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Besoins nutritionnels des enfants de moins de 3 ans

Les besoins nutritionnels des enfants de moins de 3 ans sont spécifiques et doivent être respectés pour assurer une croissance et un développement optimaux. Cette période est une phase d'apprentissage de l'alimentation des adultes, mais en tenant compte des besoins spécifiques de cet âge.

Besoins en eau

L’eau représente une part importante du poids corporel, soit 75 % les premières semaines de vie et 60 % à l’âge d’un an. Le nourrisson est donc très dépendant des apports hydriques, d’autant plus que ses fonctions de concentration et de dilution des urines sont encore immatures. Les besoins en eau sont assurés par l’alimentation lactée chez le nourrisson de moins de 1 an.

En cas de fièvre, de diarrhée, de vomissements, ou de fortes chaleurs, il faut assurer un apport hydrique de 150 ml/kg/jour. Les recommandations de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) préconisent une quantité d’eau quotidienne totale de 1300 ml pour les enfants de 3 ans.

La seule boisson conseillée est l’eau pure, elle accompagne les repas et désaltère l’enfant quand il a soif. Quand un enfant a soif, il boit de l’eau. Un refus de boire ne signifie pas qu’il n’aime pas l’eau, mais qu’il n’en a pas besoin à ce moment-là.

Besoins énergétiques

Au cours des 12 premiers mois de la vie, la dépense énergétique augmente, passant en moyenne de 270 kJ/kg/jour à la naissance à 380 kJ/kg/jour à 12 mois. En revanche, la quantité d’énergie stockée sous forme de protéines et lipides dans les tissus diminue en raison du ralentissement de la croissance. Elle passe en moyenne de 100 kJ/kg/jour au cours du 1er mois à 8 kJ/kg/jour à 12 mois.

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Les besoins énergétiques doivent couvrir la dépense énergétique totale (DET) et les besoins liés à la croissance. Ils sont d’autant plus élevés que l’enfant est en phase de croissance rapide, principalement lors des deux premières années de vie.

Besoins en macronutriments

Protéines

Les apports nutritionnels conseillés (ANC) en protéines sont de l’ordre de 10 g par jour jusqu’à l’âge de 2 ans, puis d’environ 1 g/kg par jour. Il s’agit des apports minimaux à assurer pour couvrir les besoins en protéines et non d’une valeur maximale à ne pas dépasser.

Idéalement, 50 % des protéines apportées sont d’origine animale et 50 % d’origine végétale.

Lipides

Les apports lipidiques contribuent à la couverture des besoins énergétiques, assurent les besoins en vitamines liposolubles (A, D, E et K), et en acides gras essentiels (AGE). Les AGE ne peuvent pas être synthétisés par les humains, et leur concentration dans le lait maternel dépend donc des apports chez la mère.

Les lipides doivent contribuer à 50 % des apports énergétiques totaux de 0 à 6 mois, pour diminuer progressivement ensuite mais rester notables. Les AGE sont l’acide linoléique (oméga 6) et l’acide α-linolénique (oméga 3). Leur carence se manifeste principalement par des anomalies du développement psychomoteur. À partir des AGE se produisent une série d’élongations et de désaturations aboutissant à des acides gras polyinsaturés à longue chaîne (AGPI-LC), principalement l’acide arachidonique (ARA, oméga 6) et l’acide docosahexaénoïque (DHA, oméga 3). Ces AGPI-LC (présents dans le lait maternel) jouent un rôle très important dans le développement du système nerveux central et de la rétine, ainsi que dans l’immunité et le contrôle de l’inflammation. Toutes les préparations infantiles sont enrichies en DHA et la grande majorité en ARA.

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Les besoins en AGE sont assurés par la consommation d’huiles végétales, notamment d’huile de colza, bien équilibrée en oméga 6 et oméga 3.

Glucides

Les glucides ont essentiellement un rôle d’apport calorique. Avant 1 an, 40 % des calories liées aux glucides sont apportées par le lait de femme et/ou les préparations infantiles. Par la suite, les glucides doivent représenter 50 à 55 % de l’apport énergétique total.

Besoins en micronutriments

Fer

Les besoins en fer sont importants à couvrir chez le nourrisson, en raison du rôle essentiel du fer dans la synthèse de l’hémoglobine et dans le développement du système nerveux central. Quel que soit l’âge, l’absorption intestinale du fer est basse, ce qui explique que les ANC atteignent 6 à 10 mg par jour jusqu’à 10 ans puis 13 à 16 mg par jour au-delà pour couvrir des besoins de 1-2 mg par jour de fer absorbé. Le fer héminique (viande, poisson, abats) est mieux absorbé que le fer non héminique (lait, végétaux, œuf) : 20-30 % versus 2-5 %.

La teneur en fer du lait de vache est très faible, ce qui le rend inadapté à l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Dans les laits infantiles (1er âge, 2e âge et lait de croissance), la présence de sels ferreux et de vitamine C améliore l’absorption du fer qui atteint 10-20 %. Les besoins en fer sont assurés chez le nourrisson et le jeune enfant par les laits infantiles (1er âge, 2e âge, lait de croissance) et, chez l’enfant et l’adolescent, par la consommation de deux produits carnés par jour. Les végétaux, même les plus riches en fer (légumes secs, épinards), ne contribuent que très peu à assurer ces besoins car le fer qu’ils contiennent est très mal absorbé.

Calcium

Les apports sont principalement assurés par le lait et les produits laitiers, mais aussi par les eaux minérales riches en calcium. La plupart des végétaux ne constituent pas une source potentielle de calcium en raison de sa faible biodisponibilité dans les légumes qui en contiennent. Une attention doit être portée aux enfants ayant une APLV.

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Pour assurer les besoins en calcium, il est recommandé de consommer trois ou quatre produits laitiers par jour. En 2022, la Société française de pédiatrie a recommandé, pour l’enfant de 1 à 18 ans, la consommation de 3 à 4 portions de produits laitiers par jour pour couvrir les besoins en calcium.

Vitamine K

La vitamine K joue un rôle essentiel dans la synthèse des facteurs de coagulation, en particulier en période néonatale. Afin de prévenir la maladie hémorragique du nouveau-né, il est recommandé de donner 2 mg de vitamine K per os à la naissance et entre le 4e et le 7e jour de vie.

Pour tenir compte de la faible teneur en vitamine K du lait maternel, une supplémentation de 2 mg per os est indiquée à 1 mois de vie en cas d’allaitement exclusif chez le nouveau-né à terme.

Vitamine D

Un squelette de nouveau-né contient 30 g de calcium, alors qu’un squelette d’adulte en contient de 1 000 à 1 200 g. L’organisme humain n’ayant pas la capacité de synthétiser du calcium, il est donc indispensable que le bébé trouve tous les jours dans son alimentation, en quantité suffisante, cet élément minéral. Pour le nourrisson, le lait maternel ou les « préparations pour nourrissons », dans les quantités recommandées, couvrent bien ses besoins.

Pour une bonne utilisation du calcium alimentaire, un apport en vitamine D est nécessaire. L’organisme des nourrissons ou enfants en bas âge n’en synthétise pas assez (au niveau cutané) pour couvrir leurs besoins. Un apport exogène est donc nécessaire. Le lait maternel et les « préparations pour nourrissons » et « préparations de suite » contiennent, certes, de la vitamine D, mais en quantité insuffisante pour assurer, pour toute la population de cet âge, une bonne prévention du rachitisme.

Alimentation du nourrisson

Alimentation lactée exclusive (de la naissance à 4-6 mois)

L’équipement enzymatique du tube digestif permet la digestion des protéines, des lipides et des glucides du lait maternel ou des préparations lactées, mais pas encore de grandes quantités d’amidon.

Le lait maternel est le modèle nutritionnel pour l’alimentation du nourrisson, et constitue la référence retenue pour le calcul des besoins et donc des ANC dans cette tranche d’âge. L'OMS recommande un allaitement (maternel) pendant 6 mois pour, notamment, prévenir les risques infectieux dans les pays en développement. Cependant, dans les pays développés, la diversification doit être débutée, comme chez les nourrissons en alimentation lactée, entre 4 et 6 mois. Le nombre de tétées dépend des souhaits de l’enfant. Une mise au sein précoce avec un contact peau à peau doit être initiée dès la salle de naissance afin de stimuler la montée laiteuse. L’accompagnement de la mère est indispensable pour vérifier la position de l’enfant (face à la mère, bouche ouverte avec la langue vers le bas) et l’encourager à poursuivre. Les tétées sont, par la suite, proposées à la demande, y compris la nuit (entre 6 et 12 par 24 heures) pendant une durée d’environ dix minutes.

Le lait de vache n’est pas adapté à l’alimentation du nourrisson, en raison de son contenu trop faible en acides gras essentiels, en fer et en vitamine D.

En l’absence d’allaitement ou en complément de celui-ci, connaître les préparations lactées adaptées au nourrisson. Le lait de vache est totalement inadapté à cet âge.

Diversification alimentaire (de 4-6 mois à 12 mois)

C’est une période de transition, caractérisée par l’introduction progressive d’aliments autres que le lait. La diversification alimentaire doit être débutée entre 4 et 6 mois, notamment pour prévenir l’apparition de manifestations allergiques ultérieures. Cela concerne aussi les aliments à fort potentiel allergisant (œuf, arachide [sous forme de beurre de cacahuète] et fruits à coque) dont l’introduction précoce est recommandée, que l’enfant soit atopique ou non. Jusqu’à l’âge de 1 an, la presque totalité des besoins micronutritionnels est assurée par les préparations infantiles, notamment ceux en fer et en AGE. L’ingestion de 700 ml par jour de préparation de suite permet d’assurer la totalité des besoins en fer et en AGE. Ne pas débuter la diversification avant l’âge de 4 mois ni après 6 mois.

Un certain degré de maturation des fonctions rénales et digestives est nécessaire au nourrisson pour métaboliser une alimentation autre que le lait ; celui-ci est acquis vers l’âge de 4 mois. Le développement physiologique est également nécessaire pour la progression de la diversification alimentaire. L’évolution physiologique permet au nourrisson, vers 4 à 6 mois, de propulser les aliments vers l’arrière de sa cavité buccale pour les avaler. Les recommandations actuelles du comité de nutrition de l’ESPGHAN (European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition, Société européenne d’hépato-gastroentérologie et de nutrition pédiatriques) et de l’Académie européenne d’allergologie sont d’introduire tous les aliments entre 4 et 6 mois, y compris les plus allergisants (œuf, poisson, fruits exotiques, céleri, arachide, fruits à coque), et ceci qu’il existe ou non un terrain atopique personnel ou familial. Une diversification trop précoce (avant 4 mois) expose à un risque de carences en calcium, fer et AGE.

L’alimentation doit être mixée (lisse) de 4 à 8 mois, puis moulinée (moins lisse) de 8 à 10 mois, puis des petits morceaux de tailles et de duretés progressivement croissantes doivent être intro-duits à partir de 10 mois. La diversification menée par l’enfant (DME) consiste à proposer des aliments en morceaux aux nourrissons dès qu’ils peuvent tenir assis (vers l’âge de 6 mois) et de les laisser se nourrir seuls avec leurs doigts, tout en poursuivant parallèlement l’allaitement ou les biberons de lait infantile. Par rapport à la diversification traditionnelle à la cuillère, les enfants ont moins de troubles de l’oralité, mais les risques de fausses routes et de carences en lipides et en fer sont accrus.

Après 1 an

Après l’âge de 1 an, l’alimentation est totalement diversifiée, comme celle de l’adulte. A partir de 4 à 6 mois, vous avez commencé à proposer une diversification de l’alimentation de votre enfant. Entre 1 et 3 ans, cette diversification va évoluer vers une alimentation de plus en plus variée, se rapprochant progressivement de la vôtre, en restant vigilant car votre enfant a des besoins nutritionnels encore bien spécifiques. Les apports en lait restent très importants. La période qui va de 1 à 3 ans est une phase d’apprentissage de l’alimentation des adultes, mais en respectant les besoins spécifiques de cet âge. Votre enfant continue à avoir besoin d’un apport quotidien de lait, et il découvre une multitude de nouvelles saveurs. Avant 2 ans, il accepte volontiers de nouveaux aliments, avec leur saveur et leur texture particulières. Cette découverte est facilitée par la convivialité, en particulier lors des repas en famille, mais aussi en crèche avec les autres enfants. Passé 2 à 3 ans, il risque d’être plus « difficile » (sélectif) : c’est la période de la « néophobie » (peur des aliments nouveaux). Il faut donc profiter de la période qui va de la diversification à 3 ans pour aiguiser sa curiosité gustative en lui faisant découvrir un maximum d’aliments nouveaux !

Jusqu’à 3 ans, vous proposerez chaque jour 500 ml de lait à votre enfant, (800ml au maximum), cette ration comprenant le lait et les équivalents laitiers (laitages et fromages). Ainsi pour l’apport en calcium un yaourt ou 2 petits-suisses ou 15g de gruyère sont l’équivalent de 125ml de lait. A noter toutefois : le yaourt a une composition identique à celle du lait, en dehors de la transformation du lactose par les ferments lactiques. Les laits de croissance sont recommandés jusqu’à 3 ans et même au-delà. Le lait représente le principal apport de calcium, nécessaire à une bonne croissance osseuse (et dentaire). En comparaison avec le lait de vache, les laits de croissance apportent davantage de fer, d’acides gras essentiels de zinc et de vitamines, en limitant l’apport de protéines et de sels minéraux. Le lait de vache apporte davantage de contaminants (Anses 2016c) : l’exposition totale aux PCDD/F (polychlorodibenzo-dioxines et polychlorodibenzo-furanes) est 2 à 3 fois supérieure et celle en PCB est 2 à 6 fois supérieure.

Vous pouvez commencer à faire découvrir toutes sortes de fromages, même les plus forts, en évitant les fromages au lait cru. Des fruits et des légumes : 5 portions par jour (une portion est égale à environ 80 g, ainsi la ration de légumes de midi correspondent à 2 portions). De la viande, du poisson ou des œufs. Comptez environ 20g par jour (4 cuillères à café) entre 1 an et 2 ans, puis 30g par jour (6 cuillères à café) entre 2 et 3 ans. Un œuf pèse environ 50g. La viande, surtout la viande rouge et encore plus les abats, apportent du fer facilement assimilable. Sans oublier les matières grasses non cuites, en choisissant en priorité les matières grasses végétales (huile de colza, noix, soja…), mais il est possible aussi de donner de temps en temps du beurre ou de la crème fraîche sous forme crue. Les autres huiles végétales ne sont pas conseillées car elles ne contiennent pas assez d’oméga 3 et 6 ou trop d’oméga 6 ; l’huile d’olive peut être utilisée de temps en temps pour son goût mais elle contient trop peu d’oméga 3 et 6.

Les enfants, contrairement aux adultes, savent manger à leur faim, dès les premiers mois. Faites-leur confiance sur la quantité. S’ils mangent trop à un repas, ils seront sûrement moins gourmands au repas suivant. S’ils mangent peu à un repas il ne faut pas compenser dans l’attente du repas suivant. La texture des aliments que vous donnez à votre enfant (lisse, mixée, hachée ou en morceaux) est à adapter selon sa maturité et ses goûts. Jusqu’à l’adolescence, proposez 4 repas, un petit-déjeuner, un déjeuner, un goûter et un dîner à vos enfants.

Recommandations générales

  • Privilégier les aliments de saison et locaux : Les fruits et légumes frais sont moins chers et plus savoureux lorsqu’ils sont de saison. Il faut privilégier les producteurs locaux et les circuits courts. Les produits bio paraissent intéressants.
  • Ne pas abuser des jus de fruits : Les jus de fruits, qu’ils soient pressés frais ou produits de diététique infantile ou de l’industrie agroalimentaire, habituent inutilement l’enfant à consommer des boissons sucrées. Les fruits sont préférables aux jus de fruits pour l’apport de fibres. Un jus de fruit naturel, sans sucre ajouté peut être proposé une fois par jour au petit déjeuner ou au goûter.
  • Être vigilant sur l'apport en sucres : Soyez vigilants sur l’apport en sucres contenus dans l’alimentation de vos enfants.
  • Limiter les plats industriels : Limitez les plats industriels. Ils sont souvent non adaptés sur le plan nutritionnel et peuvent contenir des colorants, des conservateurs, des excès d’huile de palme, ainsi que des molécules issues des modes de cuisson par friture ou à haute température.
  • Les légumes et fruits surgelés : Les légumes et les fruits surgelés sont une bonne alternative aux produits frais avec d’excellentes qualités nutritionnelles, un contenu vitaminique intact car la surgélation doit intervenir dans les 12 heures suivant la cueillette, et l’avantage d’être prêts à la cuisson sans épluchage. Leur qualité est au moins égale sinon supérieure à celle des « produits frais » de la grande distribution, qui peuvent connaître un délai parfois prolongé entre la cueillette et la consommation, ce qui entraîne une altération des qualités nutritionnelles, en particulier une déperdition vitaminique.

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