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Les Actrices Françaises Enfantines Atteintes de Trisomie 21 : Briser les Barrières et Changer les Regards

L'industrie cinématographique française est en pleine transformation, ouvrant ses portes à une diversité croissante. Parmi ces évolutions positives, l'inclusion d'actrices atteintes de trisomie 21 gagne en visibilité, offrant des opportunités inédites et contribuant à changer les perceptions du handicap. Cet article met en lumière ces actrices talentueuses qui, par leur présence à l'écran, défient les stéréotypes et enrichissent le paysage audiovisuel français.

Mayane-Sarah El Baze : Une Révélation Étoilante

Mayane-Sarah El Baze, âgée de 19 ans, est l'une des figures emblématiques de cette nouvelle vague. Elle partage l'affiche du film Un p'tit truc en plus avec des acteurs renommés tels que Clovis Cornillac, Artus et Alice Bélaïdi. Ce n'est pas son premier essai, ayant déjà participé à une demi-douzaine de tournages de films et de séries.

Dans Un p'tit truc en plus, une comédie réalisée par Artus, Mayane incarne un personnage attachant au sein d'une colonie de vacances pour personnes atteintes de handicap. L'histoire suit deux cambrioleurs, interprétés par Artus et Clovis Cornillac, qui se cachent de la police en se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé.

Quelques heures avant une projection en avant-première à Valence, Mayane se prépare avec soin. "Là-haut c’est Artus avec moi et là c’est avec Clovis", raconte fièrement la comédienne en montrant les photos du tournage collées au mur de sa chambre. Sa mère témoigne de son évolution : "Il y a 3 ans, elle ne parlait à personne. Elle était très introvertie, vraiment. Elle change je trouve ça super. Le cinéma l’a fait changer, ce film l’a fait changer."

Artus, le réalisateur du film, souligne le charisme de Mayane : "Mayane, ce n’est pas l’image qu’on a en premier quand on imagine quelqu’un avec un p’tit truc en plus. Et du coup j’avais envie de ça, j’avais envie de ce côté girly. Elle est jeune, elle est timide. C’est une séductrice, Mayane, elle sait prendre la caméra, elle sait la regarder, elle sait mettre son bon profil, elle sait bien se placer."

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La performance de Mayane est saluée par une ovation du public à la fin du film, soulignant son charisme et son incroyable présence.

Danse avec les stars : Une Nouvelle Scène pour Mayane

Mayane ne se limite pas au cinéma. Elle est également connue pour ses chorégraphies endiablées et participe à Danse avec les stars. Elle est la première personne atteinte de trisomie 21 au monde à concourir dans cette émission.

Chaque semaine, elle enflamme le parquet de Danse avec les stars sur TF1, s'appropriant tous les styles de danse avec une facilité déconcertante. Elle envoie « valser » les idées reçues sur le handicap. Toujours en lice après huit primes, elle est l'une des personnalités phares de la 14e saison de « DALS ».

Dans un entretien accordé à Sept à huit (TF1), Mayane est revenue sur son parcours, évoquant le poids du regard de la société sur le handicap. Malgré les pronostics médicaux pessimistes, elle a défié toutes les attentes. « Ce n'est pas parce qu'on est trisomique qu'on ne sait rien faire. » « J'aime la danse parce que ça m'évade, je peux me laisser aller. »

Sa détermination et son énergie débordante impressionnent le jury de l'émission, qui loue sa « douceur », sa « détermination », sa « sincérité » et sa technique.

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De l'ombre à la lumière : Un Livre Témoignage

Mercredi prochain, à la FNAC de Valence, Mayane et sa mère Sandrine Thevenon dédicaceront leur livre De l’ombre à la lumière (HarperCollins). Un témoignage bouleversant d’amour et de résilience autour de la trisomie 21.

Dans cet ouvrage, Sandrine raconte son parcours de maman d’un enfant atteint de trisomie 21. Après six années d’attente, la grossesse de Sandrine semblait un miracle. Mais à la naissance, le diagnostic tombe : Mayane est trisomique. Les médecins dressent un tableau sombre de l'avenir de ce bébé de quelques jours, énumérant tout ce qu’elle ne pourra pas faire. Pourtant, la vie va démentir chaque pronostic.

Sandrine confie avoir écrit ce livre « pour laisser une trace à Mayane, pour changer le regard sur le handicap, et rendre hommage à son père » disparu alors que l'actrice était encore enfant. Ce témoignage à deux voix respire la tendresse et l’espoir. Ensemble, mère et fille rappellent que la différence est une richesse, et que l’amour est plus fort que les statistiques.

Clémence et le Film De Gaulle : Une Représentation Émouvante

Dans le film De Gaulle, Isabelle Carré incarne Yvonne de Gaulle, la femme de l'ancien président français. Le couple a eu trois enfants dont Anne, atteinte de trisomie 21 et décédée en 1948 à l'âge de 20 ans. Pour interpréter Anne, l'équipe du film a choisi Clémence, une jeune actrice de 11 ans atteinte, elle aussi, de trisomie 21.

Isabelle Carré témoigne de l'impact de Clémence sur le film : "On lui doit toutes ces scènes tellement justes et émouvantes du film. C'est vraiment un privilège de ce métier." Elle ajoute : "Pour être sincère, c'était vraiment cette partie là qui m'excitait le plus dans ce tournage. C'est vraiment un privilège de ce métier que de découvrir des mondes auxquelles on pourrait certes avoir accès mais pas de cette façon là, pas d'une façon aussi profonde, et aussi liée aux sentiments, aux émotions."

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Le film s'intéresse à une petite partie de la vie du général et commence en mai 1940. Il dépeint des moments intimes de la vie du couple de Gaulle et s'intéresse aussi à leur fille Anne. Isabelle Carré se souvient que toutes les scènes n'étaient pas forcément faciles à tourner pour la petite Clémence. Comme cette scène dans la cale d'un bateau avec "toute la fumée, les figurants en costumes, certains ensanglantés… C'était très impressionnant pour Clémence. Il fallait donc la rassurer", explique l'actrice.

Clémence "ne pouvait pas apprendre de texte, ni faire vraiment d'improvisation". "À chaque fois, c'était l'inconnu, on se jetait dans les scènes en ne sachant pas comment elle allait réagir, comment ça allait se passer", se remémore Isabelle Carré. "On doit à Clémence une grande vérité du film."

Isabelle Carré a donc dû remettre la jeune actrice trisomique "sur les rails du scénario" quand elle le pouvait. "Parfois, elle avait envie de rester là où la caméra avait prévu de filmer et parfois, pas du tout", se souvient-elle avec bienveillance. Clémence n'avait pas de coach sur le tournage, c'est donc sa mère qui a aidé l'équipe du film. "Elle lui avait un peu raconté le scénario et Clémence savait qu'elle avait une scène où elle devait répéter 'Non, non, non'. Et elle voulait vraiment jouer cette scène, ça l'amusait beaucoup d'être en opposition. Et pendant plusieurs jours on y a eu droit alors que ce n'était pas le bon jour", raconte Isabelle Carré.

"En fait les enfants trisomiques ont cette qualité émouvante et belle qui est qu'ils ne savent pas mentir. Ils sont dans le présent. Le temps est compliqué pour eux. Souvent elle demandait 'et après ?'. C'était une façon de se rassurer et de se sentir cadrée", se souvient-elle.

Marie Dal Zotto : De la Scène au Téléfilm Mention particulière

Née à Grenoble, Marie Dal Zotto fait du théâtre depuis qu'elle a 14 ans via le collectif d'artistes Apethi. Atteinte de trisomie 21, elle alterne les instituts médico-éducatifs et l'école ordinaire, puis effectue plusieurs stages avant de trouver un emploi dans un établissement d'aide pour le travail. Parallèlement, la jeune femme rêve de devenir actrice.

En 2017, Marie Dal Zotto est choisie pour se glisser dans la peau de l'héroïne de Mention particulière, un téléfilm qui suit le quotidien de Laura, une jeune femme trisomique de 20 ans qui décide de passer le bac en candidat libre. Jour après jour, épreuve après épreuve, elle va devoir se battre pour obtenir la chance de vivre la vie qu'elle souhaite.

Pour l'occasion, la native de Grenoble côtoie Bruno Salomone et Hélène de Fougerolles qui jouent ses parents, et reçoit, pour sa prestation bouleversante, le prix du jeune espoir féminin Adami au festival de La Rochelle. La comédienne les retrouve trois ans plus tard dans la suite de ce téléfilm, Mention particulière : Bienvenue dans l'âge adulte.

Naomi et Apprendre à t'aimer : Un Téléfilm Qui Change les Regards

Dans le téléfilm Apprendre à t'aimer, Naomi, une jeune fille atteinte de trisomie 21, joue un rôle important aux côtés d'Ary Abittan et Julie de Bona. Sa mère, Marjolaine, n'avait jamais imaginé que sa fille jouerait un jour dans un téléfilm.

Stéphanie Pillonca, la réalisatrice, a contacté directement Marjolaine via internet. "J'étais très étonnée. À la fois, une réalisatrice qui veut parler de la trisomie 21, ça nous a tout de suite enthousiasmé. Et en même temps nous avions besoin de savoir comment se passait concrètement un tournage pour savoir si on embarquait Naomi là-dedans."

Ary Abittan et Julie de Bona sont venus chez eux, avec Stéphanie quelques jours avant le début du tournage. Stéphanie Pillonca dit qu'elle a réalisé ce téléfilm comme un documentaire. "Naomi n'a été ni pressée, ni stressée."

"Apprendre à t'aimer" est un téléfilm incroyable qui change le regard qu'on porte sur les enfants et adultes atteint de trisomie 21. "Ça nous a touché de voir que Naomi pouvait être aussi appréciée par cette équipe de tournage (réalisatrice, acteurs, où bien technique) comme elle est. Naomi est très aimée dans son quotidien mais c'était touchant de voir des personnes qui la côtoyaient dans un cadre professionnel, s'attacher à elle."

Une phrase du film dit "les enfants atteint de trisomie 21 n'ont pas quelque chose en moins mais un chromosome en plus". Naomi est une petite fille merveilleuse. C'est une petite fille à laquelle on s'attache facilement: elle est joyeuse, communicante, un peu coquine et surtout elle aime être avec les autres.

Le plus beau souvenir sur le tournage est le matin où une troupe de danse inclusive est venue pour une scène du film. Tout le monde s'est laissé saisir par la beauté de ce moment.

Marjolaine espère que Naomi continue de s'épanouir, que dans les années à venir l'école et la société lui fassent toujours une place. Participer à ce tournage est une performance artistique pour Naomi mais peut etre un engagement pour vous également. "On est ravis et touchés que M6 ait choisi de dédier toute une soirée à ce sujet. Et oui , c'est un engagement pour nous. On espère que cette soirée va contribuer à faire changer les regards sur la trisomie 21 et le handicap de façon générale. On pense qu'Apprendre à t'aimer va vraiment contribuer à cela."

L'Impact Culturel et Social

Ces actrices, par leur talent et leur présence médiatique, contribuent à une meilleure représentation des personnes atteintes de trisomie 21. Elles brisent les stéréotypes, sensibilisent le public et encouragent l'inclusion dans tous les domaines de la société.

Les réactions du public et des professionnels du cinéma témoignent d'un changement positif dans les mentalités. Les films et les émissions de télévision qui mettent en scène des acteurs handicapés sont de plus en plus appréciés pour leur authenticité et leur capacité à émouvoir.

Cependant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il est essentiel de continuer à soutenir ces initiatives et à promouvoir une représentation plus diversifiée et réaliste du handicap dans les médias.

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