L'industrie cinématographique française connaît une transformation progressive mais significative en termes d'inclusion et de diversité. Parmi les figures emblématiques de ce changement, on trouve des actrices enfantines atteintes de trisomie 21, qui non seulement captivent le public par leur talent, mais aussi contribuent à une représentation plus authentique et inclusive du handicap. Cet article explore le parcours de ces jeunes femmes, leurs réalisations, et l'impact de leur présence dans le monde du cinéma et de la télévision.
Mayane-Sarah El Baze : Une Étoile Montante
Mayane-Sarah El Baze, âgée de 20 ans, est l'une des figures les plus en vue de cette nouvelle vague d'actrices. Elle est désormais aussi connue pour ses chorégraphies endiablées que pour son jeu d'actrice. Elle a fait sensation en tant que première personne porteuse de trisomie 21 au monde à concourir dans "Danse avec les stars". Chaque semaine, elle enflamme le parquet de Danse avec les stars sur TF1. Sa participation à la 14e saison de « DALS » est un moment phare, où elle s'approprie tous les styles avec une facilité déconcertante, envoyant « valser » les idées reçues sur le handicap.
Parcours et Détermination
Née avec la trisomie 21, Mayane a défié les pronostics médicaux dès son plus jeune âge. Les médecins avaient annoncé qu'elle ne marcherait pas avant 7 ans, mais elle l'a fait à 21 mois. On lui prédisait qu'elle ne saurait ni lire ni écrire, mais elle a prouvé le contraire. Elle a découvert sa passion pour la danse grâce à sa mère, qui l'a initiée à la danse classique dès son enfance. « J'aime la danse parce que ça m'évade, je peux me laisser aller », confie-t-elle.
Sa détermination et son énergie débordante sont ses plus grandes forces. Elle s'entraîne trois à cinq heures par jour, et selon ses dires, « c'est lui (Christophe Licata, ndlr) qui est fatigué, pas moi, sourit Mayane. Je suis infatigable ! » Cette ténacité est saluée par le jury de l'émission, qui loue sa « douceur », sa « détermination », sa « sincérité », et sa technique.
"Un P’tit Truc en Plus" : Révélation Cinématographique
Avant de briller sur le parquet de "Danse avec les stars", Mayane-Sarah El Baze s'est fait connaître grâce à la comédie "Un p'tit truc en plus", réalisée par Artus. Elle partage l'affiche avec Clovis Cornillac, Artus et Alice Bélaïdi. Dans ce film, elle incarne une jeune femme pleine de charme et de talent, contribuant à changer les perceptions sur le handicap.
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Le film raconte l'histoire de deux cambrioleurs qui, pour échapper à la police, se réfugient dans une colonie de vacances pour jeunes adultes handicapés. Mayane y incarne un rôle qui met en lumière sa spontanéité et son talent naturel. Lors d'une projection en avant-première à Valence, elle a partagé son expérience avec enthousiasme, entourée de l'équipe du film.
Artus, le réalisateur, souligne : "Mayane, ce n’est pas l’image qu’on a en premier quand on imagine quelqu’un avec un p’tit truc en plus. Et du coup j’avais envie de ça, j’avais envie de ce côté girly. Elle est jeune, elle est timide. C’est une séductrice, Mayane, elle sait prendre la caméra, elle sait la regarder, elle sait mettre son bon profil, elle sait bien se placer."
Impact et Réactions
Depuis le lancement de la saison 14 de Danse avec les stars, Mayane fait son chemin aux côtés du danseur Christophe Licata. Ses prestations sont largement saluées sur les réseaux sociaux par sa communauté de fans qui ne cesse de grandir.
De nombreux témoignages soulignent l'impact positif de sa présence à l'écran. « Quand j’ai su qu’il y avait Mayane dans Danse avec les stars, j’ai regardé l’émission. J’ai aussi vu Un p’tit truc en plus deux fois. Chaque vendredi, j’attends ses passages avec impatience. J’aimerais bien qu’elle aille très loin et j’encourage mes amis à la suivre. Pour moi, elle est une candidate comme les autres. J’ai les yeux qui pétillent quand elle danse dans ses costumes magnifiques. Je me vois un peu quand je vois Mayane. Pourtant même si j’aime bien danser, je ne danse pas comme elle ! Elle prouve que nous, personnes porteuses de trisomie 21, sommes capables de plein de choses. Je regarde les visages des membres du jury. Ils sont impressionnés par ce qu’elle fait. Certains disent qu’ils sont plus indulgents avec elle… Quel est le problème ? »
Une autre maman d’une fillette porteuse de trisomie 21 ajoute : « Je connais Mayane depuis un petit moment. Elle m’a fait la joie de porter un tee-shirt Ouais et alors au festival de Cannes. Quand j’ai appris sa participation à cette émission, j’ai vu cela comme quelque chose de très positif. C’est un signal fort, un grand pas en avant. Pendant longtemps, on a caché la trisomie 21. Que de chemin parcouru ! Mayane prouve qu’elle ne se laisse pas enfermer dans les clichés qu’on projette sur elle. Elle danse depuis des années. Sa maman s’est toujours battue pour qu’elle ait un vrai suivi d’orthophonie. Elle a toujours voulu mettre la barre haut pour elle. En tant que maman d’une fillette porteuse de trisomie 21, je suis heureuse de pouvoir montrer à son enseignant, par exemple, le potentiel de ces enfants. Faire comprendre qu’ils ont toute leur place en milieu ordinaire. Je sens que quelque chose est en marche. »
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"Mayane de l’ombre à la lumière" : Un Récit Inspirant
Mayane et sa mère Sandrine Thevenon ont co-écrit un livre intitulé "Mayane de l’ombre à la lumière" (HarperCollins). Un témoignage bouleversant d’amour et de résilience autour de la trisomie 21. Sandrine raconte son parcours de maman d’un enfant atteint de trisomie 21. Après six années d’attente, la grossesse de Sandrine semblait un miracle. Mais à la naissance, le diagnostic tombe : Mayane est trisomique. Les médecins dressent un tableau sombre de l'avenir de ce bébé de quelques jours, énumérant tout ce qu’elle ne pourra pas faire. Pourtant, la vie va démentir chaque pronostic. Sandrine confie avoir écrit ce livre « pour laisser une trace à Mayane, pour changer le regard sur le handicap, et rendre hommage à son père » disparu alors que l'actrice était encore enfant. Ce témoignage à deux voix respire la tendresse et l’espoir. Ensemble, mère et fille rappellent que la différence est une richesse, et que l’amour est plus fort que les statistiques.
Clémence : Apporter de la Vérité à l'Écran
Clémence, une jeune actrice de 11 ans atteinte de trisomie 21, a interprété le rôle d'Anne de Gaulle, la fille du général de Gaulle, dans le film "De Gaulle". Son interprétation a été saluée pour sa justesse et son émotion. Isabelle Carré, qui joue le rôle d'Yvonne de Gaulle, a souligné l'importance de Clémence pour le film.
Expérience de Tournage
Isabelle Carré a partagé des anecdotes sur le tournage avec Clémence, expliquant que toutes les scènes n'étaient pas faciles pour elle. "Comme cette scène dans la cale d'un bateau avec toute la fumée, les figurants en costumes, certains ensanglantés… C'était très impressionnant pour Clémence. Il fallait donc la rassurer", explique l'actrice.
Clémence ne pouvait pas apprendre de texte ni faire d'improvisation. "À chaque fois, c'était l'inconnu, on se jetait dans les scènes en ne sachant pas comment elle allait réagir, comment ça allait se passer", se remémore Isabelle Carré. Malgré ces défis, l'équipe a su s'adapter et tirer le meilleur de Clémence.
Vérité et Authenticité
Isabelle Carré souligne que Clémence a apporté une grande vérité au film. "En fait les enfants trisomiques ont cette qualité émouvante et belle qui est qu'ils ne savent pas mentir. Ils sont dans le présent. Le temps est compliqué pour eux. Souvent elle demandait 'et après ?'. C'était une façon de se rassurer et de se sentir cadrée", se souvient-elle.
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L'absence de coach sur le tournage a été compensée par le soutien de sa mère, qui a aidé l'équipe à comprendre et à accompagner Clémence. "Elle lui avait un peu raconté le scénario et Clémence savait qu'elle avait une scène où elle devait répéter 'Non, non, non'. Et elle voulait vraiment jouer cette scène, ça l'amusait beaucoup d'être en opposition. Et pendant plusieurs jours on y a eu droit alors que ce n'était pas le bon jour", raconte Isabelle Carré.
Marie Dal Zotto : Pionnière du Rôle Principal
Marie Dal Zotto est une autre actrice française atteinte de trisomie 21 qui a marqué les esprits. Elle a été choisie pour incarner le rôle principal dans le téléfilm "Mention particulière", où elle joue Laura, une jeune femme trisomique qui décide de passer le bac en candidat libre.
"Mention Particulière" : Un Rôle Sur Mesure
Dans "Mention particulière", Marie Dal Zotto partage l'affiche avec Bruno Salomone et Hélène de Fougerolles, qui jouent ses parents. Le téléfilm suit le parcours de Laura, qui se bat pour obtenir la chance de vivre la vie qu'elle souhaite. Pour sa prestation, Marie a reçu le prix du jeune espoir féminin Adami au festival de La Rochelle. La comédienne les retrouve trois ans plus tard dans la suite de ce téléfilm, Mention particulière : Bienvenue dans l'âge adulte.
Parcours et Engagement
Marie Dal Zotto fait du théâtre depuis l'âge de 14 ans via le collectif d'artistes Apethi. Elle a alterné les instituts médico-éducatifs et l'école ordinaire, puis a effectué plusieurs stages avant de trouver un emploi dans un établissement d'aide pour le travail. Son rêve de devenir actrice s'est concrétisé grâce à sa détermination et à son talent.
Naomi : Une Belle Aventure Surprise
Naomi est une autre jeune actrice atteinte de trisomie 21 qui a participé au téléfilm "Apprendre à t'aimer". Sa participation a été une belle aventure surprise pour sa famille. Sa mère, Marjolaine, a été contactée directement par la réalisatrice Stéphanie Pillonca via internet.
Expérience de Tournage Positive
Marjolaine raconte que le tournage a été une expérience très agréable pour Naomi. "Je ne sais pas si tous les tournages se ressemblent mais ce tournage était très agréable. L'équipe de Stéphanie est habituée au handicap après l'avoir justement accompagnée sur plusieurs documentaires et ça se voit. Naomi n'a été ni pressée, ni stressée."
La participation de Naomi au film a permis de changer le regard que l'on porte sur les enfants et adultes atteints de trisomie 21. "Ça nous a touché de voir que Naomi pouvait être aussi appréciée par cette équipe de tournage (réalisatrice, acteurs, où bien technique) comme elle est. Naomi est très aimée dans son quotidien mais c'était touchant de voir des personnes qui la côtoyaient dans un cadre professionnel, s'attacher à elle."
Message du Film
Une phrase du film dit "les enfants atteints de trisomie 21 n'ont pas quelque chose en moins mais un chromosome en plus". Naomi est décrite comme une petite fille merveilleuse, joyeuse, communicante, un peu coquine et surtout elle aime être avec les autres.
Impact Sociétal et Évolution des Mentalités
La présence de ces actrices dans le cinéma et la télévision a un impact profond sur la société. Elles contribuent à changer les mentalités, à briser les stéréotypes, et à promouvoir une vision plus inclusive du handicap.
Changer les Regards
Ces jeunes femmes prouvent que les personnes atteintes de trisomie 21 sont capables de réaliser de grandes choses, de s'épanouir professionnellement, et de vivre pleinement leur passion. Elles inspirent d'autres personnes atteintes de handicap à poursuivre leurs rêves et à ne pas se laisser limiter par les préjugés.
Représentation et Visibilité
En apparaissant à l'écran, elles offrent une visibilité précieuse à la trisomie 21, permettant au grand public de mieux comprendre cette condition et de développer une empathie envers les personnes qui en sont atteintes. Elles montrent que la différence est une richesse et que chacun a sa place dans la société.
Encourager l'Inclusion
Leur succès encourage l'industrie cinématographique à être plus inclusive et à offrir davantage de rôles aux acteurs et actrices atteints de handicap. Cela contribue à une représentation plus réaliste et diversifiée de la société à l'écran, ce qui est essentiel pour lutter contre les discriminations et promouvoir l'égalité des chances.
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