Loading...

Action en Revendication de Paternité : Conditions et Procédure

En matière de filiation, le lien entre l’enfant et les parents s’établit principalement par une reconnaissance effectuée auprès de l’officier d’état civil. Cependant, les conflits de filiation sont fréquents. Afin de protéger l’intérêt supérieur de l’enfant, il est essentiel de connaître les droits et procédures pour agir en cas de refus de reconnaissance ou de contestation de paternité. Cet article détaille les conditions et la procédure relatives à l'action en revendication de paternité en droit français.

Établissement de la filiation paternelle

Présomption de paternité

La loi prévoit une présomption de filiation paternelle, stipulée à l'article 312 du Code civil, lorsque l’enfant est conçu ou né pendant le mariage. Cette présomption facilite l'établissement de la filiation pour les enfants nés au sein d'un couple marié.

Possession d’état

La filiation peut également être établie par la possession d’état (article 311-1 du Code civil). Cela se produit lorsque le père a élevé l’enfant durant toute sa vie, même sans reconnaissance officielle. La possession d’état est un ensemble de faits non biologiques qui démontrent le lien de filiation.

Contestation de paternité

Définition

La contestation de paternité est une action en justice visant à démontrer l'absence de lien de filiation entre l'enfant et son parent officiel. Le plus souvent, c'est la paternité qui est contestée. Pour contester la maternité, il faut apporter la preuve que la femme désignée par l'acte de naissance comme étant la mère n'a pas accouché de l'enfant.

Conditions de contestation

Les conditions de contestation de la filiation varient selon l'investissement du parent dans l'éducation de l'enfant.

Lire aussi: Choisir les meilleures Couches Piscine Action

Père participant à l'éducation de l'enfant depuis plus de 5 ans

Si le père participe à l'éducation de l'enfant depuis plus de cinq ans ou y a participé pendant plus de cinq ans, seul le ministère public peut contester le lien de filiation dans les cas de fraude à la loi (par exemple, fraude à l'adoption ou grossesse pour le compte d'autrui) ou d'indices qui rendent la filiation invraisemblable (par exemple, reconnaissance par une personne bien trop jeune pour être le père de l'enfant). Dans les autres cas, le lien de filiation n'est pas contestable.

Père participant à l'éducation de l'enfant depuis moins de 5 ans

Lorsque le père participe (ou a participé) à l'éducation de l'enfant depuis moins de cinq ans, les personnes suivantes peuvent contester la filiation établie par l'acte de naissance :

  • Père désigné dans l'acte de naissance
  • Mère désignée dans l'acte de naissance
  • Personne qui se prétend être le véritable parent
  • Enfant lui-même à compter de sa majorité

Le ministère public peut aussi contester la filiation dans les cas de fraude à la loi ou d'indices qui rendent la filiation invraisemblable.

Père ne participant pas à l'éducation de l'enfant

Si le père ne participe pas (ou n'a pas participé) du tout à l'éducation de l'enfant, toute personne ayant un intérêt légitime peut contester la filiation entre le père figurant dans l'acte de naissance ou de reconnaissance et l'enfant. Par exemple, un héritier du père. Le ministère public peut également contester le lien de filiation en cas de fraude à la loi ou d'indices qui rendent la filiation invraisemblable.

Délais de contestation

Les délais de contestation de la filiation varient également selon l'investissement du parent dans l'éducation de l'enfant.

Lire aussi: Attache tétine : un accessoire indispensable ?

Père participant à l'éducation de l'enfant depuis plus de 5 ans

Dans ce cas, il n'est pas possible de contester le lien de filiation.

Père participant à l'éducation de l'enfant depuis moins de 5 ans

Le lien de filiation peut être contesté dans un délai de cinq ans à compter du jour où les relations parent/enfant ont cessé, par exemple en cas de décès du père. Si c'est l'enfant qui conteste sa filiation, il peut agir dans un délai de cinq ans à partir de la date de ses 18 ans, soit jusqu'à ses 23 ans.

Père ne participant pas à l'éducation de l'enfant

La contestation peut être engagée dans un délai de dix ans à compter de la date de naissance ou de reconnaissance. Si c'est l'enfant qui conteste sa filiation, il peut agir dans un délai de dix ans à partir de la date de ses 18 ans, soit jusqu'à ses 28 ans.

Preuve de la non-paternité

La paternité peut être contestée en rapportant la preuve que l'homme mentionné dans la déclaration de naissance ou qui a fait la reconnaissance n'est pas le père biologique de l'enfant. Tous les moyens de preuve sont possibles. Une expertise biologique (test de paternité) est le plus souvent ordonnée par le juge. Le refus de s'y soumettre peut être interprété par le juge comme un aveu de paternité ou, selon le cas, de non-paternité. L'expertise biologique post mortem est possible uniquement si la personne avait donné son accord exprès de son vivant.

Procédure judiciaire

Tribunal compétent et représentation

L'action en contestation d'une filiation se déroule devant le tribunal judiciaire. Le recours à un avocat est obligatoire. Si l'enfant est mineur, il doit être représenté par un administrateur ad hoc quand ses intérêts sont en contradiction avec ceux de ses représentants légaux (c'est-à-dire son ou ses parents).

Lire aussi: Choisir la meilleure veilleuse pour bébé

Conséquences de la contestation réussie

Quand la filiation contestée est remise en cause par le juge, les conséquences sont les suivantes :

  • Annulation rétroactive du lien de filiation
  • Mise à jour automatique des actes d'état civil concernés
  • Disparition des droits et obligations du parent dont la filiation est annulée (autorité parentale, obligation alimentaire, etc.).

L'annulation de la filiation peut entraîner le changement de nom de l'enfant mineur. Si l'enfant est majeur, le changement de nom est possible uniquement avec son consentement. Dans l'intérêt de l'enfant, le juge peut organiser les conditions de relations avec la personne qui l'élevait auparavant, pour préserver les liens affectifs existants.

Action en recherche de paternité

Fondement juridique

L’article 327 du Code civil stipule que « la paternité hors mariage peut être judiciairement déclarée ». Cette action permet à un enfant d'établir juridiquement sa filiation paternelle lorsque le père présumé refuse de le reconnaître volontairement.

Conditions et recevabilité

L'action en recherche de paternité est réservée à l'enfant. Le parent, même mineur, à l’égard duquel la filiation est établie a, pendant la minorité de l’enfant, seul qualité pour exercer l’action en recherche de maternité ou de paternité. Si aucun lien de filiation n’est établi ou si ce parent est décédé ou dans l’impossibilité de manifester sa volonté, l’action est intentée par le tuteur conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 408. L'action est exercée contre le parent prétendu ou ses héritiers. A défaut d'héritiers ou si ceux-ci ont renoncé à la succession, elle est dirigée contre l'Etat. Les héritiers renonçants sont appelés à la procédure pour y faire valoir leurs droits.

Preuve de la paternité

La paternité judiciairement établie sur le fondement de l’article 327 du Code civil implique seulement de rapporter la preuve que le défendeur à l’action est le géniteur de l’enfant. La preuve biologique est donc primordiale.

Arguments rejetés par la justice

Certains arguments avancés pour contester une action en recherche de paternité ont été rejetés par la justice. Par exemple, l'argument selon lequel un homme ne souhaitait pas avoir d'enfant et que la relation intime était protégée (sauf une fois) n'est pas recevable. La cour a rappelé qu'il est de l'intérêt de l'enfant de voir sa filiation établie de manière certaine à l'égard de son père et qu'il est constant que Monsieur X est le père de l'enfant.

Égalité des sexes et paternité

L'argument de l'égalité des sexes, invoquant une parité dans la fécondité et la possibilité de recourir à la procédure de géniteur sous X, a également été rejeté. La justice française privilégie la vérité biologique pour déclarer judiciairement la paternité, les autres circonstances étant considérées comme indifférentes.

Questions fréquentes

Puis-je reconnaître un enfant qui n’est pas le mien ?

Seul le parent biologique a le droit de reconnaître l’enfant.

Quand dois-je reconnaître l’enfant ?

Il est possible de faire une reconnaissance prénatale, donc avant la naissance de l’enfant. Elle sera alors confirmée lors de la naissance. On peut aussi faire cette reconnaissance par acte notarié et il est même possible dans ce cas de demander le secret de cette reconnaissance.

Peut-on me forcer à reconnaître un enfant ?

Oui, absolument. La mère peut, au nom de l’enfant faire une procédure en reconnaissance de paternité forcée. Un test ADN sera alors ordonné. La mère a un délai de 10 ans à compter de la naissance de l’enfant, après elle ne peut plus agir.

La mère peut-elle m’interdire de reconnaître mon enfant ?

Non, mais attention, il ne pourra pas demander de test ADN sur une personne décédée.

Comment savoir d’abord si c’est mon enfant ?

En France, il est illégal de faire un test ADN sans qu’il ait été ordonné par le tribunal. Toutefois, les tests ADN sont libres dans de nombreux pays frontaliers de la France, vous pouvez si vous le souhaitez, vous rendre dans l’un de ces pays avec l’enfant et faire le test.

Reconnaître un enfant est-il irrévocable ?

Reconnaître un enfant, c’est faire l’aveu de sa paternité et s’engager pour l’avenir. C’est un acte irrévocable, vous ne pouvez donc pas vous rétracter par votre seule volonté, il va falloir faire une procédure en justice en contestation de paternité étant précisé d’une part qu’il y a des délais, d’autre part cela peut être refusé si le tribunal considère que c’est contraire à l’intérêt de l’enfant. Vous avez un délai de 10 ans pour faire cette procédure, à compter de la date à laquelle vous avez reconnu l’enfant.

tags: #action #en #revendication #de #paternité #conditions

Articles populaires:

Share: