48 heures, pour obtenir un antibiotique si nécessaire. Plus le traitement de la mastite est tardif, plus le risque d'abcès est élevé.
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Vasospasme du mamelon
Le vasospasme du mamelon est une autre complication de l'allaitement qui peut provoquer des douleurs intenses. En France, 10 % des femmes sont touchées par ce phénomène, souvent confondu avec d'autres troubles du sein. Il se manifeste par des douleurs parfois intenses et des changements de couleur du mamelon, en lien avec une mauvaise circulation sanguine. Le syndrome de Raynaud peut provoquer le vasospasme du mamelon.
Le vasospasme du mamelon est dû à une constriction brutale et transitoire des vaisseaux sanguins du mamelon. Les vaisseaux sanguins de la poitrine se vasoconstrictent et se serrent, deviennent tout blancs, puis quand il fait chaud, ils se vasodilatent et deviennent tout rouges. Il existe deux types de douleurs principales : celles liées à la vasoconstriction (blanc) et celles liées à la vasodilatation (rouge).
Bien que le vasospasme ne soit pas dangereux pour le bébé et n'altère pas la qualité du lait, il peut être très douloureux pour la mère. Pour gérer la douleur, il est important de corriger la mise au sein, car une mauvaise succion est une cause fréquente du vasospasme.
Douleurs Post-Partum et Allaitement
Le post-partum est une période de grands changements et d'adaptation pour les nouvelles mamans. Il s'accompagne d'un panel d'émotions très variées, parfois déroutant, et d'une grande diversité de douleurs, tant par leurs localisations que par leur intensité.
Les tranchées
Les tranchées sont les contractions utérines qui surviennent après l'accouchement. Elles jouent un rôle très utile dans le post-partum puisqu'elles permettent à l'utérus de retrouver progressivement sa taille normale. Les tranchées peuvent provoquer des douleurs pelviennes similaires à des douleurs de règles. Elles sont souvent plus intenses si vous avez déjà accouché au moins une fois ou si vous allaitez. En effet, au cours de la tétée, vous sécrétez de l’ocytocine, une hormone qui permet l’éjection du lait. Or, c’est cette même hormone qui provoquait les contractions lors de l’accouchement. Ce n’est donc pas étonnant d’avoir des contractions quand vous donnez le sein. Les tranchées sont plus fortes lors des premiers jours qui suivent l’accouchement puis ont tendance à s’estomper au bout de 3 à 7 jours. Pour vous soulager, l’équipe médicale vous prescrira si besoin des antalgiques compatibles avec l’allaitement. Pensez aussi à uriner régulièrement pour limiter la pression de la vessie sur l’utérus, ce qui pourrait majorer votre douleur. L’homéopathie, des exercices de respiration, ou encore l’application d’une source chaude telle qu’une bouillote, peuvent également atténuer ces douleurs du bas ventre.
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Douleurs du périnée
Le périnée, fortement sollicité lors de l’accouchement par les voies naturelles, a de nombreuses raisons d’être endolori dans le post partum : œdème, ecchymose, éraillures, déchirures, épisiotomie, hémorroïdes…Même si aucune lésion n’est visible à l’œil nu, vous pouvez tout de même éprouver un inconfort tel qu’une gêne ou une pesanteur puisqu’il ne faut pas oublier que votre bébé est passé par là ! De même, des sensations de brûlures sont possibles lors des premières mictions (fait d’uriner) qui suivent l’accouchement. Les douleurs du périnée peuvent être soulagées par une prise régulière d’antalgiques prescrits par l’équipe médicale, par l’application de poches de glace, et par la recherche de positions confortables : allongée sur le côté avec un coussin entre les jambes ou sur le dos avec un coussin sous les jambes par exemple. Le traitement doit bien évidemment tenir compte de la cause de la douleur. Ainsi, en cas de crise hémorroïdaire, on pourra ajouter l’application d’une crème locale associée à des règles hygiéno-diététiques visant à éviter la constipation (s’hydrater suffisamment, augmenter son apport quotidien en fibres). Pensez également aux techniques plus naturelles comme l’homéopathie ou l’acupuncture. Pour favoriser la cicatrisation en cas de déchirure ou d’épisiotomie, veillez à maintenir la zone la plus propre et la plus sèche possible. Pour cela, nettoyez-la à l’eau et au savon doux, puis séchez-la en tamponnant avec une serviette propre. Pensez également à changer régulièrement de protections hygiéniques et à vous essuyer d’avant en arrière après être allée à la selle. Lors de la visite postnatale, qui a lieu entre 6 et 8 semaines après l’accouchement, votre sage-femme ou gynécologue effectuera un examen clinique du périnée. Profitez-en pour lui faire part de vos douleurs s’il y en a, notamment si vous avez repris une activité sexuelle.
Douleurs aux mamelons
Lors des premières mises au sein, il est possible que vos mamelons soient sensibles, surtout en début de tétée. Cet inconfort doit rester bref et transitoire. Si au contraire, vous ressentez une douleur au mamelon tout au long de la tétée, c’est qu’il y a un problème sous-jacent. La plupart du temps, cela est dû à un mauvais positionnement du bébé au sein ou à une succion non optimale de sa part. Pour prévenir l’apparition de crevasses et les traiter le cas échéant, vérifiez dans un premier temps que votre bébé est bien placé et essayez de varier les positions d’allaitement. En plus de cela, vous pouvez appliquer quelques gouttes de lait maternel sur le mamelon après chaque tétée, puisqu’il a des vertus hydratantes et cicatrisantes. Vous trouverez aussi en pharmacie des crèmes aux vertus cicatrisantes, compatibles avec l’allaitement, à base de lanoline ou de miel stérilisé. Attention ! Il ne faut surtout pas donner de miel aux enfants jusqu’à l’âge de 1 an en raison du risque de botulisme (maladie grave causée par l’ingestion de toxines présentes dans les aliments contaminés). D’autres désagréments peuvent survenir pendant l’allaitement. Aux alentours du 3ème jour après l’accouchement, les seins peuvent devenir très tendus, douloureux, et s’accompagner d’une sensation de trop plein en raison de la montée de lait. Ce phénomène normal et transitoire peut aussi être ressenti par les femmes qui n’allaitent pas. Plus tard, chez les mamans allaitantes, ces mêmes symptômes peuvent se manifester si le sein n’est pas assez drainé. Quelques petites astuces peuvent vous aider à passer ce cap. Si vous allaitez, mettez votre bébé au sein le plus souvent possible, car c’est lui qui est le plus à même de le vider correctement. Parfois, les seins sont tellement tendus que le bébé éprouve des difficultés à attraper le mamelon. Pour lui faciliter la tâche, essayez de les assouplir en les massant doucement ou en tentant d’en extraire un peu de lait avant de mettre votre bébé au sein ou en les passant sous l’eau chaude. Cela facilitera l’écoulement du lait.
Impact psychologique
En plus des modifications corporelles, le post partum est une période de transformation psychique importante au cours de laquelle la femme passe d’un statut de femme enceinte à celui de mère. Le baby blues est un épisode de déprime transitoire qui touche 50 à 80% des accouchées. Il s’explique par la chute brutale des hormones après l’accouchement, et survient entre le 2ème et le 5ème jour après la naissance de l’enfant. Il se manifeste par une labilité émotionnelle qui peut surprendre à la fois la maman et son entourage, celle-ci passant des rires aux pleurs incontrôlés en très peu de temps. La jeune maman peut alors se sentir triste, anxieuse, dépassée par les évènements ou encore perdre confiance en elle dans sa capacité à s’occuper de son bébé. Le baby blues n’est pas pathologique. Si cet état persiste pendant plus de 15 jours, il est vivement conseillé de consulter un professionnel de santé (sage-femme, médecin, psychologue) car il peut s’agir d’une dépression du post partum. Celle-ci touche 10 à 20 % des mères, et survient dans les semaines voire les mois qui suivent l’accouchement. Les symptômes sont variés : tristesse intense, anxiété, perte de plaisir, irritabilité, manque d’énergie, troubles du sommeil, sentiment de dévalorisation, d’être une mauvaise mère etc… Ces mamans sont parfois dans l’incapacité de s’occuper de leur bébé, non pas à cause de leur manque de compétences mais à cause de la dépression qu’elles traversent. Ce qui renforce leur sentiment de culpabilité. La dépression du post partum est une pathologie grave qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. Le point positif, c’est qu’elle se soigne, avec un traitement antidépresseur et un accompagnement adapté. Il n’y a pas de honte à se sentir mal, même après un accouchement ! Alors si vous, ou l’un de vos proches, présente l’un de ces symptômes, consultez un professionnel de santé. Il pourra vous aider à surmonter cette épreuve pour que retrouviez de la confiance en vous, de la joie et de l’énergie pour vous occuper de votre bébé.
Syndrome du canal carpien
Le syndrome du canal carpien est une affection courante qui touche de nombreuses personnes, en particulier les femmes. Le syndrome du canal carpien est causé par une pression excessive sur le nerf médian dans le poignet. Les symptômes comprennent une douleur et un engourdissement dans la main, les doigts et le bras, ainsi qu’une faiblesse musculaire. Pendant la grossesse, de nombreux changements se produisent dans le corps, y compris une augmentation du volume de liquide corporel. Cela peut entraîner une augmentation de la pression sur les nerfs, y compris le nerf médian dans le poignet. L’allaitement peut également exacerber les symptômes du syndrome du canal carpien. Les femmes qui allaitent peuvent souvent avoir une posture maladroite pendant de longues périodes de temps, ce qui peut exercer une pression sur le nerf médian. Le traitement du syndrome du canal carpien pendant la grossesse et l’allaitement peut être compliqué car de nombreux médicaments sont contre-indiqués pendant ces périodes. Cependant, il existe des options de traitement non médicamenteuses, telles que les attelles pour poignet, les exercices de renforcement et les massages. Le syndrome du canal carpien peut être une maladie invalidante qui peut être exacerbée pendant la grossesse et l’allaitement. Il est important de consulter un médecin si vous ressentez des symptômes, afin de discuter des options de traitement disponibles.
Ostéoporose et Allaitement
L’ostéoporose liée à la grossesse et à la lactation est une pathologie rare, qui se caractérise par d’importantes modifications dans l’homéostasie osseuse suite aux besoins calciques plus élevés pendant ces périodes. La grossesse et la lactation modifient le métabolisme osseux de la mère, afin de couvrir les besoins calciques du fœtus et du bébé. Normalement, ces modifications permettent de pallier l’augmentation des besoins en calcium de la mère, même si une baisse temporaire de la densité osseuse est constatée pendant l’allaitement.
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Les facteurs pouvant être à l’origine de l’ostéoporose du post-partum sont la laxité ligamentaire liée aux modifications hormonales pendant la grossesse, l’alitement pour éviter un accouchement prématuré, les fractures de stress pendant l’accouchement. La grossesse et l’allaitement induisent une mobilisation du calcium pour les besoins du fœtus et du nourrisson. Toutefois, les éventuelles corrélations entre l’allaitement et l’ostéoporose du post-partum restent à évaluer. En cas de fractures, elles surviennent le plus souvent au niveau vertébral. Le traitement repose sur la prise de calcium et de vitamine D ; l’arrêt de l’allaitement sera discuté avec la mère.
Il est rare de voir survenir une ostéoporose suite à une grossesse. Ce problème survient essentiellement pendant les premiers mois de l’allaitement chez des primipares minces. Ces femmes peuvent présenter des fractures vertébrales en l’absence de traumatisme, ou suite à un traumatisme minime.
Douleurs Articulaires Générales et Allaitement
Certaines femmes peuvent ressentir des douleurs articulaires généralisées pendant l'allaitement, affectant le dos, les hanches, les poignets et les doigts. Il est souvent difficile de déterminer la cause exacte de ces douleurs, car elles peuvent être liées à divers facteurs.
Causes possibles
- Maladies rhumatoïdes : Les douleurs articulaires peuvent être un signe de maladie rhumatoïde.
- Modifications hormonales : Les variations hormonales après l'accouchement peuvent affecter les articulations et les ligaments.
- Mauvaise posture : L'allaitement peut entraîner une mauvaise posture, ce qui peut causer des douleurs au dos, au cou et aux épaules.
- Manque d'exercice : Le manque d'activité physique peut contribuer à la raideur et à la douleur articulaires.
- Anciennes blessures : Les anciennes blessures peuvent être exacerbées par les changements physiques et hormonaux liés à la grossesse et à l'allaitement.
Solutions
- Consulter un médecin : Il est important de consulter un médecin pour écarter toute cause sous-jacente grave des douleurs articulaires. Un rhumatologue, un podologue, un posturologue ou un orthopédiste peuvent être consultés pour évaluer la situation.
- Exercice physique : L'exercice régulier peut aider à renforcer les muscles et à améliorer la flexibilité, ce qui peut soulager les douleurs articulaires. Il est recommandé de faire du sport et de la gymnastique pour protéger les os et les articulations.
- Améliorer la posture : Adopter une bonne posture pendant l'allaitement et dans les activités quotidiennes peut aider à réduire la tension sur les articulations.
- Physiothérapie et ostéopathie : Les physiothérapeutes et les ostéopathes peuvent aider à soulager la douleur et à améliorer la fonction articulaire grâce à des techniques manuelles et des exercices spécifiques.
- Médicaments : Dans certains cas, des analgésiques ou des anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour soulager la douleur. Cependant, il est important de consulter un médecin avant de prendre tout médicament pendant l'allaitement.
Renforcement musculaire post-partum
Lorsque l’on souhaite reprendre la course à pied post-partum, il faut veiller à retravailler l’extensivité musculaire et le gainage, particulièrement du transverse. La ceinture abdominale est en effet mise à mal durant la grossesse et doit être redynamisée. Parmi les fondamentaux à travailler après un accouchement, on retrouve : le plancher pelvien le gainagela respirationles muscles fessiers De plus, il convient de veiller à ce que la rééducation périnéale ait été effectuée correctement afin d’éviter toutes complications qui seraient aggravées par la reprise de la course à pied.
Applications mobiles utiles
Pour aider les jeunes mamans dans leur quotidien, et les aider à détecter rapidement tout problème, il existe des applications mobiles, telles que :
- Les 1 000 premiers jours : Application lancée par le ministère de la Santé, inclut toutes les informations essentielles au 1 000 premiers jours du nouveau-né. Elle permet aussi de prévenir les risques liés au bien-être de la maman, et notamment la dépression post-partum, grâce à un outil autodiagnostic intégré. Elle propose aussi un calendrier personnalisé avec définition de rappels (vaccins, rendez-vous médicaux…) pour alléger la charge mentale des nouveaux parents.
- Baby Manager : Suivi des tétées (horaire, quantité), du changement de couches…
- Mon bébé : allaitement maternel : Suivi des tétées (durée, horaire, type de tétée, quantité), du sommeil, du changement de couches et de la santé du bébé.
- Medela Family : Accompagnement personnalisé de la grossesse à l’accouchement, définition du projet d’allaitement, conseils d’expert, et suivi du développement de l’enfant (sommeil et croissance). Elle inclut un assistant personnel disponible 24h/24.
- Allaitement Maternel SuperMama : Suivi des tétées (temps, volume de lait pompé…) avec possibilité de définir des rappels, et du sommeil (qualité et durée).
- May : Outils de suivi, (poids, sommeil, to-do list…), contenus informatifs sur le post-partum, messagerie en ligne (contact avec une équipe médicale, 7j/7 de 8h à 22h).
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