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Les controverses et contradictions du Rassemblement National : le cas d'Agnès Pageard et la question de l'antisémitisme

Le Rassemblement National (RN), autrefois connu sous le nom de Front National (FN), a longtemps été associé à des controverses liées à l'antisémitisme et au racisme. Bien que le parti ait entrepris des efforts de « dédiabolisation » sous la direction de Marine Le Pen, des incidents récents impliquant des candidats et des membres du parti continuent de susciter des interrogations sur la véritable nature de ses valeurs et de son idéologie. Cet article examine les cas de plusieurs candidats du RN qui ont fait l'objet d'accusations de racisme, d'antisémitisme et de propos complotistes, en particulier le cas d'Agnès Pageard, candidate dans la 10e circonscription de Paris.

Les efforts de dédiabolisation du RN et les contradictions persistantes

Depuis que Marine Le Pen a pris la direction du parti, le RN a cherché à adoucir son image et à se distancer des déclarations controversées de son fondateur, Jean-Marie Le Pen. Marine Le Pen a publiquement condamné l'antisémitisme et a même affirmé que le RN était le meilleur rempart contre l'antisémitisme en France. Elle a souligné que le parti avait évolué et que le FN du père n'avait plus rien à voir avec le RN « dédiabolisé » de la fille.

Malgré ces efforts, des incidents récents ont mis en évidence des contradictions persistantes au sein du parti. Des candidats et des membres du RN ont été accusés de tenir des propos racistes, antisémites et complotistes, ce qui a jeté le doute sur la sincérité de la dédiabolisation du parti. Ces incidents ont également révélé un décalage entre les instances dirigeantes du RN et certains de ses représentants, ainsi qu'entre les électeurs de Marine Le Pen et les sympathisants du parti.

Le cas d'Agnès Pageard : antisémitisme et complotisme

Agnès Pageard, candidate RN dans la 10e circonscription de Paris, est l'un des exemples les plus frappants de ces contradictions. Elle a été épinglée pour avoir multiplié les propos antisémites et complotistes sur ses réseaux sociaux. Elle a notamment invité à « relire » le collaborationniste Henry Coston et son disciple Emmanuel Ratier. Elle a également fait usage du mot codé à caractère antisémite « Qui ? » et a apporté son soutien à l'ancienne candidate du Front national Cassandre Fristot, qui avait brandi une pancarte antisémite lors d'une manifestation contre le passe sanitaire.

Les propos d'Agnès Pageard ont suscité une vive polémique et ont conduit à l'ouverture d'une procédure disciplinaire à son encontre. Son cas illustre la difficulté du RN à se débarrasser de ses éléments les plus controversés et à contrôler les propos de ses candidats.

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Autres candidats du RN accusés de racisme et d'antisémitisme

Agnès Pageard n'est pas la seule candidate du RN à avoir fait l'objet d'accusations de racisme et d'antisémitisme. D'autres candidats ont également été pointés du doigt pour des propos ou des actions controversées :

  • Joseph Martin, candidat dans le Morbihan, avait écrit sur X « le gaz a rendu justice aux victimes de la Shoah ».
  • Louis-Joseph Pecher, candidat de l’alliance RN-Ciotti dans la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle, a été lâché par son parti à cause de messages racistes, antisémites et homophobes qu’il avait postés sur les réseaux sociaux.
  • Daniel Grenon, candidat RN dans la 1re circonscription de l’Yonne, a été accusé de racisme après avoir exprimé la volonté du parti d’« empêcher » les binationaux d’occuper « des emplois extrêmement sensibles ».
  • Marie-Christine Sorin, candidate RN dans la 1re circonscription des Hautes-Pyrénées, a publié des contenus racistes sur ses réseaux sociaux.
  • Jean-Yves Le Boulanger, candidat RN dans la 5e circonscription des Côtes-d’Armor, a choisi une justification surprenante pour prouver qu’il n’était pas « facho » : il n’avait pas écrasé un curé de couleur avec sa moto.
  • Julie Apricena, la suppléante du candidat RN dans la troisième circonscription du Cher, a vu ressurgir des photos sur lesquelles elle apparaît avec un t-shirt floqué d’un message suprémaciste blanc et en compagnie de néonazis.
  • Isabelle Dupré, candidate RN dans la 2e circonscription du Puy-de-Dôme, a assuré qu’il ne fallait « pas prendre au premier degré » ses publications à caractère raciste sur les réseaux sociaux et a plaidé l’humour.
  • Joëlle Nambotin Gobbi, candidate dans la 5e circonscription de l’Ain, avait partagé sur les réseaux sociaux plusieurs publications racistes et antisémites, dont un visuel véhiculant des mensonges antisémites selon lesquels les Rothschild contrôleraient le monde.
  • Anne Jacqmin, candidate RN dans la 1re circonscription des Yvelines, avait choisi comme suppléant Bruno Gollnish, connu pour ses déclarations et compagnonnages en lien avec l’antisémitisme et le négationnisme.
  • Frédéric Boccaletti, député de la 7e circonscription du Var, s’était affiché avec le leader du British National Party et négationniste Nick Griffin.
  • Caroline Parmentier, députée du Pas-de-Calais, considérait qu’« après avoir “génocidé” les enfants français à raison de 200 000 par an, on doit maintenant les remplacer à tour de bras par les migrants ».

Ces exemples montrent que, malgré les efforts de dédiabolisation du RN, des éléments racistes et antisémites persistent au sein du parti.

L'antisémitisme chez les électeurs et sympathisants du RN

Il est important de souligner que l'antisémitisme ne se limite pas à certains représentants du RN. Plusieurs études ont montré qu'il est également répandu parmi les électeurs de Marine Le Pen et les sympathisants du parti.

Une enquête de la Fondation Jean-Jaurès et de l'Observatoire du conspirationnisme a révélé qu'en 2018, les électeurs de Marine Le Pen et les sympathisants du RN étaient les plus perméables aux thèses complotistes. Plus d'un tiers des sympathisants du RN validaient l'idée selon laquelle « il existe un complot sioniste à l'échelle mondiale ».

Une autre étude de la Fondapol et de l'American Jewish Committee a montré que 39 % de l'électorat de Marine Le Pen et 33 % des sympathisants du RN pensent que « les juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l'économie et de la finance ». De plus, 39 % des sympathisants du RN considèrent que les « juifs utilisent aujourd'hui dans leur propre intérêt leur statut de victimes du génocide nazi pendant la Seconde Guerre mondiale ».

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Ces chiffres montrent que l'antisémitisme est un problème réel au sein de l'électorat et des sympathisants du RN, ce qui rend la dédiabolisation du parti encore plus difficile.

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