Introduction
L'histoire du continent africain est intimement liée à l'histoire de la Terre elle-même. Des mouvements tectoniques qui ont façonné la Pangée aux échanges commerciaux et culturels qui ont marqué son développement, l'Afrique a été un acteur central de l'évolution du monde. Cet article explore cette histoire complexe, en mettant en lumière les liens entre l'Afrique et la Pangée, ainsi que les dynamiques sociales, économiques et religieuses qui ont façonné le continent au fil des siècles.
La Pangée et la Dérive des Continents
Il y a environ 300 millions d'années, la Terre était constituée d'un seul supercontinent, la Pangée. L'Afrique occupait une position centrale dans cette masse continentale unique. Il y a 180 millions d'années, la Pangée a commencé à se fragmenter, donnant naissance aux continents que nous connaissons aujourd'hui. Ce processus de dérive des continents, causé par les mouvements des plaques tectoniques, a profondément influencé la géographie, le climat et la biodiversité de l'Afrique.
Les géologues estiment que les continents sont amenés à s’assembler de nouveau pour former un nouveau supercontinent. Des simulations ont été faites, à l'aide de modèles climatiques, pour anticiper les tendances possibles en matière de température, de vent, de pluie et d'humidité pour ce futur supercontinent. Dans l'hypothèse d'une Pangea Ultima, les températures seraient appelées à augmenter, en raison de l'activité volcanique plus fréquente et d'un soleil plus brillant.
Traites Orientale et Atlantique : Deux Systèmes d'Esclavage Distincts
L'histoire de l'Afrique est marquée par la traite des esclaves, qui a pris deux formes principales : la traite orientale et la traite atlantique. Bien que les deux systèmes aient eu des conséquences dévastatrices pour le continent africain, ils présentent des différences importantes.
La traite orientale, qui s'est déroulée principalement au Moyen-Orient et en Asie, impliquait la déportation d'un plus grand nombre d'Africains que la traite atlantique. Cependant, la population servile en Orient n'était pas homogène, ni socialement ni "racialement". Elle comprenait, par exemple, des chrétiens, dont le nombre est estimé à plus d'un million entre 1500 et 1800.
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La traite atlantique, quant à elle, a été caractérisée par l'exploitation à grande échelle de productions agricoles, telles que la culture de la canne à sucre et du coton. Elle a également été marquée par une racialisation de l'esclavage, avec l'identification de la couleur de peau noire au statut d'esclave.
L'Islam et l'Afrique : Conquête, Commerce et Acculturation
L'expansion de l'islam en Afrique a été un processus complexe, marqué par la conquête militaire, le commerce et l'acculturation. Portée par la conquête militaire, la philosophie de l'islam exporte une conception de la société centrée sur la ville et le commerce - et sur la soumission des producteurs. L'État musulman conçoit le travail de la terre comme une servitude et ses agents comme des assujettis naturels.
La religion musulmane, au calendrier lunaire, est déconnectée des génies du lieu et des puissances de la fécondité. Au plan civil, le régime de parenté répond à la transmission d'un patrimoine et de valeurs représentés par le fonds de négoce, la succession instituant la dot et l'héritage des filles. Au plan religieux, la dématérialisation de l'ancestralité au profit d'une représentation anonyme et collective de la mort libère les fidèles pour des appartenances plus larges (idéalement l'appartenance à l'umma, la communauté des croyants).
L'introduction de l'islam au Soudan accompagne ainsi une mutation politique et civile sous l'influence d'échanges avec l'extérieur : acculturation et déplacement du mode de production. La pression religieuse, militaire et commerciale de l'islam sur les monarchies africaines - les royautés résistant à l'avancée religieuse ou militaire adoptant une étiquette de gouvernement influencée par les sultanats islamisés - les a ainsi profondément transformées, mobilisant une classe de lettrés, porteurs d'une idéologie du pouvoir qui sont devenus les principaux agents de l'administration royale et de l'introduction des valeurs islamiques.
Représentations Raciales et Stigmatisation
L'œkoumène musulman, rayonnant, à partir du Moyen-Orient - guerre, commerce et prosélytisme - sur l'Europe du sud, l'Afrique du nord, l'Afrique sahélienne, la côte swahilie, Madagascar, l'Inde, l'Indonésie et l'Extrême-Orient a permis à ses juristes d'élaborer une manière d'échelle raciale, souvent associée à un déterminisme du climat. Ainsi les traits physiques et culturels des populations noires sont-ils vus comme des conséquences de l'exposition continue au rayonnement solaire, d'où résultent la "faiblesse de l'intelligence et la soumission à une gaieté délirante".
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Dans cette échelle de la stigmatisation utilitaire, la visibilité constitue l'ineffaçable preuve de l'origine et de la fonction, l'importation massive d'esclaves noirs identifiant couleur et statut. Le mot 'abd, note Lewis, "finit par ne plus signifier qu'"homme noir", qu'il fût libre ou esclave.
L'Afrique dans la Cartographie Ancienne
Avant les avancées maritimes des Portugais et leurs établissements sur la côte de Guinée (Guinée : igginaw, mot d'origine berbère, signifie "noir"), l'Afrique n'est connue des Européens que par les récits des voyageurs arabes. Au bas Moyen âge, les esclaves noirs dont il est fait mention dans les archives viennent de la traite transsaharienne. En France méridionale, les esclaves sont dit provenir essentiellement des Monts de Barca ("de Monte de Barchis", "de Monte Barca in Berberia", "de natione Sarracenorum de Munt de Barques", "des Monts de Barbarie"), soit de la péninsule Cyrénaïque, terme des caravanes sahariennes.
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