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Accouchement Déclenché et Allaitement : Conseils et Soutien pour une Maternité Sereine

Longtemps considérée comme un domaine féminin sacré, la gynécologie et la grossesse ont vu l'arrivée des sciences et des hommes démystifier ce savoir ancestral. Cependant, l'importance du rôle des femmes dans la maternité et l'allaitement reste indéniable. Cet article explore les aspects du déclenchement de l'accouchement et de l'allaitement, offrant des conseils pour une expérience positive et éclairée.

Le Déclenchement de l'Accouchement : Quand et Comment ?

Le déclenchement artificiel des contractions utérines peut être proposé pour des raisons médicales ou, dans certaines conditions, pour des raisons de convenance. Il est crucial de comprendre les indications, les méthodes et les aspects émotionnels liés à cette intervention.

Raisons Médicales du Déclenchement

Le déclenchement pour raisons médicales est envisagé lorsque la poursuite de la grossesse est susceptible d'avoir une incidence négative sur la santé de la mère et/ou du bébé. Les situations suivantes peuvent nécessiter un déclenchement :

  • Dépassement du terme : Si la grossesse dépasse de plus de 6 jours la date prévue du terme ou si le corps médical juge qu'il y a un risque pour l'enfant ou la mère. Le dépassement de terme peut constituer un risque pour l’enfant. C’est pour cette raison que, si vous n’avez pas accouché à la date prévue du terme, on vous a proposé une surveillance régulière et éventuellement un déclenchement.
  • Rupture prématurée de la poche des eaux : Le déclenchement artificiel est généralement entrepris dans un délai maximum de 2 jours après la rupture des membranes, car le risque infectieux pour le bébé augmente considérablement. La rupture prématurée de la poche des eaux avant le début du travail peut parfois entraîner une infection chez l’enfant.
  • Diabète insulinodépendant : La conduite à tenir relève d’une décision pluridisciplinaire au cas par cas.
  • Grossesses gémellaires : La mortalité périnatale est augmentée après 39 SA. On ne dispose pas de suffisamment de données permettant de formuler une appréciation sur les avantages ou les risques du déclenchement artificiel du travail, en cas de retard de croissance intra-utérin à terme.

Déclenchement pour Raisons de Convenance

En France, les accouchements ne sont pas programmés par « confort » pour la femme enceinte, mais bien pour éviter les complications de grossesse. À titre d’exemple, le déclenchement de l’accouchement est souvent programmé dans le cadre des grossesses gémellaires ou multiples qui présentent plus de risques que les grossesses « classiques ». Un antécédent d’accouchement rapide (< 2 heures) peut être une indication de déclenchement du travail à partir de 39 SA si le col est favorable. Néanmoins, ce type d’accouchement artificiel ne peut être pratiqué que si les conditions médicales et techniques à sa réalisation sont réunies : grossesse avancée à 39 semaines minimum (8 mois et demi) utérus non cicatriciel col favorable (col ramolli et un peu ouvert). Il est important de préciser que, jusqu’au dernier moment, la future mère garde le droit de refuser le déclenchement de son accouchement. Si vous avez demandé un déclenchement de convenance, vous pouvez changer d’avis tant que le déclenchement n’est pas commencé.

Méthodes de Déclenchement

Plusieurs techniques sont utilisées pour provoquer l'accouchement en stimulant les contractions utérines. C'est au médecin gynécologue que revient la décision finale du choix de la méthode employée. Il devra toutefois en informer sa patiente et lui expliquer son fonctionnement, ses avantages et ses inconvénients. Pour déclencher le travail, on dispose de deux méthodes, l’administration intravaginale d’un gel de prostaglandines et la perfusion intraveineuse d’ocytocine associée à une rupture de la poche des eaux. Ces deux méthodes peuvent être employées seules ou successivement. Lorsqu’il y a une indication médicale pour provoquer un accouchement, le déclenchement peut être envisagé quel que soit l’état du col. Si le col est fermé, on fera une application de prostaglandines par voie vaginale.

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  • Le décollement des membranes : Cette méthode consiste à décoller doucement la membrane qui compose le sac amniotique de la paroi de l’utérus. Le médecin ou la sage-femme introduit un doigt à l’intérieur du col utérin. Chez certaines femmes enceintes, la technique s’avère particulièrement efficace et déclenche des contractions dans les 48h suivant la manipulation. Pour d’autres, en revanche, le décollement des membranes occasionne des douleurs, une sensation d’inconfort, voire des saignements. Il est à noter que l’on doit toujours vous demander votre consentement et qu’on ne peut pas procéder à cette méthode sans vous avoir consulté au préalable.
  • La rupture artificielle des membranes : Lorsque le bébé est engagé dans le col utérin dilaté à 2 cm minimum, le médecin gynécologue-obstétricien peut décider de procéder à une rupture des membranes, autrement dit de rompre la fameuse « poche des eaux ». Après avoir déterminé son positionnement, le praticien utilise une sorte de petit crochet pour « trouer » la membrane. Si la procédure peut s’avérer inconfortable pour la future maman, elle n’est en revanche pas douloureuse et permet bien souvent de déclencher des contractions dans les heures qui suivent.
  • Le déclenchement de l’accouchement avec des prostaglandines : Cette méthode est assez couramment employée chez les femmes enceintes dont le col utérin reste totalement fermé ou très peu ouvert. Les prostaglandines font, en effet, partie des hormones sécrétées par l’organisme au cours de l’accouchement. Pour démarrer le travail et préparer le col, des prostaglandines de synthèse sont donc introduites au sein du col. Après avis de l’équipe médicale, le déclenchement de l’accouchement peut ainsi être opéré au moyen d’un gel ou d’un tampon imbibé par l’hormone. Par son action, le dispositif va contribuer à la maturation et au raccourcissement du col de l’utérus. L’utilisation des prostaglandines E2 est préférable à l’utilisation de l’ocytocine pour le déclenchement du travail quand le col est immature. Le misoprostol (prostaglandine E1) et la mifépristone n’ont pas d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le déclenchement artificiel du travail. En cas de déclenchement par les prostaglandines E2 en application vaginale, un monitorage fœtal continu doit être réalisé pendant au moins 2 heures.
  • Le déclenchement de l’accouchement par ballon : Pour cette technique, le professionnel de santé utilise un ballonnet. Celui-ci est placé au niveau du col utérin où il sera délicatement gonflé avec de l’eau stérilisée. Le ballon ainsi positionné va exercer une pression sur le col, ce qui va favoriser mécaniquement sa dilatation et son effacement. Cette technique n’est généralement pas douloureuse. Certaines femmes rentrent même chez elles avec le dispositif en place en attendant que le travail débute, ce qui peut prendre plusieurs heures. Cette méthode n'est pas recommandée en routine dans le déclenchement artificiel du travail d'après la HAS1. L’utilisation de la sonde de Foley n’est pas recommandée en routine dans le déclenchement artificiel du travail.
  • Le déclenchement de l’accouchement avec de l’ocytocine : Après le déclenchement de l’accouchement par ballon, rupture des membranes ou gel de prostaglandines, les médecins disposent d’une dernière arme pour engager le travail : l’ocytocine. Cette hormone naturellement produite par l’organisme de la femme enceinte au moment de l’accouchement déclenche les contractions de l’utérus. Pour un déclenchement artificiel, l’ocytocine de synthèse est administrée par voie intraveineuse. Les médecins ont recours à des doses minimes, car l’hormone peut provoquer des contractions très intenses et particulièrement douloureuses chez certaines femmes. C’est la raison pour laquelle une surveillance accrue et un monitorage attentif du bébé seront mis en œuvre. La pratique du déclenchement entraîne, dès le début du travail, la nécessité d’un monitorage fœtal continu, et généralement des contractions de forte intensité qui peuvent être plus douloureuses qu’un début de travail spontané. Dans l’accouchement déclenché, comme dans l’accouchement spontané, il peut se produire des contractions excessives de l’utérus ou un arrêt de la dilatation du col qui nécessite une césarienne. La dose maximum recommandée d’ocytocine est de 20 milli-unités par minute. Chez les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs), le déclenchement du travail par l’ocytocine peut être associé à une augmentation du risque de rupture utérine. Un déclenchement artificiel du travail, pour une indication maternelle oufœtale, peut s’avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel. Le déclenchement artificiel du travail reste une option raisonnable, mais le risque potentiel de rupture utérine qui y est associé doit être discuté avec la patiente.

Aspects Émotionnels et Psychologiques

Le déclenchement de l’accouchement peut susciter des préoccupations émotionnelles pour certaines futures mamans. L’inquiétude liée à la douleur, la déception de ne pas vivre un accouchement spontané ou l’incertitude concernant le processus sont des sentiments fréquents. Le soutien de l’entourage et de l’équipe médicale joue un rôle essentiel pour atténuer ces craintes et aider les mères à se sentir rassurées et en sécurité. Si cet acte reste à l’appréciation des professionnels de santé, aucune décision ne sera prise sans discussion préalable avec la future mère. Elle sera donc en mesure de poser toutes les questions qu’elle souhaite. Demande ou accord de la patiente, et information des modalités et des risques potentiels.

Allaitement : Favoriser un Démarrage Réussi

L'allaitement est un processus naturel et bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant. Cependant, il peut être influencé par le déclenchement de l'accouchement et nécessite une attention particulière pour un démarrage réussi.

Impact du Déclenchement sur l'Allaitement

Certaines femmes témoignent d'un allaitement idyllique après un déclenchement, tandis que d'autres signalent un retard de la montée de lait. Il est donc important d'être préparée et soutenue.

Conseils pour un Allaitement Réussi Après un Déclenchement

  • Contact peau à peau précoce : Mettre le nouveau-né au sein dès les premières heures favorise la production d'ocytocine et la montée de lait. Je vais accoucher dans un hopital qui favorise le contact entre bebe et maman donc il sera sur mon sein des qu'il sera sortit et apres je peux le garder dans ma chambre en permanence.
  • Soutien à l'allaitement : L'hôpital a une consultante en lactation sur place pour m'aider, je pris un cours d'allaitement a temps: samedi dernier donc ca devrait aller.
  • Stimulation de la lactation : Utiliser une traditionnelle tisane d’allaitement composée de graines de fenouil, d’anis, de fenugrec, ou d’autres plantes galactogènes. Il en existe de nombreuses dans le commerce, alors mieux vaut choisir celles de producteurs locaux certifiés bio. Ces tisanes, en plus d’être galactogènes sont carminatives : elles améliorent la digestion en limitant la formation de gaz.
  • Soins des seins : Pour prévenir toute irritation, se laver la poitrine avec le savon Rosaline. Sans huile essentielle, ce savon est spécialement formulé pour les peaux fragiles. Il contient de l’hydrolat de rose de provins et de géranium rosat, tous deux recommandés en cas d’érythèmes, de dermatoses ou de rougeurs cutanées. La poitrine pourra être massée avec une huile d’amande douce, de bourrache ou un macérât huileux de pâquerette.
  • Gestion des engorgements : En cas d’engorgement, il est possible de réaliser un cataplasme de chou blanc. Pour cela, écraser des feuilles de choux avec un rouleau à pâtisserie et les positionner sur la poitrine. Recouvrir d’un tissu pour les maintenir. Un tel cataplasme n’est pas envisageable ? Des compresses de tisane de camomille matricaire peuvent remplacer le chou.
  • Positions d'allaitement adaptées : Après une césarienne, la position allongée est particulièrement adaptée pour minimiser la pression sur la cicatrice.
  • Accompagnement professionnel : Consulter une consultante en lactation ou une sage-femme pour obtenir des conseils personnalisés et un soutien adapté.

Comprendre et Gérer les Difficultés d'Allaitement

Malgré une préparation adéquate, des difficultés d'allaitement peuvent survenir. Il est important de les identifier et de les gérer rapidement.

  • Tensions musculaires chez le bébé : Si le bébé a du mal à téter, une visite chez l’ostéopathe pourra être utile pour dénouer les tensions.
  • Séparation mère-enfant après une césarienne : La première tétée est essentielle pour stimuler la production de lait et renforcer le lien d’attachement.
  • Discours contradictoires et culpabilisants : Il est important de s'entourer de professionnels bienveillants et de faire confiance à son instinct maternel. Beaucoup de femmes me relatent que lors du séjour à la maternité elles ont entendu des discours contradictoires concernant leur allaitement, qui souvent les ont déstabilisées. Parfois même, elles ont subi des reproches de certaines professionnelles car elles suivaient le conseil d'une autre et pas le leur. Cela pouvait prendre la forme de moqueries, voire elles se faisaient disputer comme si elles étaient une enfant, comme si elles étaient incapables de savoir elles-mêmes ce qui était bon pour leur bébé. Bien souvent, ces mères se sont senties jugées, voire culpabilisées.

La Bulle de Bienveillance : Un Environnement Favorable à l'Allaitement

Le Dr Michel Odent explique que pour qu'un accouchement se déroule au mieux, le praticien doit intervenir le moins possible car il risque de solliciter le cerveau non reptilien de la mère et d’empêcher la bonne sécrétion de l'ocytocine. Une femme qui accouche a besoin d'être protégée contre tout ce qui peut solliciter son néocortex : le langage, les questions, une lumière trop forte, une température non adaptée, toute situation qui stimule l'attention, être ou se sentir observée. Il est en de même pour la délivrance du placenta et pour la mise en place de l'allaitement.

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La sage-femme Diane Bolduc-Boutin définit l'ocytocine comme "l'hormone qui déclenche l'accouchement, qui stimule les contractions et pousse progressivement le bébé et le placenta hors de l’utérus. Associée à la prolactine, elle favorise le réflexe d’éjection du lait ; un combo en faveur du sentiment d'amour qui favorisera le comportement maternel et l'attachement au bébé (…) C'est la sœur de l’œstrogène et l'amie de la dopamine, génératrice de bien-être. Par contre elle est très timide et se cache volontiers lorsqu'elle a peur." On l'appelle hormone de l'amour.

Allaitement et Nouvelle Grossesse

Allaiter retarde spontanément le retour de couches. Il est reconnu que l’allaitement possède un effet contraceptif. Attention toutefois, cela ne vous exempte pas à 100 % d’une potentielle grossesse ! Tomber enceinte alors qu’on allaite encore, ça peut arriver. Dans ce cas de figure, nombreuses sont les femmes à s’interroger sur la pérennité de leur allaitement. Lorsque vous allaitez, votre cerveau sécrète une hormone naturelle : l’ocytocine. Celle qu’on appelle aussi « l’hormone du bonheur » va jouer un rôle important tout au long de votre grossesse, ainsi que lors de votre accouchement. On pourrait donc penser qu’allaiter tend à provoquer des contractions, entraînant ainsi la perte de votre bébé ou sa naissance prématurée. Mais ceci est un raccourci. En effet, l’ocytocine n’est pas sécrétée en quantité suffisante pour déclencher le travail. Il est vrai qu’allaiter est énergivore. En cas de questionnement ou d’inquiétude, nous vous conseillons de vous rapprocher de votre sage-femme ou de votre médecin. Ceux-ci s’assureront que vos besoins nutritionnels sont bien remplis. Essayez également d’adopter une alimentation variée et saine, pouvant subvenir à tous vos besoins en fer, en protéines, en vitamines et en minéraux. L’allaitement, et notamment la production de lait, mobilise beaucoup de ressources. Dès lors que vous tombez enceinte, votre production de lait tend à diminuer. De couleur jaunâtre, ce type de lait joue un rôle anti-infectieux et facilite la croissance des organes de votre nouveau-né lors de ses premiers jours de vie. Pour certains enfants, ce changement sera rédhibitoire et entraînera un sevrage naturel. En revanche, si le vôtre souhaite continuer les tétées, sachez que les nutriments présents dans le colostrum répondront à ses besoins. Le colostrum est diurétique et peut engendrer des selles plus molles chez votre enfant allaité.

Soutien Émotionnel et Bien-Être

Toutes ces variations hormonales peuvent affecter les émotions. L’arrivée d’un enfant modifie par ailleurs la place de chacun dans la famille. C’est l’élixir du changement par excellence. Il accompagne les périodes de changement profond que ce soit au niveau mental, émotionnel ou physique. Cet élixir est recommandé aux personnes souffrant d’épuisement mental et/ou physique après une longue période de surmenage, d’inquiétude et de nombreux efforts. Face au bébé qui pleure, qui est malade ou devant toute situation de stress, penser au Rescue ! Pendant 3 semaines, prendre 3 gouttes d’élixir soit d’un seul élixir, soit d’un mélange, 3 fois par jour en dehors des repas, diluées dans un fond d’eau. Si nécessaire, renouveler après une semaine d’arrêt. Ces deux bourgeons seront d’excellents alliés. Le bourgeon de tilleul (Tilia tomentosa) rééquilibre le système nerveux sur la durée de l’accompagnement. Pendant 3 semaines, prendre 5 gouttes de chaque gemmothérapie sans alcool 2 fois par jour matin et soir en dehors des repas, dans un fond d’eau. Si nécessaire, renouveler après une semaine d’arrêt. Depuis juillet 2021, l’Assurance Maladie a mis en ligne un questionnaire qui permet en quelques minutes d’évaluer le bien-être émotionnel des parents. Ces conseils sont complémentaires des autres soins apportés en fin de grossesse et au cours du post-partum.

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