Loading...

Ahmed Bedjaoui : Une Figure Éminente du Cinéma Algérien

Ahmed Bedjaoui, figure emblématique du paysage cinématographique algérien, a marqué son époque par sa contribution significative à la diffusion et à l'analyse du cinéma, tant sur le plan national qu'international. De son rôle d'animateur du célèbre Télé Ciné club à ses travaux de recherche et d'écriture, Bedjaoui a laissé une empreinte indélébile sur la culture cinématographique algérienne.

Parcours Professionnel et Universitaire

Diplômé de l'IDHEC (Institut des Hautes Études Cinématographiques) en 1966, Ahmed Bedjaoui a complété son parcours académique par un P.H.D. en littérature américaine en 1983, avec une thèse portant sur Scott Fitzgerald et Hollywood. Son expertise ne se limite pas au cinéma ; il a également mené une solide carrière dans la presse, la télévision et la radio.

Dès 1966, il travaille comme journaliste freelance, couvrant le cinéma, la télévision et la radio. À partir de 1969, il devient producteur et présentateur d'émissions sur le cinéma à la Télévision algérienne. Parallèlement, il occupe les postes de programmateur et de responsable des archives à la Cinémathèque algérienne de 1966 à 1971, puis de conseiller du directeur général de l'Office du Cinéma Algérien (ONCIC) de 1971 à 1977.

En 1977, il est nommé Directeur du département de production cinématographique à la Radio-Télévision Algérienne, supervisant la réalisation de plus de 70 longs métrages. Son engagement envers le développement de l'audiovisuel algérien se poursuit avec son rôle de Vice-président du Conseil National de l'Audiovisuel de 1987 à 1991, et de conseiller pour la communication auprès du Premier Ministre algérien.

Après avoir travaillé comme consultant pour la Commission européenne, il prend la direction du réseau REMFOC en 1993, un organisme dédié au perfectionnement des journalistes maghrébins. Son expertise et son dévouement lui ont valu d'être nommé directeur artistique du festival du film engagé d'Alger et Président du Fonds d'aide au cinéma algérien. Il est également professeur des Universités à la faculté de communication de l'Université Alger 3.

Lire aussi: Réflexions d'Ahmed Boudouh

L'Âge d'Or de Télé Ciné Club

De 1969 à 1989, Ahmed Bedjaoui a animé le célèbre Télé Ciné club, une émission qui a marqué toute une génération d'Algériens. Son approche pédagogique et la qualité de ses invités permettaient de décortiquer les films et de rendre accessibles les classiques du cinéma universel. Grâce à lui, le public algérien a découvert les œuvres d'Alfred Hitchcock, Ingmar Bergman, Salah Abou Seif, et bien sûr, les films algériens. C'était une tonalité particulière, mais surtout un contenu.

Le public algérien l'identifie en priorité aux émissions qu'il produisait et animais pour l'unique chaîne de télévision qui existait à ses débuts. Mais avant de présenter sa première émission en décembre 1969, il avait déjà accumulé une dizaine d'années d'activité dans le cinéma, d'abord comme animateur de ciné-club, puis de critique dans la presse écrite.

Contributions Écrites et Réflexions sur le Cinéma Algérien

Ahmed Bedjaoui est l'auteur de plusieurs ouvrages qui témoignent de sa passion pour le cinéma et de sa connaissance approfondie de l'histoire du cinéma algérien. Parmi ses œuvres, on peut citer :

  • Images et visages (avec Denis Martinez)
  • Cinéma et guerre de libération, des batailles d'images
  • Littérature et cinémas arabes
  • La Guerre d'Algérie dans le cinéma mondial
  • Le cinéma à son âge d'or
  • La Saga de la création de la cinémathèque algérienne (1965-1969)

Ses écrits analysent en profondeur le rôle du cinéma dans la société algérienne, notamment pendant la guerre de libération et dans les années qui ont suivi l'indépendance. Il a publié des dizaines d’articles parus dans des revues internationales et des journaux algériens. Il est également l'auteur d'un ouvrage sur La Saga de la création de la cinémathèque algérienne (1965-1969).

Dans un entretien, Ahmed Bedjaoui revient sur des éléments de sa biographie, et sur les débuts du cinéma en Algérie avec en toile de fond la guerre d'Algérie (1954-1962). Il analyse la mise en place progressive des institutions algériennes dédiées au cinéma et le soutien que la cinémathèque a apporté aux cinéastes du continent.

Lire aussi: Ahmed Mouici : une carrière musicale riche en émotions

Il a participé de près à l’organisation du Premier festival culturel panafricain. Il évoque les rôles de Mahieddine Moussaoui (fondateur de la Cinémathèque algérienne, et l’un des principaux initiateurs du Festival panafricain) et du Ministre de l’information Mohamed Seddik Benyahia, dans la commande d’un film sur le festival, film dont le tournage a finalement été attribué à William Klein.

Il a classé sa sélection dans des sections consacrées au cinéma arabe, au film national, à la production des œuvres du Tiers-monde et aux grands noms du cinéma mondial. Le présent ouvrage a pour but de rappeler l'extraordinaire histoire d'amour qui liait les Algériens avec le cinéma de qualité. Il ne croit pas un instant que cet engouement ait disparu. Le succès des festivals nationaux de cinéma montre au contraire que le public ne néglige aucune occasion de manifester son amour pour le septième art, à condition qu'on lui restitue des espaces de projection en nombre suffisant et en qualité, pour ne pas tomber dans le cercle vicieux de la rareté/désaffection.

Reconnaissance Internationale

La contribution d'Ahmed Bedjaoui à la culture cinématographique a été reconnue à l'échelle internationale. En 2016, il a reçu en France le titre d'Officier des Arts et Lettres. En 2015, l'UNESCO lui a décerné la médaille Féderico Fellini pour les services rendus à la culture cinématographique à travers le monde.

Lire aussi: Ahmed Sparrow : un portrait

tags: #ahmed #bedjaoui #biographie

Articles populaires:

Share: