Loading...

Tout comprendre sur les 166 trimestres pour la retraite

La retraite est une étape de vie importante qui nécessite une préparation minutieuse. Mieux vaut ne pas découvrir trop tard le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Quelles sont les spécificités du système français, à commencer par son double régime et ses unités de compte « trimestre de retraite » ?

Le système de retraite français : un aperçu

Notre système de retraite s’appuie sur deux régimes principaux : le régime de base et le régime complémentaire.

Le régime de base

Le régime de base, géré par l’Assurance retraite, fonctionne avec une unité de calcul : le trimestre cotisé. Dès votre premier emploi, l'Assurance retraite vous ouvre un compte individuel où les cotisations que vous payez chaque mois se transforment en trimestres cotisés ou trimestres de retraite.

Le régime complémentaire

Le second pilier est le régime complémentaire, géré par des caisses de retraite complémentaires (ex : AGIRC-ARRCO). Là, les cotisations versées lors de vos années de travail deviennent non des trimestres mais des points de retraite qui se cumulent, eux aussi, sur votre compte.

Qu'est-ce qu'un trimestre de retraite ?

Le trimestre de retraite est un trimestre cotisé. Il s’agit de l’unité de base permettant de calculer votre durée de cotisation au régime de retraite de base. C’est cette accumulation de trimestres de retraite qui sera compilée pour calculer la retraite à laquelle vous avez droit.

Lire aussi: Calcul retraite 164 trimestres

Pour bénéficier d'une retraite de base à taux plein, il faut avoir non seulement l'âge minimum requis (62 ans sauf exceptions) mais aussi avoir cotisé un certain nombre de trimestres.

Le nombre exact de trimestres (entre 160 et 172 trimestres) n’est pas générique : tout dépend de votre année de naissance.

Ce qui suscite quelques confusions, c'est que ce fameux "trimestre de retraite" (quatre par an) n'est, en fait… pas calculé selon votre activité réelle sur trois mois. Il résulte non du nombre d'heures travaillées, mais plutôt des revenus perçus sur une période donnée.

Le "trimestre de retraite" est donc compté selon un montant de salaire annuel que vous avez touché. Pour considérer un trimestre de retraite comme cotisé, autrement dit pour que votre trimestre soit validé, il faut :

  • Percevoir dans l’année un salaire soumis à cotisation ;
  • Ce montant annuel doit représenter au moins 150 fois le montant du SMIC horaire brut.

Le montant du SMIC horaire brut change chaque année, lors de la revalorisation du SMIC.

Lire aussi: Excédent de trimestres retraite : que faire ?

Les différents types de trimestres de retraite

Dans son calcul du montant des pensions, l'Assurance retraite prend en compte différents types de trimestres :

  • Les trimestres cotisés : ceux où vous avez versé une cotisation obligatoire (ou volontaire) en travaillant ;
  • Les trimestres assimilés : ceux où vous avez touché des allocations, mais qui sont assimilés à des trimestres cotisés. Il peut s'agir, par exemple, de trimestres où vous avez touché des cotisations chômage, maternité ou paternité, des cotisations maladies, un éventuel service militaire ou encore lors de stages de formation professionnelle ;
  • Les trimestres rachetés : Si vous n'avez pas le nombre de trimestres cotisés requis, il vous est possible d'en racheter pour compléter vos années incomplètes de cotisation.

C'est, quoiqu'il en soit, le nombre de trimestres obtenus qui sera pris en compte pour le calcul de votre retraite.

Comment être sûr d'avoir une retraite à taux plein ?

À compter de vos 62 ans, vous pouvez décider de prendre votre retraite, quelle que soit votre situation. Même si vous n'avez pas le nombre requis de trimestre. Néanmoins, pour être bien certain de profiter d'une retraite de base à taux plein, il existe 2 possibilités :

  • Avoir validé entre 160 et 172 trimestres selon votre année de naissance et partir à l'âge légal de la retraite, soit 62 ans ;
  • Avoir atteint l'âge de la retraite à taux plein (67 ans), même si vous n'avez pas validé le nombre requis de trimestres.

Si vous partez à la retraite entre 62 et 67 ans sans avoir cotisé le nombre de trimestres requis, votre pension de retraite sera réduite par une décote. Celle-ci ne peut excéder 20 trimestres. En revanche, elle est viagère c’est-à-dire qu’elle sera appliquée jusqu'au décès de l’assuré.

À 67 ans, un salarié, même s'il n'a pas son quota de trimestres, pourra partir à la retraite sans décote. La situation n'est, quoi qu'il en soit, pas idéale puisque la pension de retraite de base sera calculée uniquement au prorata du nombre de trimestres réellement cotisés.

Lire aussi: Retraite incomplète : quelles options ?

Par contre, partir à 67 ans permet de toucher sa retraite complémentaire à taux plein, même si le nombre de trimestres requis n’a pas été cotisé.

Les exceptions à la décote de la retraite de base

Dans certains cas spécifiques, la décote affectant les retraites de bases n'ayant pas le nombre complet de trimestres cotisés requis peut être évitée.

Il s'agit des cas suivants :

  • Personnes ayant un taux d'incapacité permanente (IP) de 50% ou plus ;
  • Parents d'enfants handicapés ayant dû cesser de travailler pendant au moins 30 mois consécutifs pour s'en occuper ;
  • Fonctionnaires de catégorie active occupant un emploi présentant un risque particulier ou affecté d'une fatigue exceptionnelle. La décote qui affecte leur retraite de base est annulée lorsqu'ils atteignent un âge spécifique (61 ans et quelques mois si vous êtes nés entre 1960 et 1962, 62 ans si vous êtes nés en 1963 et après).

Le nombre de trimestres requis selon votre année de naissance

Le nombre de trimestres requis pour valider une retraite de base à taux plein dépend principalement de votre année de naissance.

Année de naissanceTrimestres cotisésÂge de départ
1955 à 1957166 trimestres (soit 41 ans et 6 mois)62 ans
1958 à 1960167 trimestres (soit 41 ans et 9 mois)62 ans
1961 à 1963168 trimestres (soit 42 ans)62 ans
1964 à 1966169 trimestres (soit 42 ans et 3 mois)62 ans
1967 à 1969170 trimestres (soit 42 ans et 6 mois)62 ans
1970 à 1972171 trimestres (soit 42 ans et 9 mois)62 ans
À compter de 1973172 trimestres (soit 43 ans)62 ans

Depuis 2008, la durée pour toucher un taux plein entre le secteur public et le secteur privé est identique.

L’âge moyen de départ à la retraite augmente et la tendance ne va pas s’inverser. En 2006 on partait en moyenne à la retraite à 61,7 ans alors qu’en 2020, cet âge moyen est de 63,5 ans (données Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse).

Rachat de trimestres : une option à considérer

Racheter des trimestres à sa caisse régionale de retraite peut être le moyen de profiter d'une pension de retraite à taux plein lorsqu'on n'a pas le nombre complet de trimestres cotisés. Cela peut être intéressant pour :"Rattraper "certaines périodes telles des années d'études supérieures ou d'apprentissage ;Lorsqu'on a des "trous de carrière" (année incomplète) ;Dans certains cas spécifiques (période d'activité en tant qu'assistant(e) maternel(le), enfant d'anciens harkis…).

Quel coût pour racheter des trimestres ?

Même si chaque cas est spécifique, un certain nombre de critères entrent en jeu pour déterminer le coût de rachat d'un trimestre.

Entrent en jeu notamment l'âge du rachat (plus on le fait jeune, moins le rachat est cher) et la moyenne des salaires/revenus durant les trois années précédant le rachat (plus vous gagnez, plus le rachat de trimestre est cher).

En moyenne, il faut débourser entre 1055 € et 6015 € selon les cas pour racheter un trimestre (chiffres 2021). Pour vous aider, l'Assurance retraite a mis en place un simulateur de coût de rachat de trimestres permettant de calculer les frais exacts selon votre situation personnelle.

On ne peut racheter, au maximum, que 12 trimestres soit trois ans.

Le rachat de trimestres reste, quoiqu’il en soit, une opération coûteuse. Même si le montant à payer peut être étalé en plusieurs mensualités. Et même si on pourra l’amoindrir fiscalement puisque ce rachat de trimestre est déductible du revenu imposable.

La retraite complémentaire : un pilier essentiel

Le régime retraite complémentaire, qui s'ajoute à la retraite de base versée par la Sécurité Sociale, emploie, non des trimestres cotisés, mais le point d'indice comme unité de base spécifique.

Vos cotisations deviennent donc des points qui s'additionnent. Lors de votre départ en retraite, le total de ces points est multiplié par la valeur du point telle qu'elle est fixée au moment où vous cessez votre activité.

Cette valeur de point est revalorisée en principe une fois par an, généralement le 1er octobre.

Qui verse la retraite complémentaire ?

Si la retraite de base est versée par l'Assurance vieillesse du régime général de la Sécurité sociale, il n'en va pas de même pour la retraite complémentaire.

Qui va vous verser cette retraite complémentaire ? Tout dépend de votre parcours professionnel.

Si votre carrière a été intégralement effectuée en tant que salarié du secteur privé, votre retraite complémentaire vous sera versée par l'Agirc-Arrco (association générale des institutions de retraite des cadres - association pour le régime de retraite complémentaire des salariés).

Par contre si vous avez exercé des professions relevant de plusieurs régimes de retraite différents, vous toucherez plusieurs pensions de retraite de base et complémentaire.

Tout dépend de votre cas spécifique mais voici deux exemples pour bien comprendre.

  • Exemple 1 :Si, lors de votre carrière, vous avez cotisé d'abord en tant que salarié puis en tant qu'indépendant, les retraites suivantes vous seront versées :
    • Retraite de base de la Sécurité sociale ;
    • Retraite complémentaire de l'Argirc-Arrco
    • Retraite complémentaire de la Sécurité sociale pour les indépendants (SSI).
  • Exemple 2 : Si vous avez travaillé comme salarié, puis en tant que contractuel de la fonction publique, les retraites suivantes vous seront versées :
    • Retraite de base de la Sécurité sociale ;
    • Retraite complémentaire de l'Argirc-Arrco
    • Retraite complémentaire de l'Ircantec (Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités publiques).

Cumule-t-on des trimestres lorsqu’on ne travaille pas ?

Normalement, vous ne validez les trimestres de votre retraite qu'en travaillant. Malgré ce principe, il est possible de cotiser pour sa retraite, même si vous n’avez pas d’activité professionnelle.

Les périodes de chômage sont-elles prises en compte pour la retraite ?

Normalement, les périodes de chômage sont prises en compte pour le calcul de vos trimestres. Il faut que cette période de chômage soit involontaire et que vous ayez reçu des indemnités d’un de ces types :

  • Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ;
  • Allocation de solidarité versée par l'Assurance chômage (allocation de solidarité spécifique ou ASS, allocation équivalent retraite AER ou allocation d'attente ou Ata) ;
  • Allocation chômeurs âgés (Aca) ;
  • Allocation versée lors d'un congé de reclassement.

Vous n'avez aucune démarche à faire pour justifier de ces périodes : France Travail transmet automatiquement les informations à l'Assurance retraite.

Les périodes de chômage non indemnisées suivant une période d'indemnisation sont, elles aussi, prises en compte pour les trimestres de retraite cotisés, dans la limite d'un an après la fin d'indemnisation. La période incluse à votre Assurance retraite peut être poussée à 5 ans si vous êtes âgé d'au moins 55 ans à la fin de votre indemnisation chômage ou si vous avez cotisé au moins 20 ans tous régimes confondus.

La solution de l'assurance vieillesse des parents au foyer

L'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) peut permettre de valider des trimestres sans travailler. Durant la période où vous bénéficiez de cette AVPF, ce sera la caisse d'allocation familiale qui cotisera pour vous dans un certain nombre de situations.

Parmi les cas de figure les plus fréquents :

  • Vous bénéficiez du congé de proche aidant ;
  • Vous avez la charge d'un adulte ou enfant handicapé affecté d'au moins 80% d'incapacité permanente ;
  • Vous percevez l'allocation journalière de présence parentale (AJPP).

La cotisation volontaire à l'Assurance retraite

Pour pouvoir cumuler des trimestres, il est aussi possible de cotiser volontairement à l'assurance vieillesse. Il faut en faire la demande à votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou, si vous êtes hors des frontières, à la Caisse des Français de l'étranger (CFE).

Cette option peut fonctionner dans un certain nombre de cas, par exemple si :

  • Vous aidez un membre invalide ou infirme de votre famille ;
  • Vous vous consacrez à l'éducation au foyer d'un enfant de moins 20 ans.

Pour connaître la liste complète des cas précis, rapprochez-vous de votre CPAM.

Le service militaire est-il toujours comptabilisé ?

Si vous avez fait votre service militaire, cette période au service de l'État vous ouvre des droits à la retraite avec validation d'un trimestre tous les 90 jours de service.

Cependant, pour que cette période de service soit intégrée, il faut avoir cotisé avant ou juste après votre service national.

Si vous avez suivi ou repris des études par la suite, ces trimestres au service de l'État sont donc hélas perdus.

Lors du calcul de votre retraite, si votre période de service national n’apparait pas sur votre relevé de carrière, vous devrez fournir une copie de votre "état signalétique et des services" pour le mettre à jour.

Comment connaître son nombre de trimestres cotisés ?

Pour être sûr d'obtenir la retraite à laquelle vous avez droit, vous devez vous assurer que l'ensemble de votre activité professionnelle a été pris en compte.

Pour consulter votre relevé de carrière et connaître, entre autres, combien de trimestres vous avez cotisé, il vous faut vous créer un espace personnel sur le site officiel lassuranceretraite.fr.

Ceci fait, vous pouvez cliquer sur l'une des rubriques suivantes : Consulter mon relevé de carrière ou Comprendre mon relevé de carrière.

tags: #166 #trimestres #retraite #conditions

Articles populaires:

Share: