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Accouchement à 42 Semaines de Grossesse : Risques et Considérations

L'accouchement après 42 semaines de grossesse, également appelé grossesse prolongée ou post-terme, suscite de nombreuses questions et inquiétudes chez les futures mamans. Cet article vise à fournir une information complète et structurée sur les risques potentiels associés à cette situation, les raisons pour lesquelles elle peut survenir, et les options de surveillance et de prise en charge disponibles.

Définition et Prévalence

La durée normale d'une grossesse est généralement estimée à 40 semaines, calculées à partir du premier jour des dernières règles. En France, on considère que la grossesse dure 41 semaines. Au-delà de cette durée, on parle de grossesse prolongée. Tandis qu’en Belgique le terme est calculé à 40 semaines, en France, il l’est à 41 semaines. Enfin, le Collège américain des obstétriciens et gynécologues (ACOG) définit le terme complet d’une grossesse comme étant la période entre 39 et 42 semaines. Un accouchement est donc "après terme" à partir de 42 SA révolues, soit 9 mois et 12 jours de grossesse. On peut aussi parler de “grossesse prolongée” à partir de 41 SA + 0 jour. Cependant, la nature n’est pas toujours aussi prévisible qu’on l’imagine.

Il est important de noter que la date de terme n'est qu'une estimation. Seule une minorité de femmes (environ 1 sur 20) accouchent exactement à la date prévue. Environ 15 à 20 % des femmes enceintes dépassent le terme de leur grossesse. Cela ne signifie pas nécessairement qu'il y a un problème, mais une surveillance accrue est nécessaire pour s'assurer que tout continue de bien se passer.

Pourquoi un Accouchement Après Terme ?

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un accouchement après terme. Le début de ta grossesse te semble peut-être déjà un peu loin mais, souviens-toi, la date de ton terme a été estimée à partir du 1er jour de tes dernières règles, puis à partir de l’échographie du premier trimestre qui permet d’être au plus près de la vérité, notamment avec la mesure de l'os du fémur de ton bébé. Mais, comme tu sais, la grossesse n’est pas une science exacte et il se peut qu’il y ait un petit delta de quelques jours entre la date estimée et la date réelle.

  • Erreur de calcul de la date de conception : L'ovulation a pu être plus tardive que la moyenne (basée sur le 14ème jour du cycle) sur laquelle on se base pour calculer un début de grossesse. La date de terme, ou date probable d'accouchement (DPA) correspond à une période où la naissance de bébé est la "norme statistique". Elle se situe entre la 37e et la 42e semaine d'aménorrhée. Mais bien sûr il y a une date théorique, avec un jour précis, qui correspond au début de la 42e semaine. Mais surtout ce "calcul" est officialisé avec la première échographie, la fameuse T1. L'échographe va mesurer la taille de l'embryon, rentrer la date de vos dernières règles et un calcul savant va sortir une date ! Par exemple, un embryon de 10 semaines, soit 12 SA, mesure 6 cm. Donc si l'échographe mesure 6 cm, il déduira que l'embryon à 10 semaines. Si pour vous ce calcul est faux, ce qui est fréquemment le cas, vous devez le faire mentionner. Si vous avez des cycles longs de 5 semaines, il est fort possible que la grossesse ait débuté la semaine suivante à la date calculée. C'est donc important de demander à ce que la date de terme soit modifiée et dès cette première échographie. J'ai même vu des erreurs de terme pour des PMA ! Impossible pour la maman d'être tombée enceinte avant l'insémination et pourtant, les chiffres retenus ont été ceux de l'échographe. Le bazar ensuite pour la sécurité sociale !
  • Facteurs génétiques et familiaux : Il semblerait que certaines familles soient plus promptes à avoir une grossesse prolongée.
  • Première grossesse : Si c’est ton premier bébé, c’est fréquent d’accoucher après terme.
  • Caractéristiques maternelles : Le surpoids et l’obésité prolongeraient également la grossesse par des phénomènes hormonaux.
  • Variabilité individuelle : Chaque corps, chaque grossesse, chaque bébé a son propre tempo. Certains diront que votre bébé prend son temps, qu’il choisit son moment…

Risques Potentiels d'un Accouchement à 42 Semaines

Bien qu'une grossesse prolongée ne soit pas toujours synonyme de complications, elle peut augmenter certains risques pour la mère et le bébé.

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Risques pour le Bébé

  • Insuffisance placentaire : Apparemment, lorsque vous arrivez à 42 semaines, votre placenta arrête de fonctionner et il faut donc provoquer l’accouchement. Ah oui, vraiment ? Cette insuffisance placentaire n’est pas un mythe. Elle existe vraiment et peut avoir de graves conséquences pour le bébé. Il s’agit d’un placenta « trop faible » qui n’apporte plus les besoins nécessaires (en oxygène et en nutriment) au bébé pour grandir. Elle se manifeste donc par un retard de croissance prématuré du bébé durant la grossesse. Au-delà de 41 SA, il existe une augmentation de la morbimortalité maternelle et fœtale. Tout simplement parce que le placenta présente ce qu’on pourrait appeler une « obsolescence programmée », un vieillissement qui diminue l’efficacité des échanges entre la mère et le bébé. C’est un organe absolument magique, mais c’est un organe dont la pathologie peut entraîner des conséquences importantes pour le bébé. Donc, dépasser le terme, c’est un risque pour le bébé ? C’est un risque pour le bébé si le placenta fonctionne moins bien. On voit par exemple des enfants développer un retard de croissance et, dans notre langage, « casser leur courbe de croissance après 37 semaines », tout simplement parce que le placenta est moins efficace. Parfois - c’est assez exceptionnel : 3 cas sur 1 000 -, le placenta peut s’arrêter de fonctionner brutalement et s’il le fait, ou s’il se « décolle », l’enfant peut malheureusement mourir in utero. C’est la raison pour laquelle on surveille avec vigilance les grossesses qui se prolongent.
  • Diminution du liquide amniotique (oligohydramnios) : Et lorsque le placenta ne fonctionne plus, cela se traduit par une diminution du liquide amniotique. Car si le placenta ne remplit plus son rôle, ce sont les échanges entre la maman et le bébé qui se raréfient, ce qui peut être dangereux. En cas de grossesse prolongé, le fœtus présente un risque augmenté de manque de liquide amniotique (oligomanios).
  • Macrosomie : Les nouveaux nés post terme sont plus souvent macrosomie (poids de naissance supérieur à la moyenne). Ton bébé garde un poids raisonnable pour rendre l’accouchement le plus smooth possible.
  • Anomalies du rythme cardiaque fœtal : En cas de grossesse prolongé, le fœtus présente un risque augmenté d’anomalies du rythme cardiaque fœtale.
  • Émission de méconium in utero : En cas de grossesse prolongé, le fœtus présente un risque augmenté d’émission du méconium in utéro ; sources de souffrance fœtale et d’hypoxie néonatale.
  • Mort fœtale in utero : Enfin, même si sa fréquence a diminué, il persiste un risque de mort fœtale in utéro durant cette période. Il semble, d'après certaines études, que la mortalité foetale augmente auprès 39 SA.
  • Risque accru d'infirmité motrice cérébrale: Bien que la prématurité soit un facteur de risque bien établi d'infirmité motrice cérébrale, les trois quarts des enfants souffrant de ce trouble sont nés après 36 semaines. Ils ont étudié le risque d'infirmité motrice cérébrale chez près de 1,7 million d'enfants nés de grossesses simples entre 1967 et 2001, de 37 à 44 semaines d'âge gestationnel. "Les cliniciens considèrent typiquement les naissances à terme (entre 37 et 41 semaines) comme à faible risque, avec la possibilité d'un risque accru avec les accouchements post-terme.

Risques pour la Mère

  • Accouchement par césarienne : L’accouchement par césarienne est plus fréquent en post terme et est souvent multifactoriel.
  • Hémorragie de la délivrance : Il existe également, une augmentation du risque d’hémorragie de la délivrance.
  • Déchirure périnéale compliquée : Il existe également, une augmentation du risque de déchirure périnéale compliquée.
  • Chorioamniotite (infection) : Il existe également, une augmentation du risque de chorioamniotite (infection).

Surveillance et Prise en Charge

En cas de dépassement du terme, une surveillance rapprochée est mise en place pour évaluer le bien-être materno-fœtal.

  • A partir de 39 semaines de grossesse soit 41 SA, une surveillance accrue est mise en place au sein de votre maternité.

  • Consultation de terme : En fin de grossesse, un rendez-vous est prévu, dans la maternité que vous avez choisie, pour le premier jour de la 41e SA. A la première consultation de terme:

    • L’ensemble du dossier est vérifié (bilan, consultation d’anesthésie, prélèvement Streptocoque B…)
    • Un examen clinique est pratiqué : tension artérielle, poids, bandelette urinaire (BU), toucher vaginal (TV). Côté maman, le médecin (ou la sage-femme) regarde s’il y a des contractions, si le col est modifié… Pourquoi ? Or cette durée est très variable. Et il arrive qu’à 40 semaines, une patiente ait déjà les symptômes d’un terme dépassé. Voilà pourquoi nous devons être prudents dès la 41ème semaine ».
    • Un monitoring est réalisé pour enregistrer le rythme cardiaque fœtal (RCF) et les éventuelles contractions utérines.
  • Échographie de terme :

    • Évaluer la quantité de liquide amniotique et la vitalité fœtale (score de Manning). Tu as suffisamment de liquide amniotique.
    • Voir l’aspect du placenta afin de déterminer son bon fonctionnement. Ton placenta est toujours opérationnel pour assurer les échanges entre ton bébé et toi.
    • Estimer le poids fœtal.

Puis une surveillance rapprochée toutes les 48 heures est organisée jusqu’à 41+5 SA (+6 grand maximum) avec un examen clinique et un enregistrement du RCF.

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Déclenchement de l'Accouchement

Si le col est favorable et/ou à la moindre anomalie dans la surveillance maternofoetale, un déclenchement est proposé et expliqué, afin que l’accouchement se passent dans les meilleures conditions. Dans tous les cas, le terme ne sera pas dépassé au-delà de 42SA. Voilà pourquoi l’accouchement est déclenché à 41 Semaine d’Aménorrhée+ 6 jours dans la plupart des cas. En France, on considère que la grossesse dure 41 semaines. Au-delà de cette durée, on parle de grossesse prolongée. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter si votre grossesse se prolonge.

  • Méthodes de déclenchement : On essaie tout simplement de reproduire la nature ! Un accouchement se passe bien quand le col est mature et que surviennent des contractions utérines régulières. Pour cela, on a trois leviers principaux : la péridurale, la rupture des membranes et l’ocytocine. En les combinant, on fait entrer les patientes en travail.

    • Décollement des membranes
    • Tampon de prostaglandines ou ballonnet
    • Rupture artificielle de la poche des eaux
    • Perfusion d’ocytocine ou en comprimés
  • Refus du déclenchement : Il est possible de refuser un déclenchement. Donc d'un point de vue légal, vous n'êtes pas dans l'obligation d'accepter un déclenchement, ni même plusieurs examens si vous n'en avez pas envie. Dans les faits, c'est vraiment compliqué de tenir tête aux services hospitaliers. Vous pouvez être signalé aux professionnels des PMI…. D’aucune manière on ne peut leur imposer le déclenchement du travail. Que ce soit pour indication médicale ou pour convenance, ce déclenchement doit d’abord être expliqué, être consenti et accompagné. Il ne s’agit pas pour les femmes de le subir. Aujourd’hui, c’est une proposition qu’on fait aux futures mamans. En 2018, une première étude sur une population de patientes à bas risque enceintes pour la première fois a montré l’effet positif du déclenchement. Aujourd’hui, dans la pratique, soit le déclenchement s’impose et on explique pourquoi, soit il ne s’impose pas et on ne doit pas l’imposer mais le proposer, expliquer pourquoi on le propose et accompagner les patientes dans la décision. Mais on peut désormais considérer qu’il est normal de proposer à une patiente d’être déclenchée à 39 semaines.

Astuces pour Déclencher le Travail Spontanément (avec prudence)

Existe t-il des astuces pour déclencher le travail spontanément ? Pas vraiment !

  • Relations sexuelles : Faites l’amour avec votre partenaire. C’est toujours une histoire d’ocytocine et de bien-être. Continuez à faire l’amour avec votre partenaire plusieurs fois sur 24h. Faites l’amour, non pas pour accoucher, mais avec beaucoup d’amour. Les prostaglandines du sperme aideront à ramollir le col.
  • Stimulation des mamelons : Si vos mamelons ne sont pas trop sensibles, vous pouvez les stimuler en les massant doucement. Demandez à votre partenaire de vous aider.
  • Marche : Allez marcher en conscience tous les jours pour vous vider l’esprit, pour faire descendre bébé et stimuler vos endorphines. Si vous sentez des contractions, accroupissez-vous pour stimuler votre col.
  • Acupression : Vous pouvez aussi stimuler certains points d’acupression avec de l’huile essentielle de sauge sclarée, connue pour soutenir les contractions.
  • Fleurs de Bach : Prenons l’exemple de la fleur d’impatience qui aide à faire face à cette impatience.

Lâcher Prise et Préparation

Il est important d'avoir confiance en ton corps et en ton bébé. Ce sont eux qui savent et qui te donneront le top départ !Il n’est pas facile de lâcher prise. Votre gynécologue vous parle déjà, lors de votre check-up des 39 semaines, de déclenchement si vous dépassez le terme de 40 semaines. De plus, il y a beaucoup de peurs autour de l’accouchement. Il vous reste peut-être également des interrogations et des craintes, non pas seulement sur la naissance, mais aussi sur votre postpartum, la maternité, le nouvel équilibre qu’il faudra trouver… Et enfin, pas évident non plus de lâcher prise si vous sentez que votre conjoint n’est pas prêt ou a peur.

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  • Préparation du nid : Prenez le temps de préparer votre nid et de prendre soin de vous. Allez vous faire masser. Détendez-vous dans un bain chaud. Marchez dans la nature. Préparez votre cocon pour la naissance et pour le postpartum.
  • Expression des émotions : Acceptez, vivez vos émotions et laissez-les aller. N’ayez pas peur de les exprimer.
  • Méditation : Méditez sur la naissance, sur votre rôle de mère. Quelles sont les peurs qui viennent à vous ? D’où viennent-elles ?
  • Communication avec le partenaire : Il est important d’avoir aussi un moment à cœur ouvert avec votre conjoint pour échanger et partager vos états d’esprit sur ce qui vous attend. Vous pouvez le faire sous forme de dialogue de couple. Chacun de votre côté, prenez le temps d’écrire dans une lettre d’amour à votre conjoint(e) ce que vous ressentez. Ensuite, fixez un temps de 15-20 minutes ensemble. Durant ce temps, lisez chacun votre lettre écrite par l’autre.
  • Communication avec le bébé : Lors d’une séance de préparation à la naissance avec mon énergéticienne, celle-ci m’explique que les bébés font également face à des émotions très fortes avant de naitre. Ils ont aussi leurs peurs (de naitre, de ne pas y arriver, de décevoir…). Leur incarnation sur la terre est de loin l’étape d’incarnation la plus difficile pour eux. Parlez donc à votre bébé. Dites-lui des mots doux. Caressez-le. Rassurez-le. Dites-lui que vous êtes prête et que vous êtes là pour faire équipe ensemble. Dites-lui que vous l’aimez.

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